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Un an après l'assassinat de Berta Cáceres, la lutte pour la terre au Honduras se poursuit – et les menaces aussi

"Manifestation pour Berta Caceres". La veille aux portes de l'OEA a réussi le 5 Avril, 2016. Photo de Daniel Cima pour la Commission interaméricaine des droits de l'homme sur Flickr. Utilisée sous CC 2.0 Foto de Daniel Cima para la <a href="https://www.flickr.com/photos/cidh/26169811962/in/photolist-FSx8mw-G1GUaX-G1GUHv-FSx7RU-G1GU6D-FSx7Wy-F6rUBe-FAAnNL-G1GTEZ-FYpUNC-F6rUm4-F6gaCQ-FURkjF-F6rSKt-G1GSeT-FURmjg-F6rQSa-FSx5PN-F6gaZm-G1GSYZ-FURjxa-FSx6WN-F6gaKJ-F6rSST-F6rRWe-G1GQWH-G1GSKT-F6g8Hh-G1GS16-F6g8VS-FAAos1-G1GRTc-GPLGM7-Jw53j1-FTRXcw-Jw4PVJ-J9sshU-Jsg6Cx-FBHqbS-Eaw9tu-EPrFEs-FBHqjY-GHqt1v-GKMXto-GMa1mQ-JshWoB-FwHMyz-EtfSm6-E5mzyP-uaGtsL">Comisión Interamericana de Derechos Humanos en Flickr</a>. Usada bajo licencia CC 2.0

“Manifestation pour Berta Caceres”. Veillée aux portes de l'OEA le 5 Avril, 2016. Photo de Daniel Cima pour la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme sur Flickr. Utilisée sous licence CC 2.0

Voici une version modifiée d'un article de Laura Salas publié à l'origine sur Witness. Il est republié sur Global Voices avec la permission de l'auteur.

Depuis sa mort il y a un an, Berta Cáceres, qui a fondé le Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (en espagnol: Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras) est devenue une icône de la lutte pour les droits fonciers pour des centaines de communautés locales dans toute l'Amérique centrale et le reste du continent américain.

Berta Cáceres a été tuée le 3 mars 2016, et un récent rapport de l'ONG internationale Global Witness a révélé des détails de son assassinat, qui aurait été un complot entre des représentants du gouvernement hondurien et la société DESA – chargée de la construction du projet de barrage hydroélectrique Agua Zarca – à cause de son leadership dans la défense du territoire des communautés Lenca au Honduras. Les principales conclusions du rapport sont les suivantes :

1. Las relaciones de DESA con el asesinato de Berta Cáceres, dado que dos de los hombres detenidos actualmente por su asesinato trabajaban para la empresa.

2. Las relaciones del ejército de Honduras con el asesinato de Berta Cáceres, dado que tres de los detenidos por su asesinato están relacionados con el ejército hondureño; dado que el presidente de DESA, Roberto David Castillo Mejía, solía trabajar para la inteligencia militar; y dado que se ha denunciado que el nombre de Berta Cáceres aparecía en una lista negra del ejército.

1. Les liens de DESA avec le meurtre de Berta Cáceres, étant donné que deux des hommes actuellement détenus pour son assassinat ont travaillé pour l'entreprise.

2. Les liens de l'armée hondurienne avec l'assassinat de Berta Cáceres, étant donné que trois des personnes détenues pour son assassinat font partie de l'armée hondurienne ; étant donné que le président de DESA, Roberto David Castillo Mejía, travaillait dans le renseignement militaire; et qu'il a été rapporté que le nom de ûme Berta Cáceres apparaissait sur une liste noire de l'armée.

Des groupes à travers l'Amérique latine et les communautés indigènes ont suivi l'exemple de Mme Cáceres et salué son travail de défense de leurs terres contre les grandes sociétés transnationales qui, avec l'appui des gouvernements locaux, profitent de l'exploitation des ressources naturelles au détriment des droits des gens. Dans certains cas, comme comme celui de Mme Cáceres, cette lutte peut même leur coûter la vie.

