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Après 113 jours en prison à Istanbul, les défenseurs des droits de l'homme sont libérés en attendant leur proces

A leur libération, Nejat Tastan et Peter Steudner s'étreignent au milieu des médias et des supporteurs. Photographie diffusée par Fotis Flippou sur Twitter.

La journée du 25 octobre a été longue pour les Dix d'Istanbul, mais elle s'est terminée dans la joie.

Dix défenseurs des droits de l'homme, dont la directrice d'Amnesty International Turquie Idil Eser, accusés d'appartenir à une organisation terroriste, ont comparu devant le tribunal après avoir passé presque quatre mois en prison [fr]. La session a commencé à 10h du matin (heure locale) et s'est terminée vers minuit avec la libération des dix accusés en attendant le procès.

Ils avaient été emprisonnés le 5 juillet 2017, quand ils s'étaient rassemblés pour un atelier sur le management de l'information et le bien-être sur l'une des îles d'Istanbul, Buyukada. La police a fait une descente dans l'atelier, détenu les participants et confisqué leur matériel électronique.

Le procès des Dix d'Istanbul

Après avoir écouté les dépositions de chaque prévenu, l'accusation a requis la libération sous caution pour tous les membres du groupe sauf un. Quelques heures plus tard, le juge décidait de tous les libérer. La prochaine audience est prévue le 22 novembre.

Les libérations de Veli Acu et d'Ozlem Dalrikan, qui travaillent respectivement avec l’Association pour les droits de l'homme et l’Assemblée des citoyens d'Helsinki, sont assorties d'une interdiction de sortie du territoire. Les huit autres accusés ont été libérés sans condition. Le président d'Amnesty International Turquie Taner Kilic est resté en détention à cause d'une accusation indépendante à son encontre. Son audience a eu lieu à Izmir le 26 octobre, mais malgré la décision de la veille, le juge a décidé de prolonger sa détention jusqu'au proces.

Bien que les enregistrements ne soient pas autorisés à l'intérieur du tribunal, les journalistes et supporteurs ont twitté des mises à jour en continu toute la journée. De nombreux accusés ont utilisé leur déclaration pour attirer l'attention sur les inexactitudes des charges qui pesent sur eux :

Ali Gharavi “L'inculpation m'accuse de connexions avec des organisations dont je n'ai jamais entendu parler et ne sais toujours pas ce qu'elles font.”

#PeterSteudner : Pendant mon arrestation la police a dit mon nom et a parlé turc. Ne m'ont meme pas averti de mon droit au silence avant midi.

#PeterSteudner : L'inculpation mentionne 2 traducteurs qui affirment que j'ai travaillé au Pakistant. Je n'ai jamais été au Pakistan.

Les autorités turques disent que ce cas n'a rien à voir avec @Amnesty. Mais comme Idil l'explique maintenant, toutes les preuves relevées contre elles sont liées à notre travail.

Les accusés ont aussi attiré l'attention sur leur traitement en prison :

#GunalKursun : Nous avons été confinés au secret pendant 30 heures, sans savoir pourquoi nous étions détenus. Pourtant il y avait des détails dans les journaux du lendemain.

#GunalKursun : La lumière est restée allumée pendant 13 jours non-stop, sans idée du jour et de la nuit.

#NalanErkem : L'accusation affirme que je n'ai pas rendu mon passeport. Je n'ai de passeport dans aucun de mes appareils électroniques ! Personne ne m'a demandé de mots de passe !

#NalanErkem : J'ai eu une hémorragie digestive. Après l'arrestation je n'ai pas pu avoir accès à un traitement pendant 2 mois. J'ai saigné pendant 2 mois.

Peter “Ma famille ne peut pas venir en Turquie et je n'ai donc pu leur parler au téléphone que 10 min toutes les deux semaines.”

Ali Gharavi réclame “une libération immédiate et inconditionnelle de cette torture”. Explique qu'il est inquiet pour sa santé physique et mentale.

La communauté des droits de l'homme réagit

Amnesty International a accueilli la libération des défenseurs des droits de l'homme dans une déclaration de Salil Shetty, leur secrétaire général :

Today, finally, we celebrate that our friends and colleagues can go back with their loved ones and can sleep in their own beds for the first time in almost four months…Tonight we take a brief moment to celebrate, but tomorrow we will continue our struggle.

Aujourd'hui enfin, nous nous réjouissons que pour la première fois en presque quatre mois, nos amis et collègues puissent enfin rentrer dans leurs familles et dormir dans leurs lits… Ce soir, nous allons prendre un petit moment pour fêter cela mais demain nous continuerons notre combat.

Dans une déclaration émouvante à un groupe de journalistes devant le tribunal, le citoyen allemand et formateur en management du stress Peter Steudner a remercié tout le monde pour leur soutien. “Je vous en suis reconnaissant, nous vous en sommes tous vraiment très reconnaissants,” a-t-il déclaré.

Son collègue suédois Ali Gharavi s'est joint à lui pour exprimer sa gratitude :

We have a big new family now. Thank you everyone. Wherever you are, however you did it, you got us out – thank you very much.

Nous avons une nouvelle famille bien grande maintenant. Merci à tous. Où que vous soyez, quoi que vous ayez fait, vous nous avez sortis de là – merci beaucoup.

Un moment émouvant devant la prison de Silivri avec #AliGharavi #PeterSteunder

En tout, le groupe aura passé cent treize jours derrière les barreaux. Quand la nouvelle de leur libération a circulé, amis et collègues se sont joints aux célébrations en ligne.

Voila à quoi la liberté ressemble.

@amnestyusa vous envoie amour et soutien ! Nous fêtons cela et nous préparons à continuer à lutter pour leur liberté INCONDITIONNELLE.

Bonne nouvelle de Turquie, les Dix d'Istanbul sont libérés sous caution. Les accusations infondées doivent maintenant être abandonnées sans condition à l'audience du 22 novembre.

Les médias pro-gouvernements turcs, qui avaient rapidement accusés les défenseurs des droits de l'homme de connexion avec des organisation terroristes, se sont majoritairement tus le jour de l'audience et immédiatement après.

Déclarés coupables par les “médias” pro-gouvernements mais relâchés par les tribunaux.

Ils les ont tous qualifiés d'agents et d'autres choses. Maintenant ils sont tous relâchés. Ceux qui les ont traités d'agents auront-ils honte ? Je ne pense pas.

Dans sa déclaration au tribunal, Idil Eser, une personnalité centrale dans cette histoire, a été citée expliquant qu'elle n'a aucun regret :

[La directrice d'Amnesty International Turquie] Idil conclut sa déclaration “Je ne regrette rien. Je n'ai fait que mon travail de défenseur des droits de l'homme.”

Pour le moment, les Dix d'Istanbul ont été libérés de prison et réunis avec les leurs. Leur prochaine audience est prévue pour le 22 novembre et Global Voices appelle par avance à abandonner inconditionnellement toutes les accusations et a libérer Taner Kilic.

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