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Yémen : le blogueur des droits de la personne Hisham Al-Omeisy est porté disparu depuis 150 jours

Hisham al-Omeisy. Photo remise par sa famille au GCHR. Utilisée avec permission.

Cet article a été écrit par Khalid Ibrahim, directeur général du Gulf Center for Human Rights, une organisation indépendante et sans but lucratif qui fait la promotion des libertés d’expression, d'association et de réunion pacifiques dans la région du Golfe et des pays avoisinants. Article paru sur GV en anglais le 11 janvier 2018.

Cela fait 150 jours que l’analyste politique, défenseur des droits de la personne et blogueur yéménite Hisham Al-Omeisy est détenu par les forces Houthis.

Le 14 août 2017 vers 14h45, des agents provenant du Bureau national de Sécurité (BNS) contrôlé par les Houthis ont arrêté Hisham Al-Omeisy dans l’arrondissement de Jawlat al-Misbahi dans la capitale yéménite Sanaa.

Selon un journaliste local, Al-Omeisy a été appréhendé pour avoir échangé des courriels en anglais avec des organisations situées aux États-Unis. 150 jours se sont écoulés depuis son arrestation, mais on ignore toujours où il se trouve et il n’a pas été accusé d’aucun crime, ce qui est en violation des lois yéménite et internationales.

Depuis son arrestation, il est détenu sans possibilité de communication et sans accès à un avocat ou à sa famille. Ces éléments suggèrent que Al-Omeisy a été victime d’une disparition forcée, une pratique à laquelle plusieurs autres Yéménites ont été soumis, du fait des Houthis ou de la coalition mené par l’Arabie Saoudite qui les combat.

Les membres de sa famille, notamment sa femme et leurs deux jeunes fils Khaled et Saif, s’inquiètent pour sa santé et sa sécurité.

Il y a près de trois ans, le pays a plongé dans un conflit armé avec les forces Houthis se battant pour s’emparer du pouvoir du gouvernement reconnu à l’international du Président Abdrabbuh Mansour Hadi. Ce dernier est soutenu par une coalition menée par l’Arabie Saoudite. Les forces loyales au président Ali Abdullah Saleh (qui a été chassé du pouvoir suite à des manifestations de rue en 2011) avaient combattu avec les Houthis avant qu’il change sa position en tentant d’amorcer un dialogue avec l’Arabie Saoudite. Le 4 décembre 2017, les forces Houthis ont assassiné Saleh.

Le Yémen reste en proie à une guerre paralysante et à un conflit régional qui ont mené à une crise humanitaire et sanitaire catastrophique avec plus d’un million de Yéménites ayant contracté le choléra. Les défenseurs des droits de la personne ont documenté des atteintes massives aux droits commises par toutes les parties à la guerre civile en cours.

Avant sa détention, Hisham Al-Omeisy était un critique assumé de la guerre au Yémen.

Par son compte Twitter et ses contributions aux médias internationaux, il a fourni des commentaires et des analyses du conflit et il signalait des événements quotidiens tels que les bombardements de la coalition menée par l’Arabie Saoudite.

La coalition saoudienne et le gouvernement du Yémen disent que l’aéroport de Sanaa est fermé par souci de la sécurité des avions. C’est n’importe quoi, CE SONT EUX QUI BOMBARDENT depuis plus de 2 ans.

Il a aussi dénoncé les violations commises par les différents belligérants et il a signalé les impacts humanitaires du conflit.

On m’a montré le suivi des cas de choléra. (Les chiffres du graphique datent de la semaine dernière, maintenant 500.000 cas) La progression rapide et constante fait peur !

Avant son arrestation du 12 août, il a tweeté en arabe et en anglais à propos des «officiels corrompus» qui confisquaient les propriétés par la force dans la capitale Sanaa, laquelle est sous le contrôle des Houthis.

Des sbires armés soutenus par des officiels corrompus s’emparent de propriétés immobilières par la force dans Sanaa. Ils viennent de se présenter à ma porte.

L’arrestation et la détention d’Hisham Al-Omeisy sont un nouvel exemple du harcèlement qui vise les défenseurs des droits de la personne et les journalistes au Yémen. Cela survient alors qu’ils tentent d’attirer l’attention face au conflit en cours et qu’ils essaient de promouvoir et de protéger les droits de la personne.

Le Gulf Centre for Human Rights (GCHR) exprime de graves préoccupations pour la santé et la sécurité de Hisham Al-Omeisy. Plus particulièrement parce qu’il est maintenu sans aucun moyen de communication dans un lieu inconnu. Le GCRH exprime aussi des préoccupations pour la situation de tous ceux au Yémen qui sont ciblés après s’être exprimés légitimement sur le conflit.

Mise à jour : on vient d'apprendre que Hisham Al-Omeisy a été remis en liberté le 15 janvier.

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