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Netizen Report : Les Éthiopiens et les Vénézuéliens privés d'Internet dans le cadre de « l'état d'urgence »

Des étudiants manifestent en 2016 dans la région d'Oromia en Éthiopie.

Le Netizen Report de Global Voices offre un aperçu des défis à relever, des victoires obtenues et des tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde.

Mardi 30 mai, les Éthiopiens se sont retrouvés dans l'incapacité d'accéder à Internet. Il s'agit de la troisième coupure Internet à l'échelle nationale depuis novembre 2015, lorsque des manifestations contre la violation des droits fonciers ont secoué la province d'Oromia. 

La coupure a isolé les entreprises, les universités, les banques et même les médias gouvernementaux, les coupant du reste du monde et rendant leurs activités quotidiennes extrêmement difficiles. Les autorités ont assuré que cette mesure visait à empêcher les étudiants de tricher aux épreuves d'examen. L'an dernier, des réponses aux questions d'examen avaient fuité sur Facebook, ce qui avait contraint les responsables de l'enseignement à reporter les examens de deux semaines et bloquer l'accès aux réseaux sociaux, dont Facebook.

La coupure actuelle est néanmoins beaucoup plus importante et à plus grande échelle que les précédentes, puisqu'elle raye complètement l'Éthiopie de la Toile mondiale.

L'échelle de la coupure Internet actuelle est sans précédent en Éthiopie. C'est une interruption TOTALE de service couvrant la totalité du pays.

Les examens ne sont sans doute pas la seule explication à cette coupure. Elle intervient alors que « l'état d'urgence » est décrété en l'Éthiopie depuis sept mois, une mesure juridique qui a permis aux autorités de justifier des arrestations massives et l'usage de la violence pour réprimer les manifestations en marge du conflit opposant le parti au pouvoir aux principaux groupes d'opposition dans la région d'Oromia, près de la capitale Addis-Abeba.

La semaine dernière, deux défenseurs éthiopiens des droits de l'homme ont écopé de lourdes peines d'emprisonnement pour « incitation au terrorisme » sur Facebook. L'un d'eux a été condamné pour avoir publié des messages sur Facebook dans lesquels il exprime sa solidarité avec les manifestants antigouvernementaux et plaide pour la fin de la violence.

Les événements des derniers mois en Éthiopie démontrent à quel point l'instauration de l'état d'urgence et les violations des droits de l'homme (arrestations, blocage momentané d'Internet) vont trop souvent de pair.

Une tendance qui s'affirme également au Venezuela, où l'accès à Internet s'est considérablement détérioré depuis que le gouvernement a prolongé l'état d'urgence (instauré depuis mai 2016) et autorisé le filtrage de contenus en ligne. L'organisation Index on Censorship [Index de la censure] a récemment publié des preuves attestant que 41 sites Internet ont été bloqués dans ce pays, bien qu'on ignore l'ampleur de la censure.

Le gouvernement a aussi préconisé le recours aux drones pour surveiller les manifestations et collecter des données biométriques, sans expliquer comment ces données seront utilisées. Des dizaines de protestataires ont été arrêtés et placés en détention au cours de cette période, bien souvent sans être inculpés.

Vingt et un groupes de défense, dont Global Voices Advox, se sont unis pour signer une lettre condamnant les conditions engendrées par l'état d'urgence et les restrictions qui entravent la libre circulation des contenus en ligne qui en résulte.

La lettre déclare :

The sum of this factors, aggravated by the passage of time and the deepening of the social and political crisis, outlines the creation of a state of censorship, control, and surveillance that gravely affects the exercise of human rights.

L'ensemble de ces facteurs, aggravés par le temps et l'intensification de la crise sociale et économique, sont à l'origine d'une situation où la censure, le contrôle et la surveillance entravent grandement l'exercice des droits de l'homme.

Des blogueurs maldiviens expatriés sont menacés de poursuites sur Twitter

Quatre blogueurs et activistes maldiviens vivant à l'étranger ont reçu des mandats d'arrêt, certains délivrés par le biais de Twitter, pour des crimes non précisés. Les autorités maldiviennes ont mis en garde les prévenus qu'un jugement pourrait être prononcé en leur absence s'ils ne se présentaient pas à leur procès. Les mandats ne détaillent pas la nature des enquêtes impliquant les blogueurs. Ils répondent néanmoins à l'appel lancé par Ahmed Nihan, dirigeant parlementaire du parti au pouvoir, pour que soit arrêtée toute personne jugée « irréligieuse ».

