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Notimia, l'agence de presse mexicaine qui donne la parole aux indigènes et aux afro-descendants

A la réunion des Communicants Indigènes et d'origine africaine à Oaxaca, Mexique, 2015. Crédit photo : Mikel Blasco/CCEMx (Centre culturel espagnol). Image utilisée avec l'autorisation du Laboratoire de la Citoyenneté Numérique.

Les communautés indigènes et d'ascendance africaine au Mexique mènent ensemble une lutte permanente contre la discrimination, dans leur lutte pour une meilleure visibilité et la défense de leurs droits. Les obstacles et dangers auxquels ils sont confrontés sont de diverses natures : persécution, emprisonnement, inégalité, exclusion, et même des déplacements forcés et assassinats pour s'être opposés à l’ exploitation des ressources naturelles de leurs lieux d'origine.

Les données des enquêtes entre recensements collectées en 2015 par le Conseil national de la Population du Mexique, montrent que près de 17 millions de personnes se considèrent indigènes, compte tenu de leur culture, histoire et tradition. De ce nombre, 6,5 pour cent parlent une langue autochtone. Parmi ceux-là, 80 pour cent vivent dans la pauvreté et souffrent de retard d'éducation et de violences à l'égard des femmes, selon un article publié par l'organisation México Social, un projet multimédia de promotion des droits humains et sociaux.

D'un autre point de vue, selon un rapport publié par la Commission nationale des droits humains (CNDH) conjointement avec l'Institut national des statistiques et de la géographie (INEGI) et le Conseil national de prévention de la discrimination (CONAPRED), un habitant sur 100 du Mexique est d'ascendance africaine, soit 1.381.853 personnes. Le rapport indique aussi que 18 pour cent de la population parle une langue indigène, tandis que les deux tiers se définissent comme indigènes.

A la réunion des Communicants Indigènes et d'origine africaine à Oaxaca, Mexique, 2015. Crédit photo : Mikel Blasco/CCEMx. Image utilisée avec l'autorisation du Laboratoire de la citoyenneté numérique.

Au-delà de leur combat permanent pour leurs droits et contre les conditions sociales défavorables, ces deux populations ont quelque chose de positif en commun : Notimia, une agence de presse créée par les photographes, vidéastes, cinéastes et journalistes indigènes et d'ascendance africaine.

Ce support de communication, prenant en compte les besoins des femmes et ciblant une audience internationale, se vouera à donner la parole aux communautés qui ont été mises sous silence et rendues invisibles. Il traite de sujets souvent ignorés par les médias conventionnels, tels que les mouvements, manifestations et problèmes affectant les indigènes et les gens d'ascendance africaine tous les jours en tous lieux du pays. L'enjeu est d'avoir un impact sur plusieurs niveaux : dans la communauté elle- même, et dans la sphère nationale et internationale.

Durant sa présentation à la presse à Mexico le 5 avril 2017, Guadalupe Martinez, fondatrice et rédactrice en chef de Notimia, a dit que l'agence faisait la promotion de la communication interculturelle. Elle cherche à créer et diffuser les processus d'organisation des communautés et personnes indigènes dans leurs langues indigènes et à les traduire en d'autres langues. Durant l'événement – qui était transmis en continu sur internet – Mardonio Carballo, un poète et écrivain de langue náhuatl, a souligné l'importance de prêter une oreille aux voix des femmes indigènes :

Es necesario que su propia voz sea la que se escuche, que sean ustedes hablando por ustedes mismas.

Il est nécessaire que votre propre voix soit entendue, que vous vous exprimiez vous-mêmes.

Carballo a aussi mentionné à juste titre l'importance d'amener les entreprises de presse à vocation communautaire à mettre en exergue ces problèmes qui sont habituellement occultés. Dans un pays où 69 langues sont parlées, l'absence d'entreprises de presse dans les différentes langues est une évidence.

Eso lo tenemos que cambiar estando atentos en muchos sentidos, desde adentro (de las comunidades) y hacia afuera.

Nous devons changer cette situation en étant attentifs à plusieurs égards, à l'interne au sein (des communautés) et vers le monde extérieur.

A la conférence de presse de présentation de Notimia à Mexico, 2017. Crédit photo: Ane Sanz/CCEMx. Image utilisée avec l'autorisation du Laboratoire de la Citoyenneté Numérique.

L'équipe initiale de Notimia est dirigée par l'Alliance des femmes indigènes d'Amérique Centrale et du Mexique, qui regroupe plus de 300 communicants d'Amérique et 200 de différent États du Mexique. L'agence est aussi membre de la Réunion des communicants Indigènes et d'ascendance africaine (ECIA) qui se tient chaque année dans le but de renforcer les efforts des indigènes pour créer des processus de communication pour la paix.

Le site de Notimia publie divers articles mettant l'accent sur l'importance de renforcer la visibilité des populations pour lequelles elle est moindre. La mode ethnique, les femmes journalistes et les droits des peuples indigènes sont quelques-uns des sujets qui ont été traités.

Deux mois après cet événement, Notimia a aussi enregistré de nombreux abonnés sur ses réseaux sociaux, comme sur sa page Facebook intitulée “Notimia : Agence de Presse pour les femmes indigènes et d'ascendance africaine“.

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