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Les Cubains invités à débattre de leur nouvelle constitution sur des plateformes numériques

De jeunes Cubains profitent du service d'accès public au wifi sur une place de la Havane. Photo par “Kaldari”. Diffusée sous la licence Creative Commons CC0 1.0 Universal Public Domain Dedication.

La nouvelle constitution cubaine est actuellement le sujet d'un débat populaire soutenu par le gouvernement à travers l'ensemble du pays. Afin d'encourager une plus grande participation des citoyens, plusieurs nouveaux outils en ligne invitent les Cubains de tous horizons, et notamment ceux qui vivent à l'étranger, à partager leurs opinions et idées autour des propositions de réformes constitutionnelles.

Le débat populaire a été lancé le 13 août dernier et se poursuivra jusqu'au 15 novembre prochain, après quoi les idées de modifications pertinentes feront l'objet d'un vote.

Parmi les points clés de ce projet, on compte notamment la disparition du communisme comme source principale de l'idéologie de l’État, ainsi que l'article 68, qui définit le mariage comme l'union de deux personnes dotées de la pleine capacité juridique. Ce dernier point ouvre notamment la voie à l'union légale entre des personnes du même genre, interprété par beaucoup comme étant le feu vert pour l'égalité d'accès au mariage.

“Nation et émigration”

Parmi les outils disponibles en ligne, on retrouve notamment un espace dédié sur le portail web “Nation et émigration“, mis en place par le Ministère des Affaires étrangères de Cuba.

Capture d'écran de l'espace en ligne dédié au partage des opinions et observations via la plateforme du gouvernement. La page contient le projet de réforme de la constitution et l'image montre un lien qui donne accès à un document d'aide pour rentrer ses données et partager son opinion.

La plateforme numérique a été lancée au début du mois de septembre. Ce site contient différents articles et documents permettant de guider les utilisateurs, ainsi qu'un formulaire en ligne dans lequel il est possible d'indiquer ses commentaires et observations. Toutefois, la société civile, qui ne souhaitait pas attendre que cette section soit mise en ligne, s'est tournée vers les réseaux sociaux afin de lancer le débat sur des pages internet hébergées par Facebook, ou à travers des articles publiés sur des médias en ligne, tels que Granma or Cubadebate, tous deux détenus par le gouvernement cubain.

Le projet Postdata Club

De son côté, le professeur d'université et docteur en sciences Yudivian Almeida, ancien blogueur et participant au projet Bloggers Cuba, a développé un outil en ligne qui facilite la publication organisée des commentaires aux articles de la proposition, offrant ainsi un espace commun à l'ensemble des échanges informels.

Cet outil se trouve sur le site du projet Postdata Club, dirigé par Almeida, et qui fonctionne avec Disqus, un outil d'hébergement et de gestion des commentaires sur les blogs et communautés en ligne.

Dans une interview réalisée par Milena Recio pour Oncuba Magazine, Almeida explique que la majorité du contenu disponible sur le site est supporté par des technologies qui s'appuient sur des services d'hébergement en ligne, ce qui signifie que les utilisateurs peuvent y avoir accès sur leurs appareils numériques, même lorsqu'ils ne sont pas connectés à internet. Il ajoute que ce paramètre s'avère très utile aux Cubains qui ont un accès limité à internet à l'intérieur des terres, et rend le projet unique en permettant à ces derniers d'accéder au texte de la nouvelle Constitution et de le comparer avec l'actuelle.

Capture d'écran du site PostData, dédié au débat sur le projet de réforme de la Constitution. Sur la gauche, les utilisateurs ont accès à différents articles qu'ils peuvent lire au milieu de la page. Le débat, alimenté par Disqus, peut être suivi en bas de l'image. Chaque article présente un nouvel espace de discussion, semblable aux espaces réservés aux commentaires sur les blogs ou autres outils web 2.0.

Par ailleurs, l'outil peut être utilisé aussi bien par des personnes vivant sur le territoire national que par ceux qui résident en dehors de l'île. Pour de nombreuses personnes qui participent déjà aux échanges en ligne, la participation au processus de consultation des Cubains résidant à l'étranger est susceptible de leur ouvrir la voie vers le droit de vote.

Almeida explique également que c'est un outil simple, qui n'est pas destiné à remplacer les échanges encouragés par le gouvernement et qui continuera d'évoluer avec ses utilisateurs :

En un espacio como este no hay que pedir la palabra, no existe un horario para debatir. Se puede ir argumentando en la medida en que se le ocurran respuestas, interrogantes, o planteamientos. Se sale de las condiciones físicas y temporales que tiene la consulta popular.

Dans un espace comme celui-ci, personne n'a besoin de demander pour prendre la parole, et les débats peuvent se faire à toute heure. Quiconque a en tête des solutions, des questions ou bien des propositions, peut prendre part au débat. Cela permet de s'affranchir des contraintes de lieu et de temps fixées par une consultation publique.

Ce projet de réforme de la Constitution cubaine est en préparation depuis 2013. Une commission désignée par l'Assemblée nationale du pouvoir populaire, sous l'actuelle législature, a présenté la version examinée par les députés lors de la séance ordinaire de l'Assemblée nationale des 21 et 22 juillet dernier.

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