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Netizen Report : hécatombe dans les médias indépendants au Cambodge et en Tanzanie

Un kiosque à journaux annonçant le quotidien indépendant The Citizen à Dar Es Salaam, en Tanzanie. Photographie de Adam Jones, licence Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Le Netizen Report de Global Voices Advox offre un aperçu des défis, des victoires et des tendances émergentes en matière de droits numériques à travers le monde.

À l'approche des élections de juillet 2018, le Comité national des élections du Cambodge a publié une série de plans destinés à surveiller et contrôler les informations en ligne.

Un nouveau groupe de travail interministériel, constitué pour enquêter sur les médias réputés répandre de « fausses nouvelles », a mis en place une nouvelle réglementation interdisant aux journalistes d'exprimer leurs « opinions personnelles et leurs préjugés » dans leurs reportages, de publier des nouvelles qui « nuisent à la stabilité politique et sociale », de mener des entretiens dans les bureaux de vote et de diffuser des nouvelles qui pourraient semer « la confusion ou entraîner une perte de confiance » dans les élections. Les contrevenants sont passibles d'amendes pouvant aller jusqu'à environ 6.400 euros.

Le ministère de l'Information sera habilité à censurer les sites internet et les pages des médias sociaux qui violeront la réglementation. Les fournisseurs de services Internet seront tenus d'installer un logiciel permettant au ministère des Postes et des Télécommunications de « filtrer ou bloquer facilement tous les sites internet, comptes et pages de réseaux sociaux jugés illégaux ».

Ces mesures font suite à la disparition des deux seuls journaux indépendants du pays, The Phnom Pehn Post et The Cambodia Daily. Après avoir été informé qu'il devait s'acquitter d'une lourde dette fiscale,The Daily Cambodia a cessé ses activités en septembre 2017. Quant au Post, il a été vendu par son propriétaire et appartient désormais à Sivakumar S. Ganapathy, directeur général d'ASIA PR, une société malaisienne de relations publiques ayant travaillé pour le compte du parti au pouvoir et du premier ministre Hun Sen.

En Tanzanie, un « impôt sur les blogues » décrié est entré en vigueur le 15 juin et exige que les blogueurs et propriétaires de sites internet indépendants s'inscrivent et paient environ 780 euros par an pour avoir le droit de publier en ligne.

Pour être en règle, les propriétaires de blogues et d'autres contenus en ligne, tels que les chaînes YouTube, ont dû s'acquitter des droits de licence au 15 juin sous peine d'être soumis à une amende « d'au moins cinq millions de shillings tanzaniens » (environ 2.200 euros) ou à une peine d'emprisonnement « d'au moins douze mois, ou les deux ».

Plusieurs grands sites d'information indépendants ont mis la clé sous la porte de manière préventive, affirmant que les coûts étaient élevés, tant sur le plan financier que sur le plan juridique. Le très populaire Jamii Forums, surnommé le « Reddit de Tanzanie » et le « Wikileaks swahili », a choisi de fermer la semaine dernière au motif que la loi crée des obstacles réglementaires insurmontables pour des sites comme le sien. En décembre 2016, la police tanzanienne avait arrêté Maxence Melo, le cofondateur et directeur de Jamii Forums, pour avoir refusé de révéler des informations sur ses membres, une demande faite en vertu de la Loi sur la cybercriminalité.

Reporters sans frontières a demandé au gouvernement d'abroger le nouveau règlement.

Un écrivain bangladais défenseur de la laïcité est assassiné en public

Au Bangladesh, l'écrivain laïc Shahzahan Bachchu a été abattu près de Munshiganj, sa ville natale. Il était considéré comme un véhément défenseur de la laïcité et avait publié des poèmes et des ouvrages sur l'humanisme et la libre pensée. Il aurait été traîné hors d'une pharmacie et abattu par des hommes à moto.

Sa mort intervient après une série d'attaques ciblant les humanistes et les libres penseurs au Bangladesh, dont les meurtres des écrivains et défenseurs du numérique Avijit Roy, Washiqur Rahman, Ananto Bijoy Das et Niloy Neel. Des fonctionnaires du gouvernement, dont le premier ministre Sheikh Hasina ont déclaré par le passé que les athées étaient la cible d'attaques parce qu'ils avaient critiqué la religion.

Un blogueur algérien condamné à dix ans de prison pour une interview vidéo

Le blogueur algérien Merzoug Touati a été condamné à dix ans de prison à la fin du mois de mai pour avoir réalisé des reportages en ligne sur les grèves contre les mesures d'austérité, les manifestations dénonçant la précarité d'emploi et les violations des droits de l'homme. Merzoug Touati, emprisonné depuis janvier 2017, a été reconnu coupable d'avoir fourni « des renseignements à des agents d'une puissance étrangère susceptibles de nuire à la position militaire et diplomatique de l'Algérie et à ses intérêts économiques » après avoir réalisé un entretien en ligne avec un responsable israélien. On s'attend à ce qu'il fasse appel.

