Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Deux ex-prisonniers palestiniens ouvrent le premier camion-restaurant à Ramallah

Khaldoun Barghouti, an ex-prisoner-turned-entrepreneur, serves up a chicken sandwich for a young customer in the West Bank city of Ramallah. Credit: Dalia Hatuqa

Khaldoun Barghouti, ex-prisonnier devenu entrepreneur, sert un sandwich au poulet à un jeune client dans la ville de Ramallah en Cisjordanie. Source : Dalia Hatuqa

Cet article écrit par Dalia Hatuqa est paru sur PRI.org. Il est republié par Global Voices dans le cadre d'un accord de partage de contenu.

Un soleil ardent s'étend sur le centre-ville de la capitale palestinienne de Ramallah. Bien qu'il fasse au moins trente-deux degrés au marché de fruits et légumes, cela n'empêche pas les clients de faire leurs courses.

“Cinq tomates pour dix shekels !”, crie un marchand— cela fait environ deux euros cinquante.

Durant ce tohu-bohu, un camion peint en violet, rouge et vert s'arrête. Une fenêtre s'ouvre et les deux hommes à l'intérieur se mettent au travail. L'un allume la friteuse alors que l'autre prépare le pain.

Le camion est connu sous le nom Arabe “Qitar Ata’am,”  qui se traduit en “Train alimentaire.”

Le premier camion-restaurant de Ramallah est similaire à ceux roulant sur les rues de la majorité des villes occidentales.

C'est la trouvaille de Khaldun Barghouti et AbdelRahman Bibi, deux hommes qui ont passé presque dix ans dans une prison israélienne due à leur association avec des groupes interdits. Ils ont passé leur temps en prison à chercher une façon de gagner leur vie.

Palestinian women walk past "Qitar Ata'am", which translates into "the Food Train," the first food truck in Ramallah. Credit: Dalia Hatuqa

Des palestiniennes passent devant “Qitar Ata'am”, le premier camion restaurant à Ramallah. Source : Dalia Hatuqa

“Les prisonniers ne veulent pas être un fardeau pour la société,” précise Barghouti. Il a étudié l'informatique, l'histoire et le marketing aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la prison .“Nous voulions en quelque sorte fonder un business sans murs, car cela nous offre une liberté de mouvement.”

Barghouti avoue que presque tout leur a été inspiré par la période que les hommes ont passé en prison. Ils ont peint le camion avec des couleurs vives afin de mettre en contraste l'humeur sombre de la vie en incarcération. Leur menu contient même une concoction de thon et de maïs similaire à ce qu'ils consommaient en prison, mais qu'ils ont transformée en un plat plus raffiné.

“Nous préparons surtout des chawarmas au poulet, des escalopes de poulet, des hamburgers et des saucisses,” indique Barghouti.

Tous les sandwiches sont garnis avec un tas de frites et de légumes en dés qu'on arrose soit avec une sauce tahini ou une sauce crémeuse à l'ail.

Bien que l'on trouve des petits restaurants de type fast-food partout dans les villes palestiniennes, les cuisines mobiles en forme de camion-restaurant restent inédites. Le ministère de transport a même dû créer un nouveau type de permis pour le business. Les difficultés ne s'arrêtent pas là.

“Le plus difficile était de trouver du courant,” affirme Bibi, âgé de trente-cinq ans. “Le générateur diesel qu'on utilisait pour produire de l'électricité était puant et gênant. On a donc étudié la manière dont les autres camions-restaurants opèrent et nous avons trouvé une solution écologique.”

Ils ont demandé à une société palestinienne de fixer quatre larges panneaux solaires au toit du camion, permettant ainsi de générer le courant nécessaire au fonctionnement du petit congélateur, ventilateurs et frigo de comptoir.

Le camion et sa fameuse carrosserie ont capté l'attention de plusieurs personnes, assurant ainsi un flux constant de clients.

“Je voudrais un sandwich aux saucisses”, demande Rami, un jeune résident de quatorze ans.

“J'aime que ça marche à l'énergie solaire,” indique-t-il. “C'est génial!”

Barghouti et son partenaire misent gros sur le concept du camion-restaurant. Ils ont emprunté trente-cinq mille euros à la banque, payable sur une durée de cinq ans. Celle-ci leur a aussi offert un faible taux d'intérêt à cause de leur statut d'ex-prisonnier.

“Tout le matériel a été personnalisé pour le camion: le réfrigérateur, le congélateur et les friteuses” précise Barghouthi. “Je pense que la seule chose qu'on ait acheté en magasin soit les couteaux.”

Barghouthi et Bibi, l'un ayant six enfants tandis que l'autre vient de se marier, commencent à voir les signes de leur réussite. En effet, plusieurs personnes — notamment d'autres ex-prisonniers — cherchent à savoir comment lancer leurs propres camions restaurants. On raconte même qu'un autre camion a déjà commencé à opérer dans la Bande de Gaza.

“Au début, les gens étaient juste curieux à propos du camion restaurant,” indique Barghouthi alors qu'il garnit un sandwich aux saucisses.

“Les gens voulaient nous aider car on est des ex-prisonniers,” explique-t-il. “Mais maintenant, ils viennent pour la cuisine.”

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
* = required field
Non merci, je veux accéder au site