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Rapport Netizen : la censure monte avec le “coup d'Etat que le Venezuela s'est infligé à lui-même”

Une manifestante étudiante s'adresse aux agents de la Garde Nationale au Vénézuela, durant le mouvement de protestation de 2014. Photo de Jamez42 via Wikimedia Commons (CC0)

Le Netizen Report de Global Voices offre un aperçu des défis à relever, des victoires obtenues et des tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde.

Des manifestants au Venezuela se mobilisent pratiquement chaque jour en grand nombre depuis que que la Cour Suprême de Justice a temporairement suspendu l'Assemblée Nationale le 30 mars, un acte que beaucoup de gens ont qualifié de “coup d'Etat auto-infligé”. La décision avait suscité l'indignation internationale.

Bien que la Cour ait fait marche arrière quelques jours plus tard et rétabli dans ses pouvoirs l'Assemblée Nationale, l'agitation sociale s'est poursuivie, forçant les autorités publiques à affronter la crise économique et politique sévissant dans le pays depuis 2014. A côté des troubles politiques et de la hausse des taux de violences criminelles, la baisse générale des prix du pétrole, le principal produit d'exportation du pays, a engendré depuis trois ans une inflation galopante au Venezuela. L'inflation n'est pas retombée au dessous de 50% depuis 2014. Elle dépassait 100% en 2015, et atteignait 800% fin 2016. Le Président Nicolas Maduro n'a cessé d'accuser les États-Unis d'être à l'origine de la baisse du marché du pétrole.

Les médias citoyens ont connu une importance croissante pour le Venezuela pendant cette période, car l'administration Maduro a cherché à garder un contrôle strict sur les organes de presse institutionnels. CNN, un des piliers du reportage critique dans le pays, s'est vu privé de son câble télé en février 2017.

Par conséquent, les organes de la presse citoyenne sont devenus pour les lecteurs les rares sources d'information sur les manifestations et les répressions. C'est peut-être la raison pour laquelle plusieurs journalistes indépendants ont subi des intimidations et des menaces physiques durant leurs missions ces dernières semaines. Elvis Flores, un caméraman du service en ligne VPITV a été arrêté en pleine diffusion lorsqu'il filmait les manifestants à Caracas. Durant sa garde à vue de neuf heures, il semblerait avoir été battu. VPITV et d'autres télévisions en ligne incluant Vivoplay et El Capitolio TV ont été bloqués bien avant le 7 avril, selon les internautes vénézueliens. En réaction à cette censure, les manifestants se sont réunis autour du hashtag #VzlaTrancaContraElGolpe (“Le Venezuela bloque contre le coup”).

Les militantes des droits des femmes subissent des menaces en ligne au Koweit

La défenseure des droits de l'homme koweitienne Hadeel Buqrais a reçu une bordée de menaces sur internet après qu'elle a pris part à Koweit City à une marche pour les droits des femmes en Arabie Saoudite. La marche s'inscrit dans la campagne Namshi Laha, ou “Marcher pour elle”, lancée en ligne la semaine dernière. Des tentatives de blocage de la campagne ont eu lieu, et les autres participantes impliquées dans cette campagne ont aussi été ciblées par des insultes sur les réseaux sociaux,selon Frontline Defenders.

Les législateurs de l'Asie du Sud Est justifient la censure par la crainte des ‘fake news’

Plusieurs gouvernements en Asie du Sud Est profitent du problème des ‘fake news’ pour justifier l'adoption de lois plus sévères et le harcèlement des journalistes. A Singapour, le ministre des Communications et de l'Information Yaacob Ibrahim a dit que le pays va bientôt modifier sa loi sur la radio-diffusion pour s'assurer que les étrangers fournisseurs de contenus “[se conforment] aux valeurs de notre communauté, y compris la prise en considération de son harmonie religieuse et raciale.”

Aux Philippines, le Président de la Chambre Pantaleon Alvarez a déposé une proposition de loi obligeant les entreprises des réseaux sociaux à vérifier l'identité de leurs utilisateurs avant de les inscrire, dans ce qu'il décrit comme un effort de meilleure prévention de la création des faux comptes et la diffusion de fausses nouvelles.

Les autorités russes bloquent Zello, sur fond de manifestation des camionneurs

L'Autorité russe de régulation des médias a annoncé envisager de bloquer Zello, une application mobile avec fonction de messagerie vocale instantanée push-to-talk que les conducteurs russes de camions longue distance ont utilisé pour organiser des protestations au cours des derniers mois. Roskomnadzor, l'autorité chargée du contrôle des médias russes, a déclaré publiquement que Zello a omis de fournir les renseignements requis pour être inscrit au niveau fédéral dans le “Registre des Organisateurs de la Diffusion d'Information,” une liste des plateformes en ligne supervisées par Roskomnadzor.

L'Internet iranien, entre l'enclume et Rohani

A l'approche des élections présidentielles en Iran, le contraste est de plus en plus apparent entre le président actuel relativement modéré Hassan Rohani (potentiellement candidat à sa ré-élection) et les tenants de la ligne dure. Durant la toute première conférence de presse d'un gouvernement iranien à être diffusée en direct sur Instagram, Rohani s'est félicité des nombreuses réalisations de son administration, comme ses efforts d'améliorer le débit d'Internet en Iran, qui a effectivement connu un progrès spectaculaire. Il a aussi proclamé que sans les efforts de son administration, “toutes les plateformes des réseaux sociaux auraient été sacrifiées.” Bien que Facebook soit toujours bloqué à l'intérieur de l'Iran, Instagram est demeuré non censuré durant l'administration Rohani , de même que d'autres plateformes populaires telles que WhatsApp et Telegram.

Toutefois, certains ont payé au prix fort leur participation à ces dites plateformes. Le 14 mars, une douzaine d'administrateurs de services d'information sur l'application de messagerie Telegram ont été arrêtés par les Gardiens de la Révolution iranienne, qui affirmèrent que les chaînes — dont l'orientation politique est essentiellement réformiste et modérée –constituaient une menace à la sécurité nationale. Au grand dam du pouvoir judiciaire, le Président Hassan Rohani a dès lors demandé qu'une enquête soit ouverte sur ces arrestations, mettant ainsi en relief les clivages politiques entre les deux institutions.

Apple TV se plie aux requêtes de censure de la Chine

Dans la première semaine d'avril, la boutique d'applications Apple TV a bloqué le show de nouvelles satiriques China Uncensored pour les utilisateurs basés en Chine continentale, à Hong Kong et Taïwan. Les réalisateurs de l'émission ont dit comprendre qu'elle soit censurée en Chine, mais ils jugent la censure à Hong Kong et Taïwan non justifiée. Ils ont envoyé une lettre au Directeur Général d'Apple Tim Cook lui demandant la rediffusion de l'émission à Hong Kong et Taiwan dans les 30 jours.

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