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Créer des mèmes en famille pour soutenir le karuk (et l'apprendre à son fils)

Mème en karuk créé par Susan Gehr. Traduction : “Quel est votre problème ?”

Susan Gehr participe au Défi du mème de la langue maternelle et crée des mèmes dans sa langue familiale, le karuk.

Susan vit à Blue Lake, une petite ville du Comté de Wiyot, en Californie. Elle est à la fois étudiante, enseignante, libraire à temps partiel au College of the Redwoods, et elle s'occupe aussi de deux projets liés à la langue et la culture, financés par la National Science Foundation. Le premier a pour objectif d'aider les individus travaillant sur la linguistique dans les universités tribales à renforcer leurs connaissances dans la discipline et leurs compétences de recherche. Le second consiste à créer une archive de ressources en karuk pour rendre celles-ci plus accessibles et plus facilement navigables.

Dans un entretien avec Rising Voices, elle présente sa langue et explique sa participation au défi #MemeML, pour lequel elle a publié ses mèmes sur son compte Twitter @vurayav et sur Facebook.

Rising Voices (RV): Quel est le status de votre langue, dans la vie courante ainsi que sur Internet ?

Susan Gehr (SG): My tribe, the Karuk Tribe, has over 3700 enrolled members and another 4200 enrolled descendants. Currently, I know of approximately six people who are first language speakers of Karuk. For California, where there are over one hundred different tribes, having six living fluent speakers of your language is considered very lucky.  Fortunately, there are also dozens of intermediate speakers, and still more Karuks who are learning.  Unfortunately, it’s a five hour drive between the most far-flung Karuk speech communities, so we really depend on the internet between face to face gatherings.

Our language has an online dictionary and text corpus. The website is a collaboration between the Karuk Tribe and the University of California, Berkeley. William Bright and I co-published the dictionary and Berkeley’s Department of Linguistics created the website and continues to add to the content. Karuk also gets used on social media and there are videos available on YouTube and on the Internet Archive.

Susan Gehr (SG) : Ma tribu, les Karuk, compte plus de 3 700 membres inscrits et 4 200 descendants inscrits. À ce jour, je connais environ six personnes dont le karuk est la langue maternelle. Pour la Californie, où se trouvent plus d'une centaine de tribus différentes, avoir six personnes vivantes parlant la langue couramment est considéré comme une chance. Heureusement, il y a aussi des dizaines de locuteurs de niveau intermédiaire, et bien plus encore de Karuks qui apprennent la langue. Malheureusement, les communautés de locuteurs les plus éloignées sont à cinq heures de route, nous dépendons donc vraiment d'Internet entre chaque réunion.

Notre langue a un dictionnaire en ligne et un corpus de texte. Le site Internet est issu d'une collaboration entre la tribu karuk et l'Université de Californie de Berkeley. William Bright et moi-même avons co-publié le dictionnaire, et le Département de linguistique de Berkeley a créé le site et continue d'y ajouter du contenu. Le karuk est aussi utilisé sur les médias sociaux et des vidéos sont disponibles sur YouTube et sur l'Internet Archive.

RV : Pourquoi avez-vous décidé de participer au Défi du mème de la langue maternelle ?

SG: Because memes make me laugh! Also, I have a son, Logan, who sometimes describes himself as a Meme Lord and who used to say “I like turtles” every five minutes when the “I like turtles” video first went viral.

I figured that the Meme Challenge would be a terrific way to engage him in some Karuk language use. I have asked him to suggest my next meme and he always has ideas. Then he’ll ask me how I would say that in Karuk. It’s nice when he asks for the language himself. It sticks with him better if I’m not just forcing it on him.

I have been reflecting on something I learned from Zalmai Zeke Zahir at the Breath of Life Workshop held by the Advocates for Indigenous California Language Survival.  He recommended to us to find a language domain and always use the language in that domain, whether it is the kitchen, community events, hunting, or basket making. Well, I find myself on Facebook more often than I’d like, so I decided that Facebook would be my Karuk language domain. I started with this series of toy turtle photographs, posing the turtles, then describing what they’re thinking or doing in Karuk. The Meme Challenge is taking all my time at the moment, though I have done a few “I like turtles” memes.

SG : Parce que les mèmes me font rire ! Aussi, j'ai un fils, Logan, qui se décrit parfois comme le Seigneur des Mèmes et qui disait “J'aime les tortues” toutes les cinq minutes quand la vidéo “I like turtles” est devenue célèbre.

Je me suis dit que le défi serait un super moyen de le faire utiliser le karuk. Je lui demande de me suggérer mon prochain mème et il a toujours des idées. Il me demande ensuite comment je le dirais en karuk. C'est bien quand il pose la question lui-même. Il s'en souviendra mieux si je ne le force pas.

Je me suis souvenue de quelque chose que j'ai appris de Zalmai Zeke Zahir pendant l'atelier Breath of Life, organisé par les Militants pour la survie des langues indigènes de Californie. Il nous a recommandé de trouver un domaine pour la langue et de toujours utiliser la langue dans ce domaine, que ce soit la cuisine, les événements communautaires, la chasse ou le tressage de panier. Hé bien, comme je passe plus de temps sur Facebook que j'aimerais, j'ai décidé que Facebook serait mon domaine de karuk. J'ai commencé avec cette série de photographies de jouets en forme de tortue, en les faisant poser, ensuite en décrivant ce qu'elles pensent ou font en karuk. Le défi des mèmes me prend tout mon temps en ce moment, même si j'ai réussi à faire quelques mèmes avec des tortues.

RV : À qui aimeriez-vous lancer le défi de créer un mème en karuk ?

SG: I would like to encourage my fellow Karuk language speakers and learners to create Karuk memes. And I would like to encourage all the California Natives who have participated in AICLS’ Breath of Life Workshops or Master Apprentice Programs to create memes in their languages.

SG : J'aimerais encourager mes camarades locuteurs et étudiants de karuk à créer des mèmes en karuk. Et j'aimerais encourager tous les Amérindiens de Californie qui ont participé à l'atelier Breath of Life ou au Programme maître-apprenti de l'AICLS à créer des mèmes dans leurs langues.

Découvrez plus de mèmes participant au Défi dans différentes langues du monde en recherchant le mot-clé #MemeML sur Instagram, Twitter, ou Facebook. Le Défi a aussi son groupe sur Facebook et accueille les contributions du monde entier.

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