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Les prochaines élections locales en Iran, opportunité pour les femmes

L'animation de Nabz Iran explique les diverses façons dont les femmes peuvent participer à la politique électorale locale. Capture d'écran de l'animation de Nabz Iran, utilisée avec autorisation.

Ce texte est initialement paru sur Nabz Iran.

Le 19 mai, les Iraniens vont élire leur président et choisiront parmi les candidats des élections locales leurs représentants aux conseils municipaux des villes et villages. Si les regards du public sont fixés essentiellement sur la course à la présidence, ce sont les élections locales qui offrent aux citoyens une chance unique d'agir directement sur leurs collectivités en choisissant des responsables ayant à coeur leurs intérêts. Le scrutin donne aussi aux Iraniens une possibilité de reconfigurer leur gouvernement en faisant entrer plus de femmes en politique.

287.425 candidatures ont été enregistrées pour les élections municipales iraniennes de cette année, dont 17.885 femmes. Les candidates constituent donc 6,3 % de l'ensemble, une légère augmentation depuis les précédentes élections de 2013, où elles n'étaient que 5,4 %.

Selon une étude publiée en 2012, plus de femmes dans les fonctions électives, ce sont des politiques publiques plus axées sur les questions de qualité de vie et les priorités des familles, des femmes et des minorités ethniques et raciales. Les pays où les femmes accèdent à la direction politique connaissent de meilleures conditions de vie, des progrès dans l'éducation, les infrastructures et la santé, et le pouvoir y est généralement plus réactif aux besoins immédiats de ses concitoyens.

Sous la présidence sortante de Mohammad Khatami, les femmes détenaient 13 sièges sur 290 au Majlis, le plus grand nombre de femmes députées depuis la fondation de la République Islamique. Cette période a vu des avancées vers une meilleure intégration des femmes aux postes dirigeants et décisionnaires dans la haute administration. Les premières femmes sont entrées au gouvernement depuis l'instauration de la République Islamique : Masoumeh Ektebar a été nommée vice-présidente, et Zahra Shojaei, conseillère du président et chef du nouveau Centre pour la Participation féminine. Ceci est allé de pair avec le soutien de l'administration Khatami au développement et à l'expansion de la société civile, de la liberté d'expression et des réformes législatives en faveur des droits des femmes.

Sous la présidence de l'ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad en revanche, le nombre de femmes exerçant des fonctions gouvernementales a chuté, tandis que s'accroissaient les restrictions à la libre expression et à la société civile. Bien plus, les députés mirent en place une législation visant à limiter les droits des femmes, comme la loi de Protection de la Famille qui favorisait les droits des hommes aux mariages polygames et temporaires, et des régulations abaissant encore les droits des femmes dans les procédures de divorce.

La représentation croissante des femmes au parlement : Comparaison entre l'Iran avec les pays voisins et d'Afrique du Nord (juillet 2016). Une infographie créée à partir de données collectées par l'Union Inter-Parlementaire (IPU). Les nuances de bleu indiquent les niveaux de représentation des femmes dans un parlement pour les années mentionnées, et on trouve sous les noms des pays les pourcentages de représentation féminine (la proportion de femmes députées par rapport au nombre total de sièges dans la chambre basse). L'infographie retrace l'évolution de 2000 à 2016, couvrant les cinq mandatures du Majlis iranien (du sixième au dixième).

Sous la présidence de Hassan Rohani, il y a eu de nouveaux actes pour favoriser la participation des femmes en politique. Marzieh Afkham a été la première femme nommée conseillère au Ministère iranien des Affaires étrangères, Elham Aminzadeh a été nommée vice-présidente chargée des affaires juridiques, et l'ex-vice présidente Masoumeh Ektebar a été designée présidente de l'Organisation de Protection de l'Environnement de l'Iran.

Les élections parlementaires iraniennes de février 2016 ont donné un total de 17 sièges sur 290 à des femmes, la proportion la plus élevée au parlement iranien depuis la fondation de la République Islamique en 1979. Une large victoire pour les partisans d'une plus large représentation politique des femmes, y compris au sein de l'administration Rohani.

En-dehors du niveau national, les femmes iraniennes ont été actives aussi à l'échelon local, en traitant des questions concernant leurs collectivités et travaillant à trouver des solutions propres à améliorer la qualité de vie des habitants de leurs ciconscriptions. Homeyra Rigi, la gouverneure actuelle de la ville de Qasr-e Qand dans la province du Sistan et Baloutchistan et connue pour arborer les tenues traditionnelles de sa région, a joué un rôle central pour la paix et la réconciliation entre deux clans tribaux de la province. Elle a déclaré que même si les femmes dans sa province ont des opportunités limitées, sa présence d'élue locale leur donne espoir et confiance en soi.

Fatemeh Eskandari, conseillère municipale de Karaj, a fait campagne sur le slogan “Des citoyens heureux, une ville pleine d'espoir.” Elle a préconisé de diviser par deux le prix des billets pour les femmes aux événements sportifs en vue d'encourager leur participation publique, et a soutenu l'instauration de formations artistiques et professionnelles pour les femmes de sa circonscription. Mina Eskandari, conseillère municipale de la ville de Mohajeran dans la province iranienne de Hamadan et la première femme dans cette fonction, a soutenu la réparation des routes d'accès à la ville et la création d'un dispensaire. D'autres récits sur les Iraniennes élues locales et leur action dans leurs collectivités se trouvent ici

Les femmes dans le monde tendent à être moins représentées que leurs homologues masculins dans la politique locale, alors que c'est à ce niveau que les élus peuvent interagir en direct avec leurs électeurs et traiter des problèmes qui les touchent. Le nombre de femmes candidates aux élections locales iraniennes du 19 mai est encourageant. S'il en faut indubitablement beaucoup plus pour consolider la croissance de la participation politique féminine en Iran, une telle appétence pour se présenter aux élections, en plus du nombre de femmes siégeant au Majlis iranien représente un plus grand pas pour assurer aux femmes leur mot à dire dans l'avenir du pays, tant local que national.

Ce texte est initialement paru sur Nabz Iran.

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