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L’Éthiopien Yonatan Tesfaye, condamné à 6 ans de prison pour des commentaires publiés sur Facebook

Yonatan Tesfaye. Photo partagée sur Twitter par Eyasped Tesfaye @eyasped

Yonatan Tesfaye. Photo partagée sur Twitter par Eyasped Tesfaye @eyasped

Cette semaine en Éthiopie, deux défenseurs des droits de l'homme et opposants au gouvernement ont écopé de lourdes peines de prison pour “incitation” sur Facebook.

Le 25 mai, Yonatan Tesfaye a été condamné à six ans et trois mois de prison pour avoir “incité” des manifestations anti-gouvernementales dans neuf publications sur Facebook.

Urgent: Le tribunal fédéral éthiopien a condamné l'ancien responsable des relations publiques du Blue party d'opposition YonatanTesfaye à six ans et trois mois de prison pour terrorisme

Le militant, âge de 30 ans, a été un adversaire déclaré de la réaction violente du gouvernement au mouvement de protestation populaire qui critique le parti au pouvoir et le gouvernement éthiopien depuis 2015. Yonatan avait déjà servi comme attaché de presse pour le Blue Parti de l'opposition avant de démissionner en 2015.

Yonatan a été emprisonné pour neuf messages sur Facebook exprimant sa solidarité avec les manifestants, appelant à un dialogue ouvert et plaidant pour la fin de la violence.

La veille de sa condamnation, un ancien collègue de Yonatan Getachew Shiferaw, a été reconnu coupable d'incitation à la violence pour un message privé qu'il a envoyé à ses collègues à travers l'application Messenger sur Facebook. L'ancien rédacteur en chef du journal d'opposition Negere Ethiopia, Getachew a été condamné à un an et six mois de prison :

Urgent: un tribunal éthiopien a condamné GetachewShiferaw, rédacteur en chef de l'Ethiopia Negere NP, à 1 an et demi de prison, peine qu'il a déjà purgée

Le message sur Facebook qui aurait contenu des incitations faisait référence à un incident impliquant le défunt Premier ministre Meles Zenawi lors d'un symposium de 2012 à Washington, DC. Dans le message, Getachew écrivait: “puisque l'espace politique est fermé en Éthiopie, dénoncer les autorités éthiopiennes lors d'événements publics [sic] devrait être une pratique standard. “

Ces cas font partie de nombreux autres concernant des citoyens moins connus qui se sont prononcés contre la répression violente du régime à l'égard des manifestants exigeant des protections pour les droits fonciers et d'autres libertés fondamentales. Selon Human Rights Watch, au moins 800 personnes sont mortes aux mains de la police éthiopienne, et des milliers d'opposants politiques ont été emprisonnés ou torturés pendant les manifestations.

Facebook est un outil clé pour les militants – mais pour la police aussi

Facebook, ainsi que d'autres plateformes de médias sociaux, a joué un rôle central dans les interactions entre les autorités et les manifestants. Les autorités éthiopiennes ont critiqué les médias sociaux lors de la contestation qui a commencé en avril 2014 et continue encore. En octobre 2016, Facebook a été bloqué en Ethiopie dans le cadre de l'état d'urgence déclaré par le gouvernement. Mais les militants – et probablement les forces de l'ordre éthiopiennes – ont continué à utiliser la plate-forme via VPN.

Bien qu'il soit difficile de connaître le nombre précis de détenus, des dizaines d'arrestations semblent avoir été provoquées par le simple fait de publier, aimer ou partager un article sur Facebook. D'autres arrestations ont été provoquées par l'échange de communications avec des militants de la diaspora par le biais de messages sur Facebook.

Ces cas ont été aggravés par une pratique de plus en plus courante dans laquelle les autorités éthiopiennes exigent que les détenus révèlent leurs identifiants et mots de passe de Facebook. Dans certains cas, des personnes ont été arrêtées avant d'être inculpées, contraintes de remettre leurs données d'identification sur Facebook, pour être ensuite condamnées en fonction de ce que les autorités trouvaient dans leurs comptes.

La police arrête des activistes, les obliger à lui remettre les données personnelles d'identification sur Facebook et les accuse en fonction de ce qu'elle trouve dans leurs messageries privées

Getachew a été accusé d’ “incitation à la violence” après avoir été obligé de donner son nom d'utilisateur et le mot de passe de sa page Facebook. Les textes de discussions privées sur sa page Facebook ont ​​été présentés comme preuves à son encontre.

Quoi que le tribunal puisse décider, les amis et les membres de la famille de Yonatan et Getachew voulaient que l'affaire se termine. Ainsi connaîtraient-ils leur sort, pour passer à l'étape suivante. Mais leur cas, comme tant d'autres affaires judiciaires, a été renvoyé.

En Éthiopie, il n'est pas rare que les tribunaux examinant des affaires impliquant des blogueurs, journalistes et politiciens prennent plus de temps que pour les autres affaires. Cela entraîne un épuisement pour les défendeurs et fait souffrir leurs proches.

Yonatan et Getachew ont chacun passé 18 mois en prison avant de connaître leur sort. Ils ont été amenés devant la cour au moins une dizaine de fois. Leurs comptes Facebook privés ont été dévoilés par les autorités. Les juges n'ont pas paru aux audiences et la police a omis d'amener les défendeurs devant les tribunaux pendant leurs jours de procès, ce qui a amené leurs affaires à traîner pendant 18 mois.

Facebook a été une plate-forme essentielle pour les militants et les défenseurs des droits éthiopiens qui travaillent à documenter et à communiquer les violations des droits de l'homme dans ce pays. L'épreuve de Yonatan et Getachew n'en est que plus glaçante pour les Éthiopiens.

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