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Netizen Report : le gouvernement éthiopien bloque l'accès à Internet dans la capitale sur fond de heurts ethniques et politiques

Manifestation dans la région Oromo en Ethiopie, en 2016. Photo extraite de la page Facebook d’Abdi Lemessa avec son accord.

Le Netizen Report de Global Voices Advox offre un aperçu des défis à relever, des victoires obtenues et des tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde.

Cinq mois après l’entrée en fonction du nouveau Premier ministre Abiy Ahmed, Addis-Abeba a été envahie mi-septembre par des manifestations liées aux tensions ethniques et à la politique menée en matière de droit foncier qui ont entraîné la mort d’au moins 20 personnes [tous les liens sont en français ou en anglais].

Lundi 17 septembre, apparemment en vue de contrer les troubles sociaux, l’accès au réseau Internet mobile a été fermé dans toute la capitale. La compagnie publique Ethio Telecom, seul fournisseur de services Internet et de téléphonie du pays, n’a fait aucune déclaration sur le sujet.

Abiy Ahmed est entré en fonction en avril 2018, après presque de trois ans de manifestations de masse, de conflits ethniques et d'interventions militaires musclées dans certaines régions du pays. L’ancien Premier ministre Hailemariam Desalegn avait démissionné de lui-même de ses fonctions en février 2018, après que sa coalition, auparavant au pouvoir, ait éclaté sans espoir de retour en arrière, ouvrant la voie à l’élection d’Ahmed.

Salué en tant que réformateur, le nouveau Premier ministre a ordonné la libération de milliers de prisonniers politiques, fait remplacer les hauts responsables de la police et de la sécurité du régime précédent et travaillé à un rapprochement avec l’Érythrée. Il a également fait lever l’état d’urgence, institué par intermittence depuis 2015.

La recrudescence des manifestations et le blocage d’Internet qui s’en est suivi, deux marqueurs évoquant la vie publique sous le précédent régime, font craindre que les efforts d’Ahmed pour rétablir la paix et œuvrer en faveur des droits humains dans le pays ne soient voués à l’échec.

Dans un tweet, le militant et ancien prisonnier d'opinion Atnaf Brhane a réagi avec ironie à la décision du gouvernement de couper l’accès à Internet :

- Le 22 juin, le gouvernement a annoncé avoir mis fin au blocage des sites Internet jugés critiques envers le gouvernement.
– Le 17 septembre, le gouvernement a fermé l’accès au réseau Internet mobile dans la capitale, Addis-Abeba, suite à une manifestation dénonçant une attaque menée pour des raisons ethniques

Un journaliste ukrainien arrêté par la police kazakhe

Le journaliste ukrainien Aleksandr Gorokhovsky a été arrêté à Oural, une ville du nord-ouest du Kazakhstan, alors qu'il animait une formation relative aux méthodes de vérification des faits à l'intention d’un groupe de journalistes kazakhs. L'atelier était organisé par le journal régional Uralskaya Nedelya, qui est depuis longtemps la cible de harcèlement de la part des autorités ;  ce notamment du fait de la situation précaire de cette région frontalière de la Russie, où les courants politiques pro-Moscou sont puissants. Gorokohovsky a été condamné à une amende deux jours plus tard par un tribunal local, après que le procureur a fait valoir que Gorokhovsky n'avait pas indiqué sur le formulaire d’entrée sur le territoire kazhak qui l'avait invité dans le pays.

Quel rôle peut jouer Facebook dans les élections camerounaises et alors que les tensions ethniques s'aggravent ?

A l’approche de l’élection présidentielle du 7 octobre, le gouvernement camerounais veut contrer la propagation en ligne d’éléments de désinformation. Les campagnes en ligne appelant à la violence interethnique pèsent de plus en plus dans les dissensions internes que connaît le Cameroun, où un mouvement séparatiste a notamment provoqué des affrontements avec les forces militaires dans les régions anglophones ; les soldats ont attaqué des villages et obligé des dizaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers. Pendant 230 jours en 2017 et 2018, les régions anglophones du Cameroun ont par ailleurs connu l'une des plus longues coupure d'Internet ayant jamais eu lieu sur le continent.

Les autorités camerounaises ont récemment rencontré des représentants de Facebook pour leur faire part de leur inquiétude quant aux appels à la violence interethnique qui continuent de se propager via la plateforme, celle-ci constituant de ce fait une menace pour la sécurité publique.

Sur le site Quartz Africa, Amindeh Blaise Atabong s’interroge sur les réelles motivations des autorités : via Facebook ont été partagées des vidéos dont des experts locaux affirment qu’elles montrent des soldats tuant des civils non armés dans les régions séparatistes ; le gouvernement pourrait espérer bloquer ces informations.

En Malaisie, la loi « anti fake news » pourrait bien faire long feu

Le Sénat malaisien a bloqué une tentative de la chambre basse du Parlement d'abroger la loi « anti fake news », qui sanctionne la diffusion « d’actualités, d’informations, de données et de rapports qui seraient partiellement ou totalement faux » par le biais d’amendes pouvant aller jusqu'à 500 000 ringgits (environ 103 000 euros) ou d’une condamnation à une peine maximale de six ans de prison. La loi a été critiquée par un groupe de rapporteurs spéciaux des Nations unies pour avoir engendré des entraves à la liberté d’expression et son abrogation était l’une des priorités affichées pendant sa campagne par le Premier ministre récemment élu Mahathir Mohamad. Elle doit à présent être débattue de nouveau à la chambre basse avant un nouveau vote.

La stratégie de Google en Chine fait la part belle à la censure et à la surveillance

Après avoir quitté le marché chinois en 2010 au motif de son inquiétude pour les droits humains, Google s’apprête à lancer une version censurée de son moteur de recherche en Chine. L'application Dragonfly serait en effet capable d‘identifier et de censurer automatiquement les sites Web tels que Facebook, Twitter, Wikipedia, la BBC, Global Voices et de nombreux autres sites actuellement bloqués en Chine, ainsi que de supprimer les résultats du moteur de recherche que les responsables gouvernementaux estimeraient sensibles.

Selon les nouveaux éléments découverts par le journal en ligne The Intercept, l’application va également associer les recherches des utilisateurs à leurs numéros de téléphone personnels afin que Google (et très probablement les autorités chinoises) puissent contrôler leur activité en ligne. Cela renforce les inquiétudes soulevées par une coalition de 14 groupes de défense des droits humain dans une lettre ouverte adressée au PDG de Google Sundar Pichai : selon elle, le stockage des données de Google en Chine pourrait permettre aux programmes de surveillance du gouvernement d'accéder aux données des utilisateurs et rendre Google complice de violation de droits humains.

La Cour européenne des droits de l'homme juge les programmes de surveillance britanniques contraires aux droits humains

La Cour européenne des droits de l'homme a estimé que les programmes de surveillance de masse du Royaume-Uni étaient menés en violation du droit à la vie privée et de la liberté d'expression. Le jugement, rendu dans le cadre d’une affaire amenée devant la cour par des organisations telles qu'Amnesty International et Privacy International, a été motivé par le fait que les programmes manquaient de la supervision nécessaire en matière de collecte de données et allaient à l’encontre des principes et des lois relatifs aux droits humains. Il n’a pas été précisé si l’existence d’un système de collecte en masse de données était en elle-même illégale.

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