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Netizen Report : Quel est le point commun entre l'Iran, le Pakistan et la Russie ? L'interdiction de Telegram

Photo signée Christian Wiediger diffusée sur Unsplash. Libre de droit.

Le Netizen Report de Global VoicesAdvox offre un aperçu des défis à relever, des victoires obtenues et des tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde.

A quelques semaines d'intervalle, l'Iran et la Russie ont chacun tenté de bloquer le service de messagerie Telegram, alimentant l'inquiétude quant à l'avenir des applications mobiles sécurisées.

Un tribunal de Moscou a décrété l'interdiction [sauf mention contraire, tous les liens sont en anglais] de l'appli le 13 avril dernier, suite aux refus répétés du directeur général de Telegram de se conformer aux demandes lui enjoignant de livrer aux services de sécurité les clés permettant le cryptage de l'appli. 

Cependant, cette interdiction a été plus facile à ordonner qu'à concrétiser. Après que le Service fédéral de supervision des communications, Roskomnadzor, a ordonné aux FAI russes de rendre l'adresse IP de Telegram inaccessible à ses utilisateurs, l'entreprise visée a utilisé une solution alternative hébergée sur le cloud. 

Roskomnadzor a alors commencé à bloquer des millions d'adresses IP dans le but de fermer définitivement le service, ce qui a accessoirement eu pour effet de bloquer des sites commerciaux et d'autres plateformes de communication, parmi lesquelles Viber, Slack et Evernote.

Un peu plus tard dans le mois, la justice iranienne a ordonné le blocage de Telegram, demandant aux FAI de s'assurer de son inaccessibilité, même en cas de recours à des solutions de contournement.

Les autorités ont invoqué des raisons de sécurité nationale pour motiver leur décision de bloquer l'appli, laquelle avait déjà été censurée temporairement pendant les manifestations anti-gouvernementales de décembre 2017 et janvier 2018.

Depuis que l'injonction a été suivie d'effet, les Iraniens ont constaté un ralentissement de la circulation des données sécurisées et des problèmes de connexions aux plateformes type Apple Store et WhatsApp.

Ce n'est pas la première fois qu'un pays parvient à rendre Telegram inaccessible. En novembre 2017, le Pakistan a fait bloquer Telegram sur tous les réseaux de communication suite à un ordre émis par l'Autorité de Télécommunication du Pakistan.

L'organisme gouvernemental n'a toujours pas clairement expliqué la raison de cette interdiction, mais d'aucuns pensent qu'elle serait liée au cryptage qui caractérise Telegram et au sujet duquel son directeur général Pavel Durov refuse de faire un quelconque compromis.

En 2017, l'Indonésie a brièvement fait bloquer l'accès au service de messagerie au motif qu'il servait à diffuser de la “propagande terroriste”. Durov avait alors promis de prendre des mesures rapides pour faire fermer les canaux de diffusion publique véhiculant des “contenus liés au terrosrsme”.

Un changement de propriétaire de mauvais augure pour le dernier journal indépendant du Cambodge

La plus grande inquiétude règne quant à l'indépendance éditoriale du quotidien cambodgien The Phnom Penh Post. Elle fait suite à son rachat par Sivakumar S Ganapathy, directeur d'une entreprise malaisienne de relations publiques. Son rédacteur en chef Kay Kimsong a été licencié suite à son refus de retirer du site Internet du journal un article évoquant les liens entre le nouveau propriétaire et le Premier ministre cambodgien Hun Sen. Plusieurs chefs de service et journalistes ont démissionné en signe de protestation suite au renvoi de Kimsong.

Reporters Sans Frontières affirme qu'Israël a fait tirer sur des journalistes palestiniens

Depuis le début des manifestations à Gaza, le 30 mars dernier, les journalistes couvrant les événements ont plusieurs fois été la cible des tirs des soldats israéliens. Deux reporters palestiniens, Yasser Murtaja et Ahmed Abu Hussein, ont été tués, alors qu'ils portaient un équipement permettant de les identifier clairement comme faisant partie de la presse. Plusieurs autres ont été blessés par des balles réelles, des balles en caoutchouc et des gaz [en arabe]. Reporters Sans Frontières a demandé à la Cour pénale internationale d'ouvrir une enquête.

