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Grève des enseignants au Pérou : la photo qui fait le buzz

Le policier  Rodolfo La Rosa Ariza réconforte une enseignante gréviste. Photo de Anthony Niño de Guzmán largement diffusée sur les réseaux sociaux.

Au Pérou, depuis le 15 juin 2017, le sujet qui fait la une des actualités est la grève nationale des enseignants organisée par le Syndicat Unitaire des Travailleurs de l'Education du Pérou (SUTEP). Les principales revendications sont l'augmentation des salaires, et le report du projet d'évaluation des professeurs qui devait être mis en application en 2017 et s'étaler jusqu'en 2018.

Fin juillet, les parties étaient arrivées à un accord notamment sur l'augmentation des salaires avec un minimum de 2.000 soles (environ 600 USD), et un temps de travail de 30 heures de cours. En ce qui concerne l'évaluation des professeurs, elles étaient convenues de mettre en place des ateliers de travail pour préciser les critères et méthodes d'évaluation, mais certains dirigeants syndicaux ne l'avaient pas accepté.

Par ailleurs, une majorité écrasante des citoyens était favorable à l'idée d'évaluer les professeurs.

Depuis lors, la situation s'est aggravée car il n'y a pas qu'un seul et unique syndicat des enseignants. On trouve aussi le Comité National de Réorientation et Reconstruction (CONARE), SUTE Democrático, différentes fédérations, et des organisations dissidentes du SUTEP. De manière générale, les divergences se concentrent sur l'évaluation des enseignants, car nombre d'entre eux craignent que cela donne lieu à des licenciements.

Mais les difficultés ne s'arrêtent pas là. Le conflit entre le gouvernement et les syndicats est compliqué, et il s'enlise aussi dans d'autres querelles étroitement liées à l'histoire récente complexe du Pérou. Carlos Basombrío, le ministre de l'intérieur, a déclaré que parmi les dirigeants se trouvaient des personnes en lien avec une faction du Sentier lumineux et il a rappelé que le gouvernement ne dialoguerait pas avec des interlocuteurs liés à ce groupe terroriste.”

Le temps passe, et les négociations avancent d'un côté et reculent de l'autre. Pendant ce temps, des élèves n'assistent plus aux cours depuis plus de deux mois. On risque de perdre une année scolaire dans les collèges publics où les cours avaient déjà débuté en retard après les inondations qui avaient touché plusieurs régions du pays du fait de l'épisode Niño côtier.

Durant plusieurs jours, les professeurs ont organisé des manifestations de protestation dans plusieurs villes du pays. Dans certains cas, la police a violemment réprimé les manifestants et c'est dans ce contexte que la photo d'un policier aux côtés d'une enseignante a fait le buzz sur les réseaux sociaux péruviens :

Au milieu de la violence et du chaos, un policier réconforte une enseignante -qui pourrait être sa propre mère. Une image qui redonne de l'espoir.

Beto Ortiz, le journaliste péruvien ayant le plus de followers sur Twitter, et dont la mère a fait sa carrière dans l'enseignement, a commenté l'impact colossal de la photo dans sa rubrique du dimanche intitulée “elle pourrait être ta mère”.

J'ai été étonné […] le lendemain soir, d'entendre  l'officier de police nationale d'origine Huanca Rodolfo La Rosa Ariza [l'un des protagonistes de la photo], qui racontait à un journaliste […] ce qui lui avait traversé l'esprit dans ce moment de chaos : “En voyant son chagrin et son désespoir, je lui ai dit : pauvre petite mère, je suis là pour te protéger, et je vais t'emmener dans un endroit où tu seras en sécurité. Je l'ai embrassée, et j'ai pris son visage entre mes mains. Elle m'a fait penser à une professeure que j'avais eue”. Affublé de tous les attirails d'un soldat d'assaut, le policier parait énorme et terrible, il ressemble à un méchant dans un film  de science fiction, une sorte de Robocop ou Dark Vador. Mais le simple fait de caresser le visage de cette petite femme frêle et apeurée le transforme –comme par magie– en un tendre et gentil géant.

La photo a été abondamment diffusée sur Twitter, et ce geste du policier lui a valu la reconnaissance de tous. Des cérémonies de remise de décorations ont été organisées en son honneur et largement diffusées sur les réseaux sociaux péruviens :

Remise de décoration au policier qui a réconforté une professeure pendant la grève des enseignants

Pendant ce temps, dans certaines villes les enseignants retournent en classe tandis que dans d'autres le rapport de force continue.

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