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Le rapport Netizen : de nouvelles pannes d'internet en Irak et au Cameroun

Rue commerciale à Baghdad, 2013. Photographie pour Chatham House via Wikimedia (CC BY 2.0).

Sauf mention contraire, tous les liens de ce billet renvoient vers des pages web en anglais.

Le rapport Netizen de Global Voices Advocacy propose un aperçu global de problèmes, victoires et avancées en matière de droits numériques.

Au Cameroun comme en Irak, les habitants sont de plus en plus habitués aux coupures d'internet. Le premier pays a imposé des restrictions d'accès le 17 janvier après des mois de protestation contre la marginalisation des anglo-saxons dans ce pays d'Afrique occidentale dominé par les francophones. Ces manifestations ont donné lieu à des détentions massives et le haut commissaire de l'ONU pour les Droits de l'Homme a même déclaré que la police avait fait un “usage de la force excessif” contre les manifestants camerounais.

Pendant ce temps dans ces régions, il fut impossible de se connecter à internet pendant plus de trois semaines. La suspension du service a eu des effets néfastes pour les commerces, les entreprises de technologie et dans la vie quotidienne. D'après les organisations de défense du numérique, Internet Sans Frontières et Access Now, les quinze premiers jours sans connexion ont coûté au Cameroun environ six cent quatre-vingt mille euros.

En Irak, entre le 1er et le 6 février, il y a eu quatre coupures irrégulières d'une heure. Elles coïncidaient avec les examens scolaires de la fin de l'école primaire. Pour la troisième année consécutive les autorités ont interrompu les connexions internet pour éviter que les étudiants trichent pendant les examens. Les coupures d'une heure de cette année étaient courtes comparées à celles de mai dernier, d'une durée de trois heures chacune.

Le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU a approuvé une résolution sans rapport en juin 2016 condamnant ce type de mesures et insistant sur le fait que les “droits qu'on les personnes dans le monde réel doivent aussi être protégés en ligne, en particulier la liberté d'expression”.

Interdiction d'entrer aux États-Unis d'une Canadienne pour une vidéo de prières musulmanes

Bien que le décret migratoire de Donald Trump ne s'applique en théorie qu'aux résidents de sept pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Les voyageurs provenant d'autres pays dénoncent des interrogatoires sur leur foi et la réquisition de leurs téléphones portables par les agents de la police des frontières. Le 4 février, une citoyenne canadienne d'origine marocaine, de confession musulmane et portant un hijab s'est vue refuser l'entrée à la frontière entre les États-Unis et le Canada après la fouille de son téléphone par des agents qui y ont trouvé des prières en arabe. On lui a dit “Vous n'êtes pas autorisée à entrer aux États-Unis car nous avons trouvé des vidéos représentant des menaces contre nous.”

Dans le cadre des procédures de sécurité, le nouveau secrétaire de la sécurité intérieure John Kelly, avance que les agents du contrôle des frontières peuvent demander aux voyageurs de ces pays leurs identifiants de messagerie et de réseaux sociaux. Dans une interview sur National Public Radio, Kelly annonçait que cette mesure pourrait s'élargir aux voyageurs d'autres pays.

Le droit s'applique-t-il en Algérie ? Il est temps de lâcher Facebook

Désormais, selon un communiqué du président du barreau de Tlemcen (Algérie), les avocats utilisant les réseaux sociaux [fr] encourent des sanctions telles que la suspension des bourses de scolarité et d'autres “mesures correctives”. La décision a été adoptée suite aux critiques du président du barreau des avocats d'Alger, Abdelmadjid Sellini, sur l'utilisation “abusive” de Facebook par les avocats de la ville. Sellini a aussi souligné son intention de prendre les mesures “nécessaires” contre les avocats qui selon lui pourraient nuire à la profession avec les réseaux sociaux.

Des internautes chinois détenus pour insulte à la police

La police chinoise a incarcéré des internautes qui insultaient des agents des forces de l'ordre sur les réseaux sociaux. D'après Radio Free Asia, au moins six personnes ont déjà été arrêtées et au moins une a été accusée d'enfreindre la loi sur la sécurité publique pour avoir publié sur Weibo des critiques contre un policier mort en service. La loi, en vigueur depuis 2006, classe les délits pouvant être sanctionnés administrativement par la police sans contrôle judiciaire.

Deux Ukrainiens sont condamnés à cinq ans de prison pour discours séparatiste sur les réseaux sociaux

Deux citoyens ukrainiens ont été condamnés à cinq ans de prison pour “support au séparatisme” en publiant sur Vkontakte. La semaine dernière, ces hommes incarcérés depuis avril 2015 ont été déclarés coupables d'être les organisateurs de groupes séparatistes en février 2014, peu après la Révolution d'Euromaidán. Ils s'ajoutent à la liste de deux autres cas d'utilisation de réseaux sociaux jugés pour soutien virtuel au séparatisme.

Les Émirats Arabes Unis poursuivent un journaliste jordanien pour ses publications sur Facebook

Le journaliste jordanien Tayseer al-Najjar détenu depuis quelques temps a été accusé par le Tribunal de la sécurité des EAU d'insulte à l'État sur Facebook. Al-Najjar aurait publié des critiques sur Facebook concernant la position des EAU dans les opérations belliqueuses à Gaza (Israël) en 2014 alors qu'il vivait en Jordanie. L'auteure de Global Voices, Afef Abrougui, relate que “ce qui est préoccupant dans le cas de Najjar n'est pas qu'il soit poursuivi pour avoir exprimé ses opinions, chose courante sur le territoire, mais pour des déclarations qu'il a fait avant d'emménager dans le pays”. Il a été détenu en décembre 2015, tenu au secret pendant environ cinq mois et est resté en détention préventive pendant plus d'un an.

En Inde, des experts en nouvelles technologies lancent une campagne sur la protection de la vie privée en ligne

En Inde, les groupes de soutien des logiciels libres et ouverts ont organisé une campagne pour sensibiliser le public aux enjeux de la vie privée en ligne et ont déclaré janvier comme mois de la vie privée en étiquetant sur Twitter #PrivacyAware (Conscience relative à la vie privée) pour inviter les usagers à participer à la campagne. C'est un effort important au vu du manque de contenu en langues hindi, bengali et tamoul disponibles pour les indiens qui sont particulièrement vulnérables face aux menaces de sécurité en ligne.

Une application mobile permet aux citoyens d'évaluer la censure 

L’Open Observatory of Network Interference (OONI) a créé une application mobile pour iOS et Android qui permet aux usagers de suivre les sites web bloqués, d'évaluer les performances du réseau et de publier les informations collectées par les utilisateurs pour actualiser cette base de données ouverte.

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1 commentaire

  • Déjà merci pour cet article. Je suis blogueur Camerounais . La connexion internet en Afrique reste très coûteuse, et comme si cela ne suffisait pas, il faut encore nous en priver suite à des contestations politiques. Le gouvernement nous encourage, nous jeunes africains, d’entreprendre dans le numérique, mais mais des efforts ne sont pas fournies pour nous faciliter la tâche. C’est vraiment dommage.

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