Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Mexique : “Nous avons des savoirs locaux que nous ont transmis nos ancêtres”

Le projet Histoires recadrées [en] demande à ses participants de réagir aux thèmes dominant la couverture médiatique les concernant. Ces articles se concentrent sur les réflexions de personnes plus souvent représentées dans les médias par d'autres qu’elles-mêmes. La génération de nuages de mots sur la plate-forme de Media Cloud [en], qui effectue des recherches dans des collections de médias d'une région donnée du monde, peut donner un aperçu aux participants de leur représentation dans les médias et leur donner une occasion de l'analyser. Ce projet s'abstient de porter une quelconque conclusion sur les données, mais au contraire, fournit le point de départ d'une discussion sur la forme qu'ils peuvent donner à leur propre représentation dans les médias numériques.

Gildardo Juarez Vega est membre de SURCO AC, une organisation militante de base spécialiste des médias communautaires. Il fait partie de la communauté ayuuk de Coatlán dans l’État de Oaxaca (Mexique), de culture ayuuk jaay (que l'on appelle aussi les Mixes). Voici la transcription du document audio qu'il a réalisé de l'analyse du nuage de mots pour le terme “indigène“.

Mots dominants extraits de 26.189 articles publiés entre mai 2017 et mai 2018 mentionnant le mot “indigène” dans deux collections de médias mexicains en langue espagnole de Media Cloud. Cliquez  pour agrandir l'image.

En la nube de palabras, dicen que somos pueblo, comunidades, ¿o incluso parte de una nación? Dicen que tenemos una lengua, que tenemos derechos. También dicen que vivimos de programas sociales, y sobre todo somos muy mencionados en la publicidad oficial creo que para justificar recursos económicos ¿malversados?

Y dicen que somos Marichuy (María de Jesús Patricio Martínez), somos la vocera del CNI (Congreso Nacional Indígena), somos la candidata.

Nuestro pueblo ha vivido y sobrevivido gracias a muchos conocimientos locales, para la siembra, cosecha, salud, construcción, cuidado del entorno, etc. Pero sobre todo, tenemos una relación de respeto mutuo con la naturaleza. Nuestro forma de vida y organización como pueblo es diversa, dinámica y contradictoria.

Parece ser que en la nube de palabras no se posiciona que las comunidades indígenas tenemos y generamos conocimientos. Tenemos saberes locales que nos enseñaron nuestros abuelos. Cada pueblo indígena tenemos historias, leyendas y mitos fundacionales, y de procesos comunitarios y de lucha.

La historia que queremos contar es que somos ayuuk ja’ay, porque tenemos en común una historia, lengua, espiritualidad, conocimientos, etcétera. Yo soy ayuuk ja’ay, pero no tan a gusto como mixe ni como indígena.

Dans le nuage de mots, ils disent que nous sommes un peuple, une communauté (et même que nous faisons partie d'une nation ?). Ils disent que nous avons une langue, que nous avons des droits. Ils disent aussi que nous dépendons de programmes sociaux, et surtout que nous sommes souvent mentionnés dans les publicités officielles pour justifier des moyens économiques. (Des fonds détournés?).

Ils disent aussi que nous sommes Marichuy (María de Jesús Patricio Martínez), que nous sommes la porte-parole du CNI (Congrès national indigène), que nous sommes la candidate (à la présidence).

Notre peuple a vécu et survécu grâce aux nombreux savoirs locaux sur les semailles, les moissons, la santé, les techniques de construction, la défense de l'environnement, etc.. Mais surtout, nous entretenons une relation de respect mutuel avec la nature. Notre mode de vie et notre organisation en tant que peuple sont divers, dynamiques et contradictoires.

Apparemment, dans le nuage de mots, on ne parle pas des connaissances que les communautés indigènes possèdent et génèrent. Chaque peuple indigène a une histoire, des légendes et des mythes fondateurs dont découlent ses processus communautaires et ses combats.

L'histoire que nous voulons raconter, c'est que nous sommes ayuuk ja’ay parce que nous avons en commun une histoire, une langue, une spiritualité, des connaissances, et cetera. Je suis ayuuk ja’ay, mais je ne me sens pas aussi à l'aise en tant que mixe ou indigène.

Cet article fait partie d'une série de Rising Frames réalisée dans le cadre d'une activité organisée par SURCO A.C. basée à Oaxaca, au Mexique. Un atelier a été organisé du 29 au 30 mai 2018 à Oaxaca, au Mexique, réunissant des représentants de divers collectifs et groupes, en particulier des stations de radio communautaires locales, afin d'examiner comment ils sont représentés dans une collection de médias mexicains et de créer des articles en réponse à cette représentation.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
* = required field
Non merci, je veux accéder au site