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Qui sont donc ces candidats qui briguent le fauteuil présidentiel au Mexique ?

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Élections au Mexique. Photographies de ProtoplasmaKid utilisées sous licence CC-BY-SA 4.0.

Ce qui suit est le second volet d'une série de quatre articles destinés à fournir un aperçu global du contexte dans lequel vont se dérouler les prochaines élections au Mexique [fr] le 1er juillet 2018. Sauf mention contraire, les liens de cet article renvoient vers des pages en espagnol.

Précédemment, nous avons fait un bref rappel de l'histoire des élections [fr] au Mexique et de certains faits antérieurs s'y rapportant. Il est temps de nous intéresser à présent aux candidats qui aspirent à gouverner un pays dont les citoyens — comme dans de nombreuses parties du monde — ont une vision désenchantée de la classe politique en général et des soupçons d'abus et de corruption qui l'ont entachée ces dernières années.

Sans plus attendre, passons à la présentation des prétendants à la prochaine succession présidentielle.

Ricardo Anaya

Pour rétablir la paix, il faut que les gens aient un emploi stable et bien payé. C'est pourquoi, avec mon gouvernement, nous allons faire en sorte d'encourager l'investissement et que pour tous les habitants de Morelia, tout aille mieux.

Ricardo Anaya Cortés [fr] est le porte-drapeau de la coalition qui regroupe le Parti action nationale [fr] (PAN), le Parti de la révolution démocratique [fr] (PRD) et la formation Mouvement citoyen (MC). Cette alliance, hautement pragmatique, a été critiquée pour avoir réuni un parti conservateur ou de droite (le PAN) à un parti considéré comme libéral ou de gauche (le PRD). 

A 39 ans, M. Anaya est le plus jeune des prétendants. Il n'a jamais exercé de mandat exécutif, mais a occupé des fonctions législatives aux niveaux local et fédéral. 

Ses détracteurs l'accusent, par presse interposée, de corruption pour l'achat d'un immeuble à usage industriel, lié, d'après eux, à une affaire de blanchiment d'argent.

José A. Meade

Image : “Ce n'est pas un candidat que nous allons élire, mais un président. Je n'ai aucun doute, et vous non plus : je suis le meilleur”

Tweet : Je n'ai aucun doute MeadePresidente.

Bien qu'il ne soit pas officiellement militant du Parti révolutionnaire institutionnel [fr] (PRI), José Antonio Meade Kuribreña [fr] a été désigné comme le candidat du parti à la succession présidentielle. Il a exercé de nombreuses fonctions dans l'administration publique, que ce soit au temps du PAN ou sous le mandat du “priiste” [membre du PRI, NdT] Enrique Peña. Il a occupé successivement les ministères des Relations extérieures, des Finances et du crédit publics, du Développement social et de l'Énergie. 

Tout en entrant dans la bataille présidentielle pour le compte du PRI, M. Meade représente deux autres partis, le Parti vert écologiste du Mexique [fr] (PVEM) et le Parti nouvelle alliance [fr] (PANAL).

Bien qu'il ait présidé le ministère du Développement social, alors impliqué dans une affaire de fraude (communément appelée “La Estafa Maestra” : l'arnaque magistrale) dénoncée par des journalistes indépendants et une organisation non gouvernementale, José Meade n'a fait l'objet d'aucune accusation directe pour corruption. De plus, il a été brièvement ministre de l'Énergie pendant l'élaboration de la réforme constitutionnelle concernant l'énergie.  

Andrés M. López

Le 1er juillet, nous allons gagner et nous ne décevrons pas le peuple. Le pouvoir n'a de sens, et n'est une vertu, que s'il se met au service des autres.

Andrés Manuel López Obrador [fr] participe à cette campagne pour le parti politique qu'il a fondé : le Mouvement de régénération nationale [fr] (MORENA). Il a été candidat à la présidence lors des deux élections précédentes. En 2006 (il était alors au PRD), les résultats ne lui étant pas favorables, il s'est autoproclamé “Président légitime”.

M. López (qu'on appelle aussi par ses initiales, AMLO) a été Chef du gouvernement de la ville de Mexico. Durant son mandat, de nombreuses affaires de corruption ont été rendues publiques. Elles mettaient en cause ses plus proches collaborateurs. L'un d'entre eux (René Bejarano) a été surpris en flagrant délit recevant plusieurs millions en espèces dans une vidéo rendue publique en plein journal télévisé diffusé au niveau national.

Les propositions de M. López sont les plus connues et les plus faciles à identifier. Elles prônent l'amnistie des criminels dans le contexte du conflit armé, et l'abandon des réformes entreprises par le président actuel (sur l'énergie et l'éducation, en particulier). Il est considéré comme le plus populiste des candidats.

Alors qu'il prétend être un parti politique libéral ou de gauche, le MORENA se retrouve associé dans cette course présidentielle au Parti rencontre sociale (PES) réputé comme étant ultra conservateur.

Jaime Rodríguez

Image : “Dans ce pays, ce sont les juges et les magistrats qui font l'impunité”

Tweet : Il faut nettoyer ce système corrompu de fond en comble, et je vais le faire. Pourquoi ? Parce que le Mexique mérite que la justice règne, que les citoyens soient entendus et surtout, qu'ils puissent vivre en paix et faire confiance aux autorités. Votez RT si vous voulez en finir avec la corruption.

Jaime Heliodoro Rodríguez Calderón, surnommé “El Bronco” se présente comme candidat indépendant, malgré son appartenance passée au PRI. Il est actuellement gouverneur du Nuevo León [fr], une fonction à laquelle il a aussi accédé comme indépendant.

Sa présence dans la campagne est sérieusement contestée. En effet, la commission électorale soutient que “El Bronco” a commis plusieurs irrégularités pour parvenir à remplir les obligations imposées par la loi pour accéder à ce type de candidature. Pour finir, c'est le tribunal électoral qui a ordonné l'enregistrement de sa candidature.

Sa proposition la plus commentée est celle de “mochar” (amputer) les mains des fonctionnaires corrompus. Il a évoqué cette idée lors du premier débat auquel ont participé les candidats fin avril 2018. “El Bronco” n'a pas hésité à préciser qu'il emploie “mochar” au sens “littéral” du terme.

Margarita Ester Zavala Gómez del Campo, autrefois militante du PAN, s'était elle aussi présentée comme candidate indépendante. Mme Zavala est l'épouse de l'ancien président Felipe Calderón [fr] et a été députée à l'Assemblée législative.

Mais elle a annoncé le 15 mai 2018 son souhait de se retirer de la campagne présidentielle. 

Voici donc la description des aspirants à la succession de Enrique Peña [fr] comme président du Mexique. Dans notre prochain article, nous parlerons des enquêtes d'opinion et nous dresserons le panorama du pays que ces individus veulent gouverner. 

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