Un utilisateur de Facebook en Inde arrêté pour s'être plaint du mauvais état d'une infrastructure

Au Kerala, en Inde, un homme a été arrêté par la police pour avoir publié sur Facebook un billet au sujet d'une route endommagée dans lequel il demande à la politicienne locale d'y remédier. Cette dernière a allégué que le billet était « diffamatoire » et insultait son sexe et sa religion. Elle a déposé une plainte auprès de la police qui a ensuite procédé à l'arrestation. L'homme a été libéré sous caution peu de temps après.

Une journaliste russe obligée de démissionner à la suite de commentaires publiés sur Instagram

La reporter russe Alexandra Terikova a été obligée de démissionner après avoir publié sur Instagram une vidéo dans laquelle des élèves de maternelle chantent une chanson pour le président russe Vladimir Poutine et pour avoir ensuite accordé une entrevue à une chaîne indépendante. La vidéo avait été publiée accompagnée d'un mot-clic sarcastique et d'un message critiquant le ton chauvin de la chanson.

Une condamnation à mort et une vidéo virale marquent la fin de Telegram en Iran

Un Iranien risque la peine de mort pour avoir laissé les utilisateurs exprimer librement leurs opinions sur sa chaîne Telegram. Hamidreza Amini doit comparaître le 25 juin pour les chefs d'accusation suivants :  « insulte au Prophète », « outrage au Guide suprême », « atteinte à la sécurité nationale », « propagande contre l'État » et « trouble à l'ordre public ».

Après son arrestation, M. Amini a été détenu en isolement cellulaire et interrogé sans avoir accès à un avocat. Il a entamé une grève de la faim le 3 juin pour protester contre ses conditions de détention. Selon le Centre iranien des droits de l'homme, il a été hospitalisé, mais aurait été renvoyé en prison avant de recevoir un traitement adéquat.

Le 30 avril, la justice iranienne a ordonné le blocage de Telegram pour des raisons de sécurité nationale. Depuis, une chanson du groupe musical iranien DasandazBand, qui parodie le filtrage de Telegram, est devenue virale sur les réseaux sociaux. Elle se moque des tentatives du gouvernement pour amener les Iraniens à adopter la plate-forme de messagerie Soroush développée par l'État.

Les principaux sites d'information bloqués au Venezuela

Deux médias vénézuéliens qui ont couvert les crises politiques et économiques du pays au cours des quatre dernières années ont été déconnectés des principaux réseaux de fournisseurs d'accès à Internet affiliés à l'État au cours de la première semaine de juin. Des témoignages et des tests techniques ont confirmé que La Patilla et El Nacional étaient inaccessibles sur CANTV, le plus grand fournisseur de télécommunication du pays, qui est contrôlé par l'État.

Ce blocage faisait suite à une amende d'un milliard de bolivars vénézuéliens (environ 8.600 euros) infligée à El Nacional, suite à des allégations de l'État selon lesquelles le journal aurait causé des dommages moraux au vice-président du Parti socialiste unifié du Venezula (PSUV), Diosdado Cabello, quand il a servi comme président de l'Assemblée nationale.

Le site internet d'un parti politique pakistanais a été bloqué

À la veille des élections qui auront lieu le 25 juillet au Pakistan, le site du parti politique Awami Workers a été bloqué par plusieurs fournisseurs d'accès à Internet au Pakistan pendant au moins trois jours. Malgré une lettre adressée à la commission électorale et à l'Autorité des télécommunications du Pakistan (responsable du blocage), les dirigeants du parti n'ont obtenu aucune explication.

Le Tribunal électoral du Brésil donne le coup d'envoi de la nouvelle réglementation sur les fausses nouvelles

Le 7 juin, le Tribunal supérieur électoral du Brésil (TSE) a ordonné à Facebook de retirer « des informations mensongères sur la candidate [présidentielle] Marina Silva » dans les quarante-huit heures suivant la décision. C'est la première fois qu'une injonction est émise en vertu d'une résolution de 2017 visant à réguler la propagation de la désinformation lors des élections de 2018.

Le tribunal a statué en faveur de la candidate présidentielle et de son parti politique, Rede, qui a contesté cinq liens publiés en 2017 par la page du « Partido Anti-PT » de droite (le parti contre les travailleurs, en portugais). Cette dernière affirmait que Marina Silva faisait l'objet d'une enquête dans le cadre de l’Opération Lava-Jato, une enquête majeure sur le blanchiment d'argent impliquant plus de cent politiciens et dirigeants brésiliens du secteur pétrolier. Il n'y a pas eu d'accusation de corruption formelle portée contre Marina Silva. La page du parti compte plus de 1,7 million d'abonnés.

La France adoptera-t-elle vraiment un projet de loi contre les fausses nouvelles ?

Le parlement français a commencé à débattre d'un nouveau projet de loi proposé par le gouvernement visant à freiner la « manipulation de l'information » dans les trois mois précédant une élection. La loi permettrait aux candidats de se plaindre de fausses informations diffusées en ligne à leur sujet et les juges disposeront de 48 heures pour statuer sur un cas. Les députés de gauche et de droite de l'opposition ont dénoncé le projet de loi au cours d'une session parlementaire le 7 juin.

Nouvelles études (en anglais)

 

 

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