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La querelle diplomatique entre Serbie et Macédoine résorbée, pas de guerre en vue

Les unes du quotidien macédonien Sloboden Pečat pendant la crise diplomatique entre la Serbie et la Macédoine. 22 août (à gauche) : “C'est donc nous qui les espionnons pour une fois !” 23 août (centre) : “Skopje répond par le calme aux provocations de Belgrade : Frères serbes, nous vous aimons !” ; 24 août (à droite) : “Vučić et Zaev promettent au téléphone de construire des relations amicales et de dialoguer sur les divergences.”

Deux jours après avoir commencé, la querelle diplomatique entre la Serbie et la Macédoine semble termimée.

La tension est retombée après une conversation téléphonique entre le Premier ministre macédonien Zoran Zaev et le Président serbe Aleksandar Vučić conclue par l”annonce conjointe de leur engagement à résoudre tous les malentendus par le dialogue. La Serbie a annoncé le retour progressif de son personnel à l'ambassade de Skopje.

Les unes des médias pro-gouvernement serbes, qui criaient à la guerre et accusaient les Macédoniens de les “poignarder dans le dos”, ont pris un ton moins incendiaire, avant d’abandonner complètement le sujet. Sur les médias sociaux, la réaction à la frénésie médiatique e été presque unanime dans toute la région, d'indignation contre le bellicisme.

L'essentiel est que les peuples de Serbie et de Macédoine ont REFUSÉ d'être entraînés dans la dispute l!
RE-FU-SÉ !!!

Comme nous les Serbes se sont usé les doigts jusqu'à l'os à retweeter et à se répondre mutuellement ces deux derniers jours. Ce que je veux dire par là c'est que personne ne peut mieux unir qu'un idiot commun !

Les habitants de toute la région ont loué le quotidien macédonien “Slobodon Pecat” pour sa riposte appropriée à la rhétorique guerrière des tabloïds serbes. Sa une du 23 août avait étalé des unes anti-macédoniennes accompagnées d'un gros titre en serbe déclarant “Frères serbes, nous vous aimons !” écrit en cyrillique macédonien.

Telle devrait être la réponse à toutes les tentatives de lynchage de tabloïds. Vous nous haïssez ? Oh. Nous, on vous aime chers frères serbes.

De nombreux utilisateurs de Twitter ont aussi continué à moquer le bellicisme, et à relever les points communs entre les régimes populistes de Vučić et de l'ex-premier ministre Gruevski (2006-2017).

Les Macédoniens ont atteint la troisième place dans la liste des plus grands ennemis des Serbes.
Derrière les promaja et Roms,
devant les Croates et le savon.

Mes armes dans la guerre contre les Serbes seraient la rakija jaune et la viande d'agneau. De leur côté ils peuvent apporter du kajmak et de la couenne de porc. Je ferais une guerre comme ça pendant trois jours.

Un Twittos serbe a fait allusion au mouvement de ‘Révolution colorée’ qui a contribué à mettre à bas le régime autoritaire en Macédoine :

A propos, les Macédoniens, il vous reste de cette peinture ? Nous avons de la peinture à faire d'ici le Nouvel An.

‘Incident clos’ — rien n'est moins sûr !

La crise diplomatic a révélé de nouvelles informations concernant les circonstances de la présence de l'agent de renseignement serbe Goran Živaljević dans le Parlement macédonien durant l'attaque du ‘Jeudi sanglant‘ le 27 avril, quand il avait prisun selfie.

Dans un entretien le 22 août sur la Radio Télévision de Serbie (RTS), le Président serbe Vučić a expliqué que l'agent s'y trouvait avec l'autorisation des plus hautes autorités exécutives de Macédoine. De son côté, le VMRO-DPMNE, le parti aux commandes à l'époque en Macédoine, publiait un démenti affirmant que Vučić ne disait pas la vérité.

Personne [au gouvernement] n'était joignable [par téléphone] pendant l'attaque préméditée contre le Parlement. Živaljević A DEMANDÉ et reçu l'autorisation d'entrer des autorités exécutives. Quand au juste et de qui ?

Le lendemain, RTS a diffusé un communiqué de Živaljević lui-même affirmant que sa présence avait été autorisée par un conseiller à la sécurité du président macédonien Gjorge Ivanov. Ivanov doit son poste au VMRO-DPMNE et a la haute main sur le Service de Renseignement.

Le cabinet d'Ivanov a alors publié un démenti de son cru, clamant que l'agent serbe n'avait pas demandé d'autorisation, mais avait téléphoné ultérieurement pour s'assurer un alibi. Et de souligner que “l'incident concernant la présence non autorisée de M. Živaljević au Parlement est clos après qu'un accord a été trouvé entre les services”, mais tout porte à croire qu'il n'en est rien.

Si c'est exact, ça implique que le Premier ministre Dimitriev, le ministre des Affaires étrangères Poposki, ainsi que le Président Ivanov et son conseiller R sont impliqués dans un coup d'Etat et une Haute trahison

Les appels à une enquête approfondie sur tous les aspects du ‘Jeudi Sanglant’ se sont intensifiés ces derniers jours. Les citoyens réclament une enquête qui pourrait déboucher sur des accusations de haute trahison et/ou une destitution de hauts responsables de mèche avec des services secrets étrangers pendant cette nuit cruciale d'avril, qui a failli voir basculer la Macédoine dans la guerre civile.

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