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Netizen Report : Partout dans le monde, les activistes réclament des réponses de la part de Facebook

« Planète Facebook ou planète Terre ? » Carte des communications Facebook en 2010, réalisée par Paul Butler.

Le Netizen Report de Global Voices Advox offre un aperçu des défis, des victoires et des tendances émergentes en matière de droits numériques à travers le monde

Alors que le PDG de Facebook Mark Zuckerberg était auditionné par le Congrès américain les 10 et 11 avril 2018, les défenseurs des droits numériques du monde entier ont fait part de leurs propres témoignages, mettant en lumière l'expérience de millions d'utilisateurs confrontés à du harcèlement, de la discrimination et des menaces de violences sur la plateforme.

Au Sri Lanka, des groupes issus de la société civile ont adressé une lettre ouverte à Mark Zuckerberg dans laquelle ils soulignent que l'entreprise a échoué à plusieurs reprises à appliquer ses propres « Standards de la communauté ». La lettre met l'accent sur la guerre civile au Sri Lanka, officiellement terminée depuis 2009 mais dont le pays peine encore à se remettre.

Les auteurs citent notamment une publication Facebook datée de mars 2018, partagée alors que de violentes émeutes religieuses secouaient le centre du Sri Lanka et qui appelait au « meurtre de tous les musulmans, sans même épargner un enfant, car ce sont des chiens ». Malgré de nombreux signalements, la publication est restée en ligne sur Facebook durant six jours, l'entreprise ayant dans un premier temps répondu que la publication n'enfreignait pas les standards de la communauté.

Dans une autre lettre ouverte, des défenseurs des droits humains au Vietnam se sont contentés de poser cette question simple : « Facebook collabore-t-il avec un gouvernement connu pour réprimer l'expression [libre] ? »

Le groupe note que Monika Bickert, responsable de la gestion des politiques globales chez Facebook, s'est entretenue avec le ministre vietnamien de l’Information et des communications et aurait accepté de travailler de concert sur la surveillance et la censure des contenus. Les signataires poursuivent en décrivant comment la « cyber-armée » du gouvernement vietnamien, composée de milliers de « trolls » connectés, exploite la plateforme et les outils de Facebook en « organisant des signalements massifs de comptes appartenant à des activistes et en célébrant leurs victoires lorsque des comptes et des pages sont désactivés par Facebook ».

En Birmanie, des membres de la société civile ont rappelé Facebook à l'ordre suite aux déclarations de Mark Zuckerberg présentant leur travail en Birmanie comme un exemple d'engagement fort en temps de crise, à l'apogée de l'opération militaire birmane à l'encontre de la minorité musulmane Rohingya en 2017.

La coalition estime que les efforts de Facebook pour modérer les appels à la violence contre le peuple rohingya sont « l'exact opposé d'une modération efficace » et avance que le réseau social s'est montré « réticent à intégrer les acteurs locaux à la mise en place de solutions systémiques et [a fait preuve d’]un manque de transparence ».

Des revendications similaires ont également émergé aux États-Unis. Data for Black Lives, un réseau américain composé de scientifiques, d'activistes et d'organisations, a tiré la sonnette d'alarme à propos des discriminations raciales et économiques existant sur la plateforme Facebook et ses techniques publicitaires. Le groupe demande à Facebook de confier ses données à une fondation publique (un « public data trust »), ce qui permettrait aux chercheurs de pouvoir les analyser dans l'optique de « servir l'intérêt public », et enjoint l'entreprise à engager davantage d'Afro-américains au sein de ses équipes produit et ingénierie.

Suite aux auditions, Facebook s'est engagé à améliorer la transparence de ses publicités et de ses pages, et à permettre aux chercheurs universitaires d'accéder aux données internes de l'entreprise afin de nourrir des recherches indépendantes sur la plateforme. Seul le temps pourra dire si ces mesures aideront à résoudre les nombreuses questions soulevées par les lettres évoquées ci-dessus.

