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Les Sud-Africains demandent que leur gouvernement ne touche pas à leur Internet

Un bidonville en Afrique du Sud. Les Sud-Africains veulent que leur gouvernement s'occupe de questions comme celle-ci, pour améliorer la vie de ses administrés. Source image source: http://tokolosstencils.tumblr.com/. Utilisée avec autorisation

Le ministre sud-africain de la Sécurité de l’État, David Mahlobo, a choqué et mis en colère les internautes du pays en disant que le gouvernement envisageait de réglementer les médias sociaux pour contrer la diffusion d'histoires infondées et de fausses nouvelles [fr].

Ironie du sort, il y a eu plusieurs scandales l'année dernière qui liaient le parti au pouvoir de M. Mahlobo, le Congrès national africain (ANC) à des sites diffusant de fausses nouvelles favorables au gouvernement, des botnets de propagande utilisés pour détourner l'attention des controverses le concernant et un “black ops” lors d'une campagne électorale locale visant à discréditer les campagnes du parti de l'opposition et favoriser un programme pro-ANC sur les médias sociaux.

Lors d'une conférence de presse le 5 mars 2017, le Ministre Mahlobo a ajouté que les médias sociaux étaient devenus un espace d'opinions négatives et de diffusion d'opinions “fausses” ajoutant que “même les meilleures démocraties” réglementaient les médias sociaux.

Les Sud-Africains ont immédiatement réagi à sa déclaration avec le hashtag #HandsOffSocialMedia (ne touchez pas aux médias sociaux) sur Twitter. Ils ont accusé le Ministre Mahlobo, le Président Zuma et le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC) d'essayer de contrôler la liberté d'expression et de débats dans le pays.

Les fausses informations par les sociétés privées et la réglementation gouvernementale des médias sociaux ont le même objectif : contrôler les débats de société

Dans son rapport Freedom on the Net de 2016, Freedom House, une organisation américaine qui surveille les droits de l'homme et les questions liées à la démocratie dans le monde, a donné à l'Afrique du Sud un solide note “libre” pour son état de “liberté en ligne”, mais pour les médias seulement une note “partiellement libre“. L'ANC domine le paysage politique de l'Afrique du Sud depuis les premières élections ouvertes à toutes les races, après la fin de l'apartheid en 1994.

Nous avons des milliers de problèmes et les médias sociaux n'en sont pas un

Si cela dépendait de Zuma l'Afrique du Sud serait hors ligne maintenant …

Ils veulent nous dicter quoi penser. Ils veulent contrôler nos esprits en contrôlant les informations auxquelles nous avons accès.

Miss.V invitée de la radio sud-africaine et utilisatrice de Twitter a écrit:

Liberté d'expression … Vérifiez la Constitution si vous avez oublié …

La liberté d'expression est protégée par l'article 16 [fr] du chapitre II de la Constitution sud-africaine qui stipule que “toute personne a droit à la liberté d'expression, y compris la liberté de la presse et d'autres médias ; la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées ; la liberté de création artistique ; et la liberté académique ainsi que la liberté de la recherche scientifique.”

L'utilisation des médias sociaux est en croissance rapide dans la population sud-africaine de 55 millions d'habitants. Selon le rapport du World Social Media Landscape 2016 du World Wide Worx, l'Afrique du Sud compte 13 millions d'utilisateurs de Facebook, 7,4 millions d'utilisateurs de Twitter, 8,28 millions d'utilisateurs de YouTube et 2,68 millions d'utilisateurs d'Instagram. En outre les plateformes de médias sociaux deviennent de plus en plus des outils populaires d'expression politique et de débats. Les hashtags, par exemple, sont devenus l'un des moyens les plus populaires d'organiser des manifestations, de construire des mouvements sociaux et d'exprimer de la colère sur les décisions politiques dans le pays.

Les médias sociaux sont un moyen pour les citoyens d'Afrique du Sud pour rendre le gouvernement responsable de ses actions. On ne peut pas la mettre sous le tapis

Monsieur Mahlobo. Jugulez la corruption et la criminalité d'abord avant même de penser à fourrer votre nez dans nos comptes de médias sociaux

En 2014, le Président Zuma a été condamné par un tribunal à rembourser 16 millions de dollars des contribuables dépensés pour sa résidence logement privée. Il a remboursé 542 000 dollars en 2016. Le scandale a entaché la présidence de M. Zuma et a déclenché plusieurs tentatives infructueuses de destitution de la part de l'opposition.

QUAND EST-CE QUE TOUT ÇA SERA RÉGLEMENTÉ ?

M. Zuma a nié prendre des pots de vin, et a fait appel de la décision. Tweet Guru, qui s'auto-définit influenceur des médias sociaux du Cap, a également partagé ce commentaire :

En un mot Pas Touche Aux Médias Sociaux

Thato Lephole a rappelé aux Sud-Africains :

Le public a aussi le pouvoir de contrôler le gouvernement, ça s'appelle voter.

Rue à double sens.

La prochaine élection est prévue pour 2019. L'ANC, qui a mené la lutte contre le régime de la minorité blanche, affrontera deux partis – l'Alliance démocratique et les Combattants pour la liberté économique. L'ANC a subi des pertes historiques face à eux eux lors des élections locales l'été dernier.

Il y a en Afrique une tendance croissante des gouvernements à restreindre la liberté d'information et d'expression en ligne, en particulier pendant les élections ou les troubles civils. Abdi Latif Dahir a fait remarquer que les gouvernements africains perturbent de plus en plus la communication sur Internet pour contrôler le flux d'informations et “pour mettre un frein à la colère sur le terrain”. L'article soutient que les pannes d'Internet imposées par les gouvernements sont devenues la règle plutôt que l'exception en 2016 sur le continent.

L'Ouganda, le Burundi, le Gabon, le Cameroun, la République démocratique du Congo, la Gambie, le Zimbabwe et l'Éthiopie sont les pays qui ont fermé l'internet pendant les élections ou les troubles civils en Afrique.

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