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Neuf réactions de la communauté internationale au traitement infligé par la Chine à Liu Xiaobo

Une photo supposée récente de Liu Xiaobo et de sa femme, Liu Xia.

L'article ci-dessous est publié sur Global Voices dans le cadre d'un accord de partenariat. L’original est paru le 8 juillet 2017 sur le site de Hong Kong Free Press.

Le cas du dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo s'est rappelé à l'attention de la communauté internationale après la révélation par son avocat fin juin, de son hospitalisation pour un cancer du foie en phase terminale.

En 2009, Liu Xiaobo a été condamné à 11 ans de prison pour « subversion » après avoir co-rédigé la Charte 08, un manifeste appelant à des réformes démocratiques en Chine. Son travail, lui a valu le Prix Nobel de la paix en 2010.

Le ministre des affaires étrangères de la République populaire de Chine a fait référence au cas Liu Xiaobo comme étant une « affaire intérieure » chinoise. L'un des porte-paroles a également déclaré qu'il ne voyait « aucun intérêt à en discuter avec d'autres pays ». Mais la communauté internationale continuait ses appels auprès de la Chine, demandant la libération du lauréat du Prix Nobel de la paix, et de sa femme, la poétesse Liu Xia ; ou de l'autoriser à suivre un traitement médical à l'étranger.

Si certains gouvernements ont critiqué le traitement du couple par Pékin, d'autres ont largement évité le sujet. Hong Kong Free Press a réuni quelques réactions internationales.

Nations Unies

Fin juin, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), Zeid Ra'ad al-Hussein, a rencontré des représentants chinois pour discuter de Liu Xiaobo. Mais un porte-parole a refusé de commenter les intentions de l'ONU, à savoir si l'organisation avait ou non demandé que Liu Xiaobo soit soigné à l'étranger.

Norvège

Erna Solberg, la Première ministre et Børge Brende, Ministre des affaires étrangères de Norvège, ont refusé de répondre à des questions sur la libération de Liu Xiaobo.

Si la Chine avait gelé toute relation avec la Norvège depuis l'attribution du prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo en 2010, le gouvernement norvégien affirme que son refus de réagir n'a aucun rapport. Pour autant, il vaut la peine de noter que les relations diplomatiques entre les deux pays ne se sont rétablies qu'en décembre dernier et qu'en juin, la Norvège a signé un accord reprenant l'exportation de saumon vers la Chine, qui était bloquée depuis 2010.

Quand la situation médicale de Liu Xiaobo a été révélée, le Comité Nobel norvégien a exprimé son espoir d'une libération sans condition, invitant le dissident à se rendre à Oslo pour recevoir son prix.

En effet, emprisonné, il n'avait pas pu chercher son prix. Lors de la cérémonie, Liu Xiaobo avait été représenté par une chaise vide.

Union européenne

Le 6 juillet, le Parlement européen a adopté une résolution réclamant la libération immédiate de Liu Xiaobo et la levée de l'assignation à résidence de sa femme, pour qu'il puisse être soigné là où il le souhaite.

Le 30 juin, dans une déclaration, la chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, a également exhorté la Chine à libérer Liu Xiaobo :

Nous attendons de la Chine qu’elle retire toutes les limitations de mouvements imposées à l’épouse de M. Liu et aux membres de sa famille. Ils doivent pouvoir rencontrer et recevoir la visite de qui ils veulent, et être capables de communiquer librement avec le monde extérieur.

États-Unis

L'ambassadeur des ​​États-Unis, Terry Branstad, a déclaré que les Américains « souhaiteraient qu’il ait la possibilité de bénéficier d’un traitement ailleurs, si cela peut aider ».

Une porte-parole de l'ambassade des ​​États-Unis en Chine, Mary Beth Polley, a déclaré à l'AFP le 27 juin, qu'outre la libération de Liu Xiaobo, les États-Unis appelaient les autorités chinoises à libérer Liu Xia de sa résidence surveillée.