L'Égypte censure vingt et un médias, dont Al-Jazira

L'agence de presse nationale Al-Ahram a révélé que 21 sites d'information avaient été interdits en Égypte, accusés d'avoir « soutenu le terrorisme et colporté des propos mensongers », selon une source haut placée des services de sécurité. Parmi les sites bloqués, on compte le site arabe du Huffington Post, celui de la chaîne qatarie Al-Jazira et le site d'information indépendant bien connu Mada Masr. Mada Masr est l'un des rares médias indépendants en Égypte à continuer de couvrir la répression des activistes et des journalistes, les attentats contre la minorité copte égyptienne et le sort des réfugiés en Égypte. Ce n'est pas la première fois que des sites Internet sont bloqués en Égypte, mais c'est la première fois que le gouvernement annonce publiquement son intention en ce sens. Interrogée sur le blocage de ces organes de presse, la rédactrice en chef de Mada Masr, Lina Attalah, a déclaré à Reuters:

Nothing explains this blockade more than a very clear intention from the authorities to crack down on critical media in ways that bypass the law.

Cette censure ne s'explique que par l'intention très claire des autorités de réprimer les médias critiques en contournant la loi.

Facebook censure temporairement une image commémorant le massacre de Tiananmen

Facebook s'est excusé après avoir rejeté une image commémorant le massacre de la place Tiananmen. Les utilisateurs de Facebook à Hong Kong ont protesté contre le retrait de l'image à l'approche du 4 juin, journée qui commémore les 28 ans du massacre. Ils craignent que la plateforme, désireuse de se tailler une place sur le lucratif marché chinois, ne restreigne leur liberté d'expression pour être dans les bonnes grâces de Pékin. Bien que Facebook se soit excusé pour cette « erreur », les citoyens du Net exigent une explication.

La France sanctionne Facebook pour de multiples manquements en matière de confidentialité

La Commission nationale informatique et libertés (CNIL), l'autorité française de protection des données personnelles, a infligé à Facebook l'amende maximale de 150 000 euros pour avoir violé les règles de confidentialité concernant la collecte des données de navigation des internautes avec et sans compte. C'est la première mesure réglementaire importante à être prise par un gouvernement européen depuis que la Cour de justice européenne a invalidé les règles d'exonération qui dispensaient des entreprises comme Facebook d'avoir à se conformer aux normes de l'Union européenne concernant le transfert de données. La Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne et l'Espagne ont également décidé d'enquêter sur les pratiques du réseau social.

Des entreprises américaines du secteur des technologies demandent au gouvernement de revoir sa politique de surveillance

Une vingtaine d'entreprises américaines du secteur des technologies, dont Facebook, Google, Twitter et Amazon, ont demandé au Congrès américain de réformer les lois encadrant les activités de surveillance sur Internet. Elles exigent plus de transparence et une meilleure protection de la vie privée en vertu de l'article 702 du Foreign Intelligence Surveillance Act [Loi sur le renseignement extérieur]. À l'heure actuelle, cet article de loi autorise les agences de renseignement à collecter en masse sans mandat les données des non-résidents. Les documents de la NSA révélés par Edward Snowden en 2013 ont d'ailleurs mis en évidence l'ampleur des renseignements collectés par les programmes de surveillance de masse.

Les entreprises réclament que les demandes de renseignement sconcernant les communications de citoyens américains soient encadrées par la loi. Elles réclament également plus de latitude quant aux modalités de divulgation du nombre de demandes qu'elles reçoivent. Actuellement, elles ne sont autorisées qu'à déclarer la fourchette numérique correspondante (c'est-à-dire entre 0 et 1000, etc.).

Bien qu'Apple soit la grande absente du groupe des signataires, la société a signalé, dans son rapport sur la transparence, avoir enregistré au second semestre de 2016 une forte augmentation du nombre de demandes relatives à la sécurité nationale de la part des agences gouvernementales, soit un bond de 3 000 demandes par rapport au premier semestre de la même année.

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Ellery Roberts Biddle, Endalk Chala, Salma Essam, Leila Nachawati et Sarah Myers West ont contribué à l'élaboration de ce rapport.

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