Il n'y a plus de journalistes emprisonnés en Ouzbékistan

Dans un geste salué par les défenseurs des droits humains, les autorités ouzbèkes ont libéré Bobomurod Abdulloev et Hayot Nasriddinov, deux journalistes détenus depuis la fin de l'année dernière pour “activités anti-constitutionnelles”. C'est la première fois en vingt ans qu'il n'y a plus un seul journaliste en prison en Ouzbékistan, pays connu pour avoir été l'un des régimes les plus autoritaires du monde. 

Des manifestants anti-Poutine se plaignent de perturbations de leurs communications

Alors qu'ils manifestaient contre le quatrième mandat remporté par Vladimir Poutine, des opposants au président russe ont constaté une dégradation du signal réseau de leurs téléphones mobiles, provoquée selon eux intentionnellement par les opérateurs téléphoniques. D'autres ont affirmé que leurs numéros de téléphone avaient été radiés à la demande des forces de l'ordre. L'un des opérateurs, Beeline, a nié avoir radié des numéros et a expliqué les dysfonctionnements du réseau par le fait qu'il était saturé.

Un réalisateur indien arrêté pour des tweets “désobligeants” à l'encontre du Premier ministre

La police de Mumbai a enregistré une plainte contre le réalisateur Ram Subramanian suite à des commentaires postés sur Twitter le jour de la Fête des mères et considérés comme étant désobligeants pour le Premier ministre Narendra Modi et sa maman. Très vite, le compte Twitter de Subramanian a été temporairement suspendu par la plateforme pour avoir “enfreint les règles de Twitter”.

Facebook détaille la façon dont sont appliquées les règles de la communauté

Pour la première fois, Facebook a publié un rapport se voulant transparent sur sa manière de gérer les contenus contrevenant aux règles de la communauté. Selon le texte, la majorité des posts supprimés par l'entreprise au cours des trois premiers mois de 2018 étaient des spams ou émanaient de faux comptes, 21 millions évoquaient la nudité adulte ou des actes sexuels, 3,5 millions ont été effacés ou ont reçu un message d'avertissement pour avoir montré des scènes violentes et, enfin, 2,5 millions ont été enlevés pour avoir promu un discours de haine. Précisant avoir recours à des techniques automatisées pour repérer les images de nudité et les contenus explicites, Facebook concède que celles-ci “ne fonctionnent pas très bien” pour contrer les discours haineux.

Une fuite donne accès à des documents expliquant la politique de modération de ses contenus d'Instagram

Motherboard s'est procuré des documents éclairant la façon dont Instagram gère ses contenus et révélant que la plateforme appartenant à Facebook s'autorise à désactiver tout compte qui contrevient à au moins deux points de son règlement ou dont plus de 30 % des images ne sont pas conformes à ce règlement ; celui-ci bannit entre autres toute référence à la vente de drogue, au suicide, à l'automutilation et au terrorisme, ainsi que la vengeance pornographique et les sollicitations d'ordre sexuel. Les modérateurs sont invités à suivre un processus de vérification progressif en passant en revue l'identifiant, puis la bio et la photo du profil, les images postées et, enfin, les commentaires.

Les employés de Google se prononcent contre l'implication de l'entreprise dans le business militaire

Plus de 3100 employés de Google ont signé une lettre protestant contre l'implication de l'entreprise dans le Projet Maven, une initiative financée par le Département américain de la Défense afin d'améliorer le ciblage des frappes de drones grâce à l'intelligence artificielle. Une seconde lettre, signée par plus de 700 chercheurs, exhorte les dirigeants de Google à soutenir un traité international interdisant l'usage des armes autonomes.

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Afef AbrouguiMahsa AlimardaniEduardo AvilaEllery Roberts Biddle, Rezwan Islam et Sarah Myers West ont contribué à la rédaction de ce rapport.

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