Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Deux universités mozambicaines veulent interdire les mini-jupes et les dreadlocks

Des jeunes femmes regardent une présentation vidéo à l'université de Communication et d'Art Eduardo Mondlane à Maputo, Mozambique, en 2012. Photo sur Flickr de l'utilisateur cassimano. CC BY-NC-ND 2.0.

Deux universités publiques mozambicaines de la ville de Beira ont provoqué d'ardents débats dans les réseaux sociaux quand elles ont annoncé un nouveau règlement de tenue vestimentaire pour les étudiants et les professeurs.

La liste des vêtements et des coiffures interdits pour les hommes inclut les cheveux longs, les tresses, les tresses rastas et les shorts. Pour les femmes, il est interdit de porter des mini-jupes, des pantalons serrés, des robes transparentes et des chemisiers qui “laissent voir la gorge”. Les tongs sont interdites pour les deux sexes.

Zenaida Machado, enquêtrice de Human Rights Watch pour le Mozambique, a photographié et a diffusé sur Twitter le communiqué de UniZambeze, en date du 28 mars :

L'université du nord du Mozambique interdit les étudiants avec des tresses rastas, des tongs, des shorts et des vêtements serrés.
Oh, mon Dieu… là j'aurai tout vu.

On a appris que l'université pédagogique a diffusé un règlement similaire sur la tenue vestimentaire similaire, qui a aussi été photographié et diffusé sur Twitter, mais elle a ajouté des interdictions pour la cigarette et la bière :

Image: Articles interdits sur le campus universitaire

Pantalons tombants, pantalons serrés, shorts, chemisier transparent, cigarette, chapeau dans les classes, tongs, boucles d'oreille pour les hommes, bière, mini-jupe, top à bretelles.

Tweet : L'université pédagogique de Beira a publié une liste d'articles interdits sur le campus de l'université.

Ce n'est pas la première fois que se produit ce type de débat au Mozambique. En mars 2016, le ministère de l'éducation et du développement humain a approuvé une résolution qui interdit les mini-jupes dans les lycées publics. La décision a entraîné des manifestations dans la capitale, Maputo, et cela a provoqué des tensions diplomatiques avec l'Espagne quand une activiste espagnole a été arrêtée dans une manifestation et a ensuite été expulsée par les autorités.

Comme la dernière fois, beaucoup ont eu recours aux réseaux sociaux pour exprimer leur mécontentement de cette décision.

Mauro Steinmay, artiste aux cheveux longs, a soutenu que dans le cas des universités, les étudians ne sont pas des enfants et ne doivent pas accepter ces obligations :

Acho que não temos de nos bater cabeça com essas universidades que querem banir dreads e sei lá o quê mais. Se os estudantes seguirem essas regras, é porque não tem tomates para fazerem valer seus direitos humanos, e merecem a universidade onde estudam. É problema deles. Não estudam crianças nas universidades.

Je crois que nous ne devons pas nous casser la tête à cause de ces universités qui veulent interdire les tresses rastas et je ne sais quoi encore. Si les étudiants suivent ces règles, c'est parce qu'ils n'ont pas le courage d'imposer leurs droits, et ils méritent l'université où ils étudient. C'est leur problème. Ce ne sont pas des enfants qui étudient dans les universités.

Dans une publication largement diffusée, le chercheur Benedito Memidji a soutenu que les règlements sur les tenues vestimentaires datent de l'époque du gouvernement socialiste lors de la guerre froide. Sa publication, diffusée par le journaliste Rafael Ricardo Machaela, analyse les épisodes semblables en 1979, qu'il a trouvés lors de ses recherches aux archives nationales. Cela inclut un discours du président de l'époque, Samora Machel qui condamnait les mini-jupes et exhortait le peuple à combattre ces modes :

A decisão da UP de impor regras de indumentária no campus – bem como as chamadas maxi-saias das escolas primárias e secundárias – tem origem no moralismo puritano que caracterizou a experiência socialista em Moçambique. Nessa altura atingiu proporções aberrantes. As normas da UP podem não reproduzir os efeitos que tal puritanismo produziu há 30 anos, mas é preciso estarmos alerta. Foi muito alto o preço que muita gente pagou devido a estas tentativas do estado domesticar a forma como as pessoas se vestem ou deixam de se vestir. Não sou a favor da indecência, mas sou amante da liberdade acima de tudo.

La décision de l'université pédagogique d'imposer des règlements sur la tenue vestimentaire sur le campus – et aussi ce qui est appelé les maxi-jupes dans les écoles, les collèges et les lycées – a son origine dans le puritanisme moral qui a caractérisé l'expérience socialiste au Mozambique. A ce moment-là, il avait atteint des proportions aberrantes. Les règles de l'université pédagogique ne peuvent pas reproduire les effets que ce puritanisme a eu il y a plusieurs années, mais nous devons rester vigilants. Beaucoup ont payé très cher pour ces tentatives de l'Etat de contrôler la façon dont les gens s'habillent ou cessent de s'habiller. Je ne suis pas pour l'indécence, mais je suis un fervent défenseur de la liberté par-dessus tout.

