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Entre criminalité et guerre commerciale, à quoi devra s'attendre le prochain président mexicain ?

Infographie de Pictoline. Les chiffres ci-dessus représentent le nombre de politiciens assassinés depuis le début du processus électoral. « Le Mexique est en train de traverser la période électorale la plus violente de ces dernières années et les chiffres sont alarmants ». Image utilisée avec permission.

Voici la troisième partie de notre série dédiée aux élections mexicaines qui se tiendront le 1er juillet 2018. Dans la première, nous nous étions intéressés aux antécédents [fr] de la démocratie mexicaine après 70 ans de gouvernement d'un parti hégémonique. Dans la seconde, nous avions brièvement présenté chacun des quatre candidats [fr] aspirant à accéder au poste présidentiel. Dans ce dernier arrêt sur image, nous nous penchons sur les sondages et sur l'état dans lequel se trouve actuellement le pays.

Que disent les sondages ?

Après les trois débats organisés par les autorités électorales à la mi-juin, il restait aux Mexicains deux semaines pour se rendre aux urnes. Les agences de sondages (Consulta MitofskyB&LGCE [es] parmi tant d'autres) et de statistiques électorales (Oraculus) identifient un leader incontestable. Toutes signalent de manière systématique que le candidat Andrés Manuel López [en] se place en tête de la course présidentielle avec presque 50 % des intentions de vote, suivi de loin par Ricardo Anaya [fr].

Comme nous l'avions expliqué dans le second articlepartie, Andrés M. López a été nommé par le parti politique qu'il a fondé en 2011 (Mouvement de régénération nationale [fr] – MORENA) après avoir concouru sans succès pour la présidence à deux reprises.

Comme nous l'avions remarqué dans le premier article, le Mexique subit encore les conséquences des conflits armés qui ont lieu depuis 2006 lorsque le Président de l'époque, Felipe Calderón, déclara la guerre contre le crime organisé. Depuis, les violences n'ont fait que de s'intensifier. Aucune trêve ni cessez-le-feu ne sont anticipés, même en pleine période électorale.

C'est dans ce contexte hostile que 112 candidats politiques ont été assassinés depuis l'enclenchement du processus électoral, comme l'illustre cette infographie de Pictoline [es] :

Image: 112 politiciens ont été assassinés au Mexique depuis le début du processus électoral ; 42 étaient candidats ou pré-candidats à des mandats électifs ; le plus grand nombre de meurtres a eu lieu à Guerrero, Puebla, Veracruz, et dans l’État de Mexico.

Tweet: Le Mexique est en train de traverser la période électorale la plus violente de ces dernières années et les chiffres sont alarmants.

« Les criminels en sortiront gagnants »

Le journal El Financiero a rapporté les propos suivants du militant Orlando Camacho [es] :

La violencia es lamentable, es un reflejo de la debilidad institucional; estas elecciones están siendo la radiografía exacta de la realidad del país en materia de violencia.

La violence est lamentable, c'est un reflet de la fragilité institutionnelle ; ces élections sont la radiographie exact de la réalité du pays en matière de violence.

Le professeur Jesús Silva-Herzog a quant à lui récemment écrit [es] dans le journal local El Siglo de Durango :

Hace unas semanas Eduardo Guerrero anunciaba en su artículo de El financiero al seguro ganador de las elecciones del 2018. No hacía proyecciones con los datos que arrojan las encuestas. No se refería a la elección presidencial. Hablaba de las organizaciones criminales que, sin aparecer formalmente en la boleta, están decidiendo la elección. Podemos estar seguros de que ganarán los criminales, adelantaba el experto en seguridad. Ganarán porque están eliminando a sus enemigos y porque han sometido a quienes ocuparán puestos en las alcaldías que son vitales para sus intereses.

Il y a quelques semaines, Eduardo Guerrero annonçait le grand vainqueur des élections de 2018 dans un article paru dans El Financiero. Il ne faisait pas de projection à partir des données recueillies dans les sondages. Il ne faisait pas référence à l'élection présidentielle. Il parlait des organisations criminelles qui, sans paraître formellement dans les bulletins de vote, décident des élections. On peut être sûr que ce sont les criminels qui en sortiront gagnants, avançait alors l'expert en sécurité. Ils gagneront parce qu'ils éliminent leurs ennemis et parce qu'ils sont parvenus à subjuguer ceux qui occuperont des postes dans les mairies qu'ils considèrent vitales pour leurs intérêts.

Il conclut [es] ainsi :

Hoy en México no se accede al poder mediante las armas pero se define el acceso al poder mediante las armas.

Aujourd'hui au Mexique, on n'accède pas au pouvoir par les armes mais on contrôle l'accès au pouvoir par les armes.

Ce climat de violence généralisée n'est pas passé inaperçu auprès de certains médias internationaux, comme El País qui a rapporté [es] que deux candidats à Oaxaca et Puebla (au sud du Mexique) ont été tués dans l'espace de 24 heures.

Négociation commerciale ou guerre économique ?

En même temps que ces incidents, le Mexique se trouve également en plein cœur d'une renégociation de l’Accord de libre échange nord-américain [fr] (ALENA, également connu sous le sigle TLCAN en espagnol) avec ses partenaires principaux et voisins régionaux : les États-Unis d'Amérique et le Canada.

La renégociation de l'accord a lieu après que Donald Trump a promis a ses soutiens d'établir des conditions plus favorables à son pays.

Le Président américain a également soutenu que le Mexique bénéficie de l'ALENA de manière disproportionnée et s'est livré à des remarques dénigrantes vis à vis du phénomène migratoire. L'exemple le plus récent a été de qualifier « d'animaux » certaines personnes arrivant aux États-Unis depuis la frontière mexicaine.

Cependant, pour en revenir à l'économie, la situation commerciale du Mexique est devenu difficile du fait des tarifs douaniers sur les produits importés, ordonnés par Donald Trump, lesquels ont provoqué des mesures de rétorsion de la part du Mexique.

Certains médias [es] d'information et d'opinion du Mexique, parmi lesquels SinEmbargo, ont qualifié la situation de « guerre commerciale [es] »

Dans la prochaine partie, nous aborderons le thème des élections présidentielles du point de vue de la liberté d'expression et nous discuterons des échanges brûlants qui ont eu lieu sur les réseaux sociaux, en particulier sur Twitter.

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