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Emprisonnés pour journalisme : un profil des journalistes détenus en Birmanie

( De gauche à droite ) Kyaw Min Swe : rédacteur en chef de The Voice Daily, Ko Swe Win : rédacteur en chef de Myanmar Now, Lawi Weng : rédacteur en chef de The Irrawaddy, Ko Aye Nai : rédacteur en chef de DVB, et Pyae Phone Aung : journaliste à DVB. / The Irrawaddy

Le texte suivant est une version d'un article initialement publié par The Irrawaddy, un site d'information indépendant de Birmanie, et est republié par Global Voices dans le cadre d'un partenariat de partage de contenu.

L’arrestation du journaliste d'investigation renommé Ko Swe Win à l'aéroport international de Yangon le dimanche 30 juillet 2017 au soir, a accru temporairement le nombre total de journalistes détenus en Birmanie pour avoir fait leur travail, à cinq depuis le mois de juin.

Sur ces cinq journalistes, Ko Swe Win, le rédacteur en chef de l'agence de presse Myanmar Now, est le seul à ne pas être poursuivi en justice par l'armée. Au lieu de cela, un partisan du groupe nationaliste illégal Ma Ba Tha a engagé des poursuites contre lui pour avoir posté un article critiquant le moine ultranationaliste U Wirathu sur Facebook.

Ko Swe Win a depuis été libéré sous caution par le tribunal de Maha Aung Myay à Mandalay, mais ses quatre collègues sont toujours emprisonnés.

Toutes ces arrestations sont liées directement au travail de ces journalistes, exacerbant les craintes d'une répression des médias indépendants et jetant de sérieux doutes sur la possibilité de l'ouverture d'un nouveau chapitre concernant la liberté de la presse dans le pays.

Ko Swe Win, Rédacteur en chef, Myanmar Now

L'ancien prisonnier politique Ko Swe Win, 39 ans, était rédacteur en chef à The Irrawaddy de 2010 à 2012. L'année dernière, il fut récompensé par le gouvernement pour son reportage sur la maltraitance de deux petites domestiques dans une boutique de tailleur à Yangon. Il a été inculpé sous l'Article 66(d) après que U Kyaw Myo Shwe, un habitant de Mandalay et partisan du groupe ultranationaliste mené par le moine U Wirathu, eut déclaré que le correspondant en chef avait insulté le moine dans un post Facebook. Fin mars 2017, Ko Swe Win fit face à un deuxième procès à cause de commentaires tenus à une conférence de presse sur son inculpation sous l'Article 66(d). Le même mois, le journaliste reçut des menaces de la part de trois hommes non identifiés.

U Kyaw Min Swe, Rédacteur en chef, The Voice Daily & Weekly

U Kyaw Min Swe, 47 ans, travaille pour The Voice Daily pendant 18 ans et en est à présent le rédacteur en chef. Il fut arrêté, de même que le chroniqueur satirique Ko Kyaw Zwa Naing, après la publication par ce journal en langue birmane d'un article mettant en cause les politiques des militaires et le processus de paix. Le duo fut inculpé à la fois sous l'Article 66(d) de la Loi sur les télécommunications et sous l'Article 25(b) de la Loi sur les médias, après que le lieutenant-colonel Lin Tun de l'Armée birmanique eut intenté des poursuites judiciaires contre eux au poste de police de la commune de Bahan le 17 mai 2017. Ko Kyaw Zwa Naing a été ultérieurement remis en liberté. [MISE À JOUR: Kyaw Min Swe a été libéré sous caution le 4 août.]

Lawi Weng, Rédacteur en chef, The Irrawaddy

Depuis son arrivée à The Irrawaddy il y a dix ans, Lawi Weng, 39 ans, a été au devant de la scène (et souvent en première ligne ) en ce qui concerne la couverture des conflits ethniques en Birmanie. L'année dernière, il a fait des reportages sur l'offensive de l'Alliance du Nord dans le nord de l'État Shan et sur les conflits entre l'Armée Bienveillante Démocratique Karen et les gardes-frontières de l'Armée birmane dans l'État Kachin. Le 28 juillet 2017, le juge présidant l'instance accepta la demande de liberté sous caution et déclara qu'il prononcerait son jugement lors de sa prochaine comparution le 4 août. [MISE À JOUR: Le tribunal a refusé la demande de libération de l'accusé.]

Ko Aye Nai, Rédacteur en chef, Democratic Voice of Burma (DVB)

Le journaliste vétéran Ko Aye Nai, 52 ans, travaille pour DVB depuis 11 ans, et a passé certaines de ces années à Chiang Mai, en Thaïlande, alors que l'organe de presse était en exil. Il fut inculpé, de même que Lawi Weng et Ko Pyae Phone Aung, sous l'Article 17(1) de la Loi sur les rassemblements illicites de l'ère coloniale après avoir contacté un groupe armé ethnique, le Ta’ang National Liberation Army (TNLA), et fut placé en détention à la prison de Hsipaw. Tous les trois risquent une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à trois ans. « Nous ne possédons même pas de stylo assez pointu pour servir d'arme, » déclara-t-il lors de sa première audience de tribunal. « On peut mourir à tout moment en marchant sur des mines ou en se faisant tirer dessus. On prend des risques pour notre travail. »

Ko Pyae Phone Aung, Journaliste et assistant en radiotélédiffusion à DVB

Le journaliste de 24 ans Ko Pyae Phone Aung a rejoint DVB il y a un an. Sa première parution en tant que télédiffuseur était initialement prévue pour le 11 juillet 2017, mais il fut arrêté le 26 juin en même temps que Ko Aye Nai et Lawi Weng à Namhsan, en revenant d'un reportage sur une cérémonie d'incinération de drogues organisée par le TNLA pour marquer la Journée internationale contre l'abus et le trafic de drogues des Nations Unies.

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