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Le numérique comme partie intégrale de l'embellie économique en Côte d'Ivoire

Séance de formation d'Agitel à Abidjan 2017 by Modjou CC-BY-40

Après un redressement économique fort, de nombreuses réformes fiscales et règlementaires et le lancement d’importantes œuvres d’infrastructure, quelle sera la prochaine étape de l'évolution économique de la Côte d’Ivoire ?

Présenté par Alassane Ouattara en 2015, lors de sa réélection à la tête du pays, le plan national de développement de la Côte d’Ivoire (PND) avait pour objectif de faire du pays une puissance émergente à l’horizon 2020. Il vise pour cela à atteindre l’efficacité dans les interventions publiques et s’appuie sur la stabilité politique, la sécurité, un cadre macro-économique favorable, le développement des infrastructures et un accès privilégié aux marchés régionaux.
La communauté internationale et les principales institutions financières soutiennent les efforts du gouvernement ivoirien. En 2016, les bailleurs de fonds ont promis une aide de 15,4 milliards de dollars sous la forme de dons et de prêts en faveur du PND. Fin 2017, la Banque mondiale s’est engagée à doubler son soutien pour le porter à environ 5 milliards de dollars.

En février, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) a quant à elle annoncé la signature d’un nouvel accord de partenariat avec la société Entrepreneurial Solutions Partners (ESP) pour la promotion des PME. Le plan devrait créer quelque 2 500 emplois, dont 1 500 dans les zones rurales. Il vise à:

révolutionner l’entreprenariat en suscitant une génération de jeunes et de femmes leaders.

Pour ce programme, d’une durée de trois ans, l’USAID a alloué plus de 360 millions de francs CFA (690 498 dollars) auxquels s’ajoute une contribution de l’ESP de 427 millions de francs CFA (810 870 dollars). Cette contribution fait partie d’une assistance globale d’un montant de 380 millions de dollars.

Soutenir les leviers de croissance

La Côte d’Ivoire poursuit de son côté les réformes pour confirmer son regain de dynamisme. Afin de réduire les risques budgétaires et d’améliorer la gestion publique, le gouvernement s’est engagé à mieux contrôler ses dépenses dans le cadre d’un plan d’assainissement visant à réduire le déficit de ce secteur. Un audit financier a en outre permis de corriger de nombreuses irrégularités sur le marché du cacao.

Le pays, qui a renoué avec la croissance grâce à ses ressources naturelles, se mobilise face à la baisse des prix de la fève et autres matières premières. Le gouvernement souhaite mettre en œuvre de nombreuses actions pour la relance caféière et ambitionne de faire passer les revenus des producteurs de café de 60 milliards à 180 milliards de francs CFA d’ici 2020. Il soutient par ailleurs les efforts de l’Organisation interprofessionnelle agricole de la filière coton (Intercoton). Confrontée à une chute de la production de coton graine de 30 % (320 000 tonnes pour la saison 2016-2017), la filière a lancé un plan stratégique de développement afin d’améliorer les conditions de travail et de vie de tous les acteurs.

Miser sur les nouvelles technologies

Le développement des infrastructures est également au cœur de la stratégie ivoirienne. En octobre dernier, le premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, a annoncé des travaux dans le district d’Abidjan pour une valeur totale de 475 milliards de francs CFA. Il s’agit notamment de la réhabilitation du pont Félix Houphouët-Boigny et la construction de l’échangeur Akwaba, le quatrième pont reliant le Plateau à Yopougon et les autoroutes de contournement d’Abidjan.
Alassane Ouattara et Emmanuel Macron ont de leur côté lancé, en décembre, les travaux du métro de la capitale économique ivoirienne. Entièrement financé par la France (à hauteur de 1,4 milliard d’euros), le métro d’Abidjan devrait être opérationnel en 2022.

La Côte d’Ivoire continue de tracer sa route vers le statut de puissance africaine. Le secteur privé reste toutefois à la traîne en matière d’innovation. Selon la Banque mondiale:

en Côte d’Ivoire, la productivité du travail et du capital d’une entreprise est généralement trois à quatre fois inférieure à celle d’une entreprise en Indonésie, au Maroc ou en Chine.

Le message de l’institution financière internationale n’est cependant pas tombé dans l’oreille d’un sourd. L’Etat ivoirien affiche des progrès en la matière. En janvier, le gouvernement a mis en place « e-liasse », une plateforme électronique de la direction générale des impôts qui permet aux PME et PMI de faire le dépôt de leurs états financiers en ligne. Ce dispositif devrait permettre à l’Etat de constituer une base de données fiable avec une traçabilité des paiements fiscaux.
Un investissement dans les nouvelles technologies qui tire profit de l’embellie économique du pays.

1 commentaire

  • jentilisa

    Je vois très bien ici les collaborations bilatérales entre La Côte d’Ivoire et les pays et institutions de l’Ouest mais qu’en est-il des autres pays comme la Chine, ou l’Inde ou autres (coopération Sud-Sud)? N’y a-t-il pas ici une forme de paternalisme de l’Ouest vis-à-vis d’un pays d’Afrique comme la Côte d’Ivoire? Et mon souci, par ce texte, j’ai peur que GV soit dévenu un outil de propagande gouvernemental (en matière économique) ou ai-je tort?

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