Dans la vidéo ci-dessous, le Mouvement d'Amérique Centrale 2 mars ‘Berta Lives On (Berta vit toujours) résume son héritage :

Yo he sido una guerrera porque vengo de un pueblo que también es un pueblo guerrero.

Je suis une guerrière parce que je viens d'un peuple qui est ausse un peuple guerrier.

Dans ce contexte, les technologies disponibles pour les communautés et leurs sympathisants sont indispensables. Aujourd'hui, ces outils et plateformes permettent aux mouvements sociaux locaux de raconter leurs propres histoires et de partager leur version des événements, dénonçant souvent des violations atroces des droits de l'homme.

C'est pourquoi, à l'occasion de l'anniversaire de l'horrible meurtre de Berta Cáceres, on se souvient de quelques-unes des œuvres audiovisuelles sur ce sujet qui parlent non seulement de son héritage, mais aussi de la lutte de communautés entières qui font quotidiennement face à des abus.

Gardienne des rivières

Guardian of the Rivers” est un documentaire de la campagne Terre Mère promu par les organisations de terrain, qui veut “montrer le Honduras de l'intérieur, un des pays les plus dangereux pour les défenseurs des ressources naturelles, gouverné par une idéologie de développement extractif, à laquelle s'oppose la philosophie du monde du peuple, et qui empêche ce dernier de prendre des décisions sur son environnement”. Le documentaire commence par une citation de Cáceres :

De los ríos somos custodios ancestrales el pueblo lenca resguardados por los espíritus de las niñas que nos enseñan que dar la vida por los ríos, en múltiples formas, es dar la vida por la humanidad y por este planeta.

Nous, le peuple Lenca, sommes les gardiens ancestraux des rivières et à notre tour sommes protégés par les jeunes esprits féminins qui nous enseignent que donner nos vies de différentes façons pour défendre les rivières c'est donner nos vies pour le bien de l'humanité et de cette planète.

Berta n'est pas morte, elle s'est multipliée

Luchamos para que la energía sea un derecho de los pueblos. Debería ser parte de los bienes comunes y por tanto los pueblos deberíamos tener un poder de decisión. Entender porqué la energía está vinculada a las represas, a la minería, con el agua, con las concesiones petroleras para entender porqué los proyectos están por encima del gobierno.

Nous luttons pour que l'énergie soit un droit humain. Elle devrait faire partie de la propriété commune et donc les gens devraient avoir un mot à dire en cette matière. Les citoyens devraient comprendre pourquoi la question de l'énergie est liée aux barrages, aux mines, à l'eau et aux concessions pétrolières, afin de comprendre pourquoi ces projets sont au-dessus du gouvernement.

Ce sont les mots mêmes de Cáceres dans ce documentaire produit par la Caravane d'Amérique Centrale pour “Buen Vivir” (Bien Vivre) pour “montrer la vérité et les contextes derrière le meurtre, contrairement à ce que le gouvernement et les médias du Honduras veulent nous faire croire”.

Berta vit

Le documentaire “Berta Vive” montre clairement la condamnation internationale de son brutal assassinat, les tentatives du gouvernement hondurien de discréditer sa lutte ainsi que le traitement raciste dont le peuple Lenca a fait l'objet de la part d'organisations internationales telles que le Netherlands Finance Development Finance Company (FMO), qui finance le modèle de développement extractif hondurien à travers des projets comme les barrages contre lesquels le Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras (Conseil Civique des Organisations Populaires et Indigènes du Honduras) s'oppose.

Tous ces documentaires montrent que, comme Berta Cáceres, les membres des communautés Lenca qui résistent à l'exploitation de leur territoire sont exposés à cause de leur activisme, mais ils mettent également en évidence leur force et leur détermination. Grâce à ces vidéos, les utilisateurs des réseaux sociaux du monde entier peuvent suivre la lutte de ces femmes et de leurs communautés pour sensibiliser la population sur la situation afin de diminuer les dangers auxquels elles sont confrontées et de sauvegarder convenablement les ressources naturelles qu'elles protègent.

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