Le Vietnam inflige de lourdes peines de prison à six activistes

Six activistes, dont cinq sont des blogueurs actifs, ont été condamnés pour subversion à l'issue d'un procès d'une journée à Hanoï. Avec un panel de peines allant de sept à quinze ans derrière les barreaux, ils ont reçu les condamnations les plus lourdes que le Vietnam, État à parti unique, ait prononcé ces dernières années. Loa, un podcast produit par le groupe pro-démocratie Viet Tan, rapporte une déclaration de l'activiste Trương Minh Đức lors de son procès : « Je n'ai aucun regret. Aujourd'hui vous me jugez, mais demain cela pourrait être vous que l'on juge ».

Le défenseur des droits humains Ahmed Mansoor comparaît devant un tribunal émirati

Plus d'un an après l'arrestation et la détention d'Ahmed Mansoor par des officiers de sécurité, le défenseur des droits humains émirati a enfin comparu devant un tribunal. Il était détenu au secret depuis son arrestation. Aucune information sur d'éventuelles inculpations officielles ou sur le déroulé de l'audience n'a été communiquée publiquement. Les autorités accusent le défenseur d'avoir utilisé les réseaux sociaux pour « publier de fausses informations portant atteinte à l'unité nationale ».

Les autorités chinoises n'ont pas le sens de l'humour

Les autorités en Chine ont ordonné la fermeture de NeihanShequ, une application humoristique populaire, estimant que son contenu était devenu trop « vulgaire » et « banal ». Neihan permettait de mettre en ligne des blagues et des charades que les autres utilisateurs pouvaient commenter et juger via un système de votes. Zhang Yiming, le PDG de Toutiao, société mère de Neihan, a présenté des excuses publiques et promis que Toutiao renforceraient leurs capacités de modération en faisant passer les équipes chargées de filtrer les contenus de 6 000 à 10 000 employés.

Plus d'1 million d'Indonésiens affectés par Cambridge Analytica

Dans un communiqué de presse diffusé le 5 avril, Facebook a annoncé que les données personnelles de plus d'1 million d'Indonésiens auraient pu être collectées et utilisées par Cambridge Analytica dans le cadre de son travail pour le compte de la campagne présidentielle de Donald Trump. Le ministre de l'Information et des communications indonésien a annoncé qu’il n'hésiterait pas à bloquer Facebook à l'échelle nationale s'il s'avérait que ces données personnelles ont été exploitées ou détournées.

Au Guatemala, des trolls s'en prennent à un enquêteur mandaté par les Nations Unies

The Intercept a publié un article détaillé sur les activités de trolls quasi-professionnels au Guatemala, où une Commission des Nations Unies enquête actuellement sur la corruption et les finances de campagne de l'administration du Président Jimmy Morales. Au cours de l'année dernière, le juge colombien Iván Velásquez, à la tête de la Commission, est devenu la cible principale d'une campagne coordonnée de harcèlement politique et de désinformation en ligne.

Le département américain de la Sécurité intérieure intensifie les efforts de surveillance de journalistes

Aux États-Unis, le département de la Sécurité intérieure a annoncé le développement d'une base de données de journalistes et d'influenceurs dans le but de surveiller leurs productions et leurs activités en ligne. La base de données inclurait « des journalistes, des éditeurs, des correspondants, des influenceurs sur les médias sociaux, des blogueurs » et s'efforcerait d’ « identifier toute couverture médiatique liée au département de la Sécurité intérieure ou à un événement en particuler ».

Twitter a suspendu plus d'1,2 million de comptes pour « contenu terroriste »

Dans son 12ème rapport semestriel sur la transparence, Twitter a annoncé que plus d'1,2 millions de comptes avaient été suspendus pour « contenu terroriste » depuis août 2015. Entre juillet et décembre 2017, la plateforme a suspendu plus de 274 000 comptes pour cette même raison. Selon le blog de Twitter, 93% de ces comptes ont été « signalés par des outils internes et propriétaires » (comprendre, non humains) tandis que les comptes signalés par des gouvernements représentent moins de 0,2% du total des suspensions.

Nouvelles études [en français, anglais ou espagnol]

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