Cette remarque de l'ambassade a provoqué une vive réaction de Pékin, le ministre des affaires étrangères arguant via son porte-parole qu’« aucun pays n’a le droit de s’ingérer ou de tenir des propos irresponsables sur les affaires intérieures chinoises ».

Mary Beth Polley a ajouté que la Chine doit fournir au couple :

la protection et la liberté – comme la liberté de mouvement et l’accès aux soins médicaux de son choix – auxquels ils ont droit en vertu de la Constitution et du système juridique chinois et des obligations internationales.

Les sénateurs américains Marco Rubio, Jeff Merkley et Ted Cruz ont également introduit une résolution au Congrès appelant le gouvernement chinois à la libération inconditionnelle de Liu Xiaobo et de sa femme.

J'appelle la Chine à libérer de manière inconditionnelle le lauréat du Nobel LiuXiaobo pour qu'il puisse recevoir des soins médicaux appropriés

Allemagne

Le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, a déclaré le 3 juillet, que Berlin espérait que Liu Xiaobo « recevrait tous les soins médicaux dont il a besoin », et qu’« une solution humanitaire pour Liu Xiaobo devait être une priorité absolue ».

Le président chinois, Xi Jinping, s'est rendu au sommet du G20 à Hambourg les 7 et 8 juillet. Des sources diplomatiques à Pékin ont confié à Reuters que la Chine craignait que le cas Liu Xiaobo ne fasse de l'ombre à la visite.

Canada

Le 28 juin, l'ambassadeur du Canada John McCallum a appelé la Chine à garantir à Liu Xiaobo un traitement médical et lui permettre de rejoindre sa famille. L'avocat de Liu Xiaobo a déclaré auparavant à l'AFP que Liu Xia, la femme de Liu Xiaobo, pouvait lui rendre visite tous les jours, mais que des policiers étaient tout le temps postés à l'intérieur de la chambre d'hôpital. Liu Xiaobo ne pouvait contacter personne du monde extérieur, pas même ses avocats. John McCallum a déclaré :

Le Canada exhorte la Chine à respecter ses obligations internationales en matière de droits de l'homme, ce qui inclut la liberté d'expression, et à libérer les personnes détenues pour avoir exercé ce droit.

France

Le 29 juin, dans une déclaration, le ministre des affaires étrangères français a appelé la Chine à libérer Liu Xiaobo pour des raisons humanitaires :

Toutes les mesures nécessaires pour que Liu Xiaobo puisse bénéficier de tous les soins nécessaires dans le lieu de son choix et que son épouse et ses proches puissent avoir accès à lui doivent être mises en œuvre.

Si France Info avait rapporté que le gouvernement français accueillerait Liu Xiaobo, le ministère des affaires étrangères a déclaré, quant à lui, qu'il n'avait pas d'autres commentaires à ajouter concernant un possible accueil du dissident.

Taïwan

Le 27 juin, le Conseil des affaires d'État de Taïwan a exhorté la Chine à libérer Liu Xiaobo et à montrer davantage de tolérance envers ceux utilisant des moyens pacifiques pour appeler à des réformes politiques et à un développement démocratique. La députée taïwanaise Yu Mei-nu, du Parti démocrate progressiste ,a également demandé à la Chine d'autoriser l'intellectuel malade à se rendre à Taïwan pour des soins médicaux.

Dalaï-lama

Le guide spirituel tibétain, le dalaï-lama, a également exprimé ses inquiétudes concernant Liu Xiaobo dans une déclaration le 28 juin, précisant que des nombreuses personnes lui ont demandé de prier pour l'état de santé de Liu Xiaobo. Il déclare :

Je crois que les initiatives qu'il a prises et pour lesquelles il a été sévèrement puni, auraient conduit à une Chine plus harmonieuse, stable et prospère qui, à son tour, aurait contribué à un monde plus pacifique. Voir des centaines d'intellectuels chinois et de citoyens, inspirés par Liu Xiaobo, signer la Charte 08, appelant à la démocratie, la liberté et l'État de droit en Chine, m'a redonné confiance et m'a personnellement touché.

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