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Polémique sur le derrière de Robbie Williams en Ouzbékistan

Robbie Williams. Téléchargé sur Flickr par Maria Andronic (CC BY-SA 2.0)

Cet article est une publication de notre partenaire EurasiaNet.org. Il est republié avec son autorisation.

La star de musique pop britannique Robbie Williams a enflammé la toile en Ouzbékistan en montrant son derrière lors d'un concert à Tachkent, la capitale du pays.

Ceux qui n'ont pas été perturbés par le geste assez osé du chanteur sont par contre irrités vis-à-vis du prix des tickets du concert du 15 décembre 2017.

La performance de Robbie Williams, organisée par Alisher Usmanov, un milliardaire russo-ouzbèke et co-propriétaire d'un club de football londonien, était considérée comme un événement rare pour l'Ouzbékistan. En effet, les artistes célèbres en Occident réussissent très rarement à se produire en Ouzbékistan, et ceux qui y sont parvenus l'ont fait aux dépens de leur réputation. Ce concert avait visiblement l'intention de démontrer l'ouverture du pays depuis le décès du président Islam Karimov l'année dernière, un dirigeant de nature sévère et autoritaire.

Robbie Williams a démarré son concert en apparaissant sur scène habillé d'une khalat, ou robe de style ouzbèke, et s'est brièvement présenté à la foule de sa manière typiquement décalée.

“Ceci est mon groupe”, a-t-il dit, en pointant vers l'arrière de la scène.

“[Et] ceci est mon derrière,” il a ajouté, en se retournant et en remontant sa robe pour exposer son caleçon. “Ce soir vos derrières sont les miens,” a-t-il résumé, provoquant un concert de hurlements confus et de fous rires.

Dans les provinces anglaises, notamment là d’où Robbie Williams tient ses origines, montrer son derrière en public est accepté — pour ne pas dire encouragé — dans l'esprit d'une exubérance hogarthienne [fr]. Mais le numéro n'a pas marché dans le chaste Ouzbékistan.

À la fin du concert, des utilisateurs de réseaux sociaux en fureur ont immédiatement appelé à militer pour l'éradication des influences étrangères à la morale douteuse.

“Nous devons éliminer la culture occidentale, si on peut appeler ça une culture !” s'est emportée Saiyora Hodjayeva.

Mukimjon Halmatov est allé plus loin et a suggéré que le concert avait exposé l'Ouzbékistan à une vague de destruction potentielle qu'il compare à un déferlement de maladies et de terrorisme.

“Certaines personnes ramènent les maladies du porc [sic], d'autres le SIDA ou même la maladie qu'est [l'État Islamique]. Ils veulent maintenant infecter l'Ouzbékistan avec la maladie de la démocratie. Évidemment, c'était la raison pour laquelle Robbie Williams avait été invité ici,” écrit Mukimjon Halmatov sans aucune ironie.

Même si ces réactions peuvent être considérées comme extrêmes et très émotionnelles, il est tout de fois clair que Robbie Williams a mal calculé ses pitreries et ne s'était pas préparé.

L'Ouzbékistan est une société plutôt conservatrice et dont les autorités ont à l'occasion cherché à bien faire passer le message en attaquant les méfaits perçus des modes importées, comme le hip-hop. Et certains artistes ouzbèkes renommés se sont heurtés aux professeurs de moralité qui ont jugé leur contenu excessivement sexuel.

Kamariddin Shaikhov, rédacteur du site populaire d'informations ouzbèke Qalampir.uz, raconte comment sa publication a été inondée de messages de personnes indignées après le concert de Robbie Williams.

“C'est bizarre que le chanteur apparaisse sur scène en robe et sans pantalon,” écrit Kamariddin Shaikhov. “Il a démontré un manque de respect pour notre culture en soulevant sa robe et en révélant ses parties arrières aux spectateurs. Qu'est ce que c'est que ça, un signe de son éducation ? Est-ce cela que vous appelez le respect pour le peuple ouzbèke?

De toute façon, ce n’est pas comme si l’Ouzbek moyen aurait pu s'offrir ce concert. Les billets se sont vendus entre 150 et 180 euros, un prix exorbitant (pour ne pas dire coûtant la peau des fesses) pour l'Ouzbékistan. Le salaire moyen ouzbèke ne s'élève qu'à environ 100 euros par mois.

Malgré cela, la salle de concert était complètement remplie.

Malgré les grognements provoqués par l’exhibition de son derrière, les fans de Robbie Williams l'ont quand même défendu. Ils ont été plus agacés par le prix des billets.

Zarina Ubaidullayeva, une habitante de Tachkent et admiratrice de l'artiste britannique, raconte que la fureur avait pris une proportion exagérée.

“C'était juste une blague. Ce n'est pas comme s'il avait couru tout nu sur scène. Il n'y a pas de raison de le juger aussi sévèrement,” raconte Zarina Ubaidullayeva à EurasiaNet.org. “Mais il y a aussi l'autre problème du prix élevé des billets, du coup je n'ai pas pu assister au concert. Vu que le concert était sponsorisé par Usmanov, il aurait pu garantir une entrée gratuite ou au moins demander un prix symbolique.”

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