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Images de la frontière entre Birmanie et Bangladesh, où les réfugiés Rohingya cherchent à fuir les violences

Arrêt sur image d'une vidéo sur Facebook de Saiful Huq Omi.

Alors que le Myanmar (la Birmanie) réprime brutalement les musulmans Rohingya, forçant un grand nombre à fuir au Bangladesh voisin, des militants, journalistes et travailleurs humanitaires étaient sur les lieux pour documenter leur difficile exode.

Les Rohingya sont un groupe ethnique concentré dans l’État Rakhine, qui fait partie du Myanmar (Birmanie) majoritairement bouddhiste. La citoyenneté et les autres droits élémentaires leurs sont refusés par le gouvernement birman, qui persiste à les considérer comme des immigrants illégaux venant du Bangladesh, en dépit du fait que les racines des Rohingyas en Birmanie sont séculaires.

Quand un mouvement armé a attaqué des postes de police dans l’État Rakhine, les forces de sécurité birmanes ont riposté. Des témoins oculaires ont décrit des militaires faisant feu sur des civils et des maisons incendiées.

Selon des sources de l'ONU, ce sont plus de 123.000 Rohingyas qui sont entrés au Bangladesh rien que la semaine dernière. Le Bangladesh accueille déjà dans diverses installations 400.000 Rohingyas arrivés ces dernières dizaines d'années. Alors que le gouvernement bangladais traîne les pieds pour accepter davantage de réfugiés du Myanmar pendant la crise actuelle, la population du Bangladesh compatit largement à la détresse des Rohingyas.

Shafiur Rahman est l'un de ceux qui partagent sur ses comptes Twitter et Instagram des informations sur le flot de Rohingyas arrivant à la frontière. Cinéaste bangladeshi-britannique, il travaille à un documentaire sur les femmes Rohingya réfugiées.

Le 26 août 2017, il rapportait que les gardes-frontière bangladeshis n'autorisaient pas les réfugiés à traverser :

Les malheureuses femmes Rohingya et leurs enfants sont attrapés par les garde-frontière du Bangladesh et refoulés au Myanmar

Le 29 août 2017, cependant, la Première Ministre bangladaise Sheikh Hasina a ordonné aux forces de sécurité de traiter les réfugiés avec humanité car ils fuient pour sauver leur vie. Par conséquent, les gardes-frontière ont commencé à laisser passer les réfugiés en grand nombre.

Rahman a aussi raconté comment l'armée birmane ciblait des civils innocents dans leur fuite. Son information est corroborée par d'autres sources affirmant la même chose. Des hélicoptères birmans poursuivant des supposés insurgés Rohingya ont violé à multiples reprises l'espace aérien du Bangladesh près d'Ukhia à Cox’s Bazar :

Des tirs vers le no man's land de Gundam à la frontière avec le Myanmar il y a 30 minutes. Des réfugiés courent. L'armée birmane continue à tirer, dans l'impunité

Cette jeune femme rohingya a été abattue aujourd'hui, avec son mari, par l'armée birmane à quelques mètres de la sécurité. Leur enfant a survécu.

Des femmes et enfants Rohingya de Min Gri où on rapporte des tueries avec fusils, lance-grenades et incendie d'habitations

Un bébé confié à une femme. Ses parents Rohingyas ont été tués par l'armée au Myanmar.

Les hélicoptères militaires birmans pénètrent à trois reprises l'espace aérien du Bangladesh. Les garde-frontières tirent des salves vers le Bangladesh où j'ai vu deux morts le 2 septembre.

Le parcours vers la sécurité relative du Bangladesh est long et semé d'embûches, raconte Rahman :

Des enfants Rohingya exténués fuient le Myanmar. 12 jours de marche pour cette famille. #génocide #nettoyageethnique

Pieds nus, des kilomètres de boue glissante. Et une plaie profonde au genou. Ce que vivent les réfugiés rohingyas.

Bienvenue au Bangladesh ! Un Bangladais tend une main secourable à cette famille rohingya. Elle marchait depuis cinq jours.

Bienvenue au Bangladesh ! Des bénévoles bangladais donnent de l'eau et des biscuits aux réfugiés Rohingyas à leur arrivée.

Des milliers de réfugiés Rohingyas rassemblés au village tribal de Khangchur, près de la frontière du Bangladesh, en attente d'entrée.

Des cas de passeurs détournant des bateaux de pêche pour amener des Rohingyas en fuite. Celui-ci coule près de l'île de Shah Pir

Arrivé du côté Bangladesh, les réfugiés Rohingyas se font exploiter par des crapules profitant de l'insuffisance encore pour eux d'abris et d'aide formalisés :

Pourquoi les réfugiés Rohingyas doivent-ils acheter leur bâche plastique ? Pourquoi y a-t-il un marché florissant pour celles-ci ? Où sont les services publics ?

Le célèbre photo-journaliste Saiful Huq Omi était lui aussi à la frontière, et a posté images et vidéos sur sa page Facebook :

Dans un récent reportage vidéo, il a appelé à prendre position contre la persécution des Rohingyas :

Des milliers et des milliers et des milliers de gens arrivent. Regardez leurs visages. Voyez comme ils sont jeunes. Vous qui pensez que ce ne sont que des terroristes, j'espère que vous voyez cet enfant. Que vous voyez ce vieillard et vous vous demandez comment il peut exister sur terre une telle honte pour l'humanité. C'est cela qui se passe sur la frontière. Jeune enfant, bébés, vieil homme, vieille femme, jeunes hommes fuient leur pays natal en laissant derrière eux les cadavres des êtres chers de leurs familles. Sans même avoir le temps d'emballer leurs affaires […]

Ils vont prendre cette route jusqu'en bas des collines et tout du long avec au moins quelques heures de marche de plus avant de pouvoir s'asseoir, et peut-être un villageois compatissant viendra leur donner un peu de nourriture et d'eau.

Les ressources sont déjà surchargées, mais la bonne nouvelle est que le gouvernement du Bangladesh a décidé de créer un nouveau camp pour le plus récent afflux de réfugiés. Mais il faudra un peu de temps pour le construire.

Que réservent les jours à venir aux déplacés Rohingyas, dans leur propre pays le Myanmar ou dans des camps de réfugiés ailleurs ?

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