Titos Cau a donné un point de vue différent et a souligné que la décision de l'université pédagogique se base sur des traditions culturelles et devrait être soutenue :

Daquilo que sei, a necessidade de regras de indumentaria baseia-se nas tradições culturais, espirituais e cosmológicas africanas e não experiência socialista pós-independência. Na nossa tradição o joelho da mulher e sagrado e não deve estar exposto publicamente. O rigor na indumentaria e importante porque ela ‘diz’ quem somos. A indumentaria e a extensão do carne que veste nosso espírito. O reitor da UP está certo e deve ser apoiado…

De ce que je sais, la nécessité d'un règlement sur la tenue vestimentaire se base sur des traditions culturelles, spirituelles et de cosmologie africaine, pas sur l'expérience socialiste postérieure à l'indépendance. Dans notre tradition, le genou de la femme est sacré et ne doit pas être exhibé publiquement. Le formalisme de la tenue vestimentaire est important parce qu'il définit ce que nous sommes. Les vêtements sont l'extension de la chair qui habille notre esprit. Le recteur de l'université pédagogique a raison et il faut le soutenir…

Fatima Mimbire est chercheuse au centre d'intégrité publique, groupe local de défense contre la corruption et s'oppose au règlement :

É lá onde dizem que a universidade é lugar de democracia. É o lugar de discussão de ideias por excelência… quando começamos a preocupar-nos com a forma como as pessoas vestem, sinceramente, acho que perdemos o foco ou não temos mais nada importante com que nos preocuparmos. O nosso pais esta a afundar porque os “iluminados” esforçam-se para tirar a pouca luz que temos. Honestamente, precisamos de uma nova ordem.

On dit que l'université est le lieu de la démocratie. C'est le lieu de discussion des idées par excellence… et c'est là où on commence à se préoccuper de la façon dont  les gens s'habillent, sincèrement, je crois que nous perdons de vue l'essentiel et que nous n'avons rien de mieux à faire. Notre pays s'effondre parce que les “illuminés” s'acharnent à éteindre le peu de lumière que nous avons. Honnêtement, nous avons besoin d'un nouveau système.

Bitone Viage, un chercheur qui étudie la science politique au Brésil, a mis en exergue quelques questions sur ces mesures :

[…] Obviamente que a Universidade pedagógica (UP) enquanto que instituição de formação de professores deve fazer com que os tanto os formandos bem como os formados nesta instituição pautem por uma conduta moral e esteticamente aceite dentro da nossa sociedade.

Mas a questão que não se cala Magnifico, do que valerá a decência sem a produção e inclusão? Do que valerá termos um professor bem vestido, mas mesmo assim a taxa da má qualidade do ensino no pais tende aumentar?

[…] Bien évidemment, l'université pédagogique en tant qu'institution qui habilite les professeurs, doit s'assurer que les étudiants et les professeurs dans cette institution aient une conduite morale et esthétiquement acceptée dans notre société.

Mais la question qui reste posée est : A quoi sert la décence sans production et sans inclusion ? A quoi sert d'avoir un professeur bien habillé, alors que les tendances de mauvais enseignement augmentent ?

En réaction à ces faits, Edson Agostinho Sangue Sangue a considéré que l'université est un lieu où convergent beaucoup de réalités culturelles et où on ne devrait pas imposer des normes :

Quando a pessoa entra para o ensino superior ela e vista como uma pessoa que já tem certeza que suas atitudes irão em breve trazer consequências seja estas negativas ou positivas. Uma universidade de facto um mar de culturas misturadas cada um que para la vai tem sua educação seus princípios sua cultura suas tradições. Uma universidade e um campo que forma mentes pensantes, inteligentes, e uma das características de pessoas inteligentes e a forma como trata o próximo independentemente da sua aparência ou forma de estar. Pessoas inteligentes não discriminam….

Quand quelqu'un entre dans l'enseignement supérieur, il est considéré comme une personne dont les attitudes auront sûrement des conséquences rapides qu'elles soient négatives ou positives. Une université est un océan de mélange des cultures, et chacun aura son éducation, ses principes, sa culture, ses traditions. Une université est un lieu qui forme des cerveaux pensants, intelligents et une des caractéristiques des personnes intelligentes est la façon dont elle traite le prochain, indépendamment de son apparence ou de sa façon d'être. Les personnes intelligentes ne font pas de discrimination…

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
* = required field
Non merci, je veux accéder au site