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Pakistan : A l'approche de Noël, un attentat-suicide à la porte d'une église fait neuf morts et de nombreux blessés à Quetta

Manifestation de la minorité chrétienne du Pakistan contre un attentat visant des correligionnaires à Lahore en 2013. Photo Rajput Yasir. Copyright Demotix (10/3/2013)

Dimanche 17 décembre 2017, une bombe a explosé aux portes de l'église méthodiste Bethel Memorial à Quetta, au Pakistan. L'attentat a eu lieu pendant que les fidèles assistaient au service, et a fait neuf morts et une cinquantaine de blessés.

Selon les articles de la presse, un des deux attaquants qui tentaient d'entrer par la grande porte a été abattu par la police avant de pouvoir pénétrer dans l'édifice. Deux autres assaillants qui tentaient d'entrer par la porte arrière sont toujours recherchés. L'attentat a eu lieu à une semaine de Noël, et a secoué la communauté chrétienne au Pakistan. L’État islamique a revendiqué la responsabilité de l'attentat.

Condamnations de l'attentat et expressions de solidarité avec les familles des victimes se sont multipliées sur les médias sociaux. Sur Twitter, l'internaute Dua Fatima Khan a condamné l'attaque :

Je condamne vigoureusement l'attentat terroriste de Quetta. Mes pensées sont avec les familles des décédés et mes prières avec les blessés.

Le journaliste Mehr Tarar a tweeté :

Prières et condoléances du fond du cœur aux familles de tous ceux qui ont été tués dans l'attaque d'une église à Quetta.

En réaction à ces attentats terroristes, les gens ont une fois de plus exprimé leur soutien à la mise en œuvre du Plan National d'Action (NAP), proposé en 2015 pour combattre le terrorisme. Ce plan a été déclenché après la tragédie de l’École militaire de Peshawar, Pakistan, où 149 personnes, pour la plupart des enfants, ont été massacrées.

Lire aussi : Un mois après, les Pakistanais promettent de ne jamais oublier le massacre de l'école de Peshawar

Le cinéaste Rehan Khan critiqué le gouvernement sur Twitter :

Nouvel attentat. Nouvelle série de condamnations. Aucune trace du Plan National d'Action. #Quetta
Pas d'accalmie du terrorisme.
Sincères condoléances à ceux qui ont perdu leurs proches.

L'acteur Hamza Ali Abbassi a appelé le gouvernement à agir :

#Quetta Les ennemis du Pakistan et de l'humanité attaquent tout ce qu'ils peuvent, écoles, marchés, hôtels, mosquées, sanctuaires et églises ! Prières pour les défunts. Ma seule question au gouvernement est : les forces de l'ordre ne peuvent pas à elles seules éliminer le terrorisme. QUAND ALLEZ-VOUS APPLIQUER LE PLAN NATIONAL D'ACTION ?

Le journaliste indépendant Syed Hussain a tweeté une photo de clercs de toutes confessions montrant leur solidarité avec la communauté chrétienne :

Les chrétiens et les chefs religieux des autres confessions participent à un service pour les victimes d'un attentat-suicide dans la cathédrale du Sacré-Coeur à Quetta

La protection des minorités au Pakistan

Les chrétiens comptent pour environ 1,6 pour cent des 200 millions de Pakistanais, et subissent les discriminations depuis de nombreuses années. Un des attentats les plus meurtriers du Pendjab a eu lieu à Lahore à Pâques en 2016 et a provoqué la mort de plus de 70 personnes, dont de nombreux enfants.

L'imam Tawhidi a tweeté :

Je me suis réveillé sur les images de jeunes enfants tués à Quetta pour la seule raison qu'ils sont chrétiens. Le ciblage des chrétiens au moment de Noël n'a rien de neuf, et pourtant le gouvernement islamique du Pakistan n'a aucun plan réaliste de sécurité et de protection pour les minorités religieuses.

Le journaliste et militant Musharraf Zaidi a tweeté :

Septembre 2013, église de Tous les Saints à Peshawar
Mars 2015, église de Youhanabad à Lahore
Mars 2016, Samedi saint au parc Gulshan Iqbal à Lahore
Aujourd'hui, Quetta…
Que quelqu'un m'explique comment nous protégeons nos frères et sœurs chrétiens…

La persécution des minorités religieuses n'est pas une nouveauté au Pakistan : depuis 2015, plus de 200 personnes ont été tuées et plus de 300 blessées dans de tels attentats.

Dernièrement, la discrimination contre les minorités est aussi apparue dans la sphère gouvernementale. Un militaire à la retraite, le capitaine Muhammad Safdar Awan, actuellement député à l'Assemblée Nationale, a demandé que le Département de Physique de l'Université Quaid-e-Azam, qui porte le nom du Prix Nobel Adbus Salam, soit renommé. Comme le Dr. Salam [décédé en 1996] appartenait à la minorité musulmane de l'Ahmadisme, cette requête de changement d'appellation a été ressenti par certains un acte de discrimination contre cette communauté.

Pour les minorités au Pakistan, l'attentat de Quetta est un nouveau rappel : tant que la haine et l'intolérance religieuse ne seront pas prises à bras-le-corps, elles ne pourront pas pratiquer leur droit fondamental à la liberté religieuse sans crainte de le payer de leur vie.

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