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Certains Brésiliens veulent apprendre aux Allemands ce qu'est le nazisme, d'autres ont honte pour eux

Dans sa vidéo titrée “Comment on enseigne l'histoire en Allemagne”, l'ambassade de ce pays dit que les Allemands ne cachent pas leur passé | Image: Reproduction/Facebook

Depuis quelques années, il est devenu tendance au Brésil d'affirmer que Hitler et son parti nazi étaient des gauchistes. Une idée basée sur le simple fait —et vraiment littéral—que le nom complet du parti est Parti national-socialiste des travailleurs allemands. Et “socialiste” veut bien dire de gauche, non ?

C'est faux, bien évidemment. Pourtant, cette théorie absurde a ressurgi une fois de plus parmi les Brésiliens quand le consulat allemand de Recife, dans l’État de Pernambouc, dans la partie nord-est du Brésil, a mis en ligne une vidéo expliquant la valeur qu'attache l'Allemagne à “la connaissance et la préservation de son histoire, pour qu'elle ne puisse pas se répéter.”

En moins d'une minute, la vidéo, qui totalisait 829.000 vues lors de l'écriture de cet article, demande ce qui se passerait “si l'extrême-droite revenait au pouvoir ?” Elle répond en citant le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas :

“On doit s'opposer aux extrémistes de droite, on ne doit pas les ignorer, on doit montrer son visage contre les néo-nazis et les antisémites (…) Celui qui manifeste contre les nazis n'est pas de gauche, il est normal”.

Les Allemands ne cachent pas leur passé. Sachez comment on enseigne l'histoire en Allemagne : #histoire #allemagne #musées #deutschland #passé #futur

Après la publication de la vidéo, la page Facebook officielle du consulat a été inondée de commentaires de groupes de droite doutant de la vision du nazisme qu'ont les Allemands eux-mêmes :

L'ambassade d'Allemagne dit ce qu'elle veut qu'on croie. Le pire, ce sont les commentaires d'historiens qui n'ont jamais lu de BD. Le nazisme n'a jamais été de droite. Il suffit de lire l'histoire comme elle est écrite. Ceux qui croient tout ce qu'on dit sont des bouffons.

Un autre commentateur sur la page Facebook du consulat d'Allemagne a contesté l'affirmation de la vidéo que le pays a créé une loi en 1976 interdisant de mettre en doute “la véracité de l'Holocauste, parce que les spécialistes démasquaient cette farce”. Une autre personne a répondu en disant que “les jours de l'holofraude sont comptés.”

En mai dernier, un présentateur chevronné du journal télévisé de TV Globo, Alexandre Garcia, avait déjà tweeté une affirmation soutenant cette théorie :

Vous voulez que je vous dise le nom du parti nazi de Hitler ? Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei. Traduction : Parti socialiste des travailleurs allemands. Je pense que c'est clair. D'après les méthodes qu'ils utilisent, ce n'est pas une coïncidence.

Cette fois, cependant, la réaction n'a pas tardé. Si certains Brésiliens avaient honte pour leur pays (au point qu'un utilisateur de Twitter a plaisanté que c'était pire que le score de 7 à 1 à la Coupe du monde de foot de 2014), d'autres ont présenté des excuses pour leurs compatriotes :

L'ambassade d'Allemagne se trompe. Celui qui a raison, c'est Jojo de l'épicerie du coin, qui s'informe par les mèmes sur WhatsApp.

Un utilisateur a même forgé un nouveau terme spécialement pour la circonstance :

BRAZILIANSPLAINING : Brésilliens émotifs qui n'ont jamais été branchés par la politique (mais dans les derniers mois ont vu une ou deux vidéos, sont entrés dans des groupes facebook et aujourd'hui se prennent pour des autorités SUPRÊMES en la matière) voulant expliquer aux ALLEMANDS ce qu'ont été le NAZISME et l'HOLOCAUSTE.

A la suite de la polémique, l'ambassadeur allemand au Brésil, le Dr. Georg Witschel, a déclaré dans un entretien avec le journal O Globo que “dire que le nazisme était un mouvement de gauche est une connerie”.

Mettre les points sur les “i”

Dans un entretien avec le journal El Pais, Damaris Jenner, la chargée de presse de l'ambassade, a expliqué comment est venue l'idée de la vidéo :

“Na semana em que pensamos em fazer esse vídeo, aconteceram as manifestações em Chemnitz e vários jornais brasileiros noticiaram”, diz ela. Os protestos foram realizados por militantes da extrema direita desde o final de agosto contra a morte de um alemão, supostamente esfaqueado por dois imigrantes, e que terminaram em atos de violência. “Achamos que seria interessante ligar esses dois assuntos para mostrar essa discussão na Alemanha”, afirma Jenner. Mas a reação dos internautas surpreendeu. “Não imaginávamos que repercutiria dessa forma”, diz.

“Dans la semaine où nous avons pensé faire cette vidéo, les manifestations de Chemnitz ont eu lieu et divers journaux brésiliens en ont parlé”, dit-elle. Les manifestations étaient organisées par des militants d'extrême-droite depuis fin août contre la mort d'un Allemand, supposé poignardé par deux immigrants, et qui se sont terminées par de nouvelles violences. “Nous avons pensé qu'il serait intéressant de lier les deux sujets pour montrer ce débat en Allemagne”, affirme Mme Jenner. Mais la réaction des internautes a surpris. “Nous n'imaginions pas des répercussions sous cette forme.”

L'article mentionne aussi qu'il y a un mot allemand pour qualifier cet épisode : Fremdschämen—la honte éprouvée pour les actions de quelqu'un d'autre.

Le magazine SuperInteressante a tenté de clarifier la discussion, expliquant que le nazisme était beaucoup plus aligné sur la droite que sur la gauche. Bien qu'ayant “socialiste” inscrit dans sa dénomination, le régime honnissait le communisme à la soviétique et penchait plutôt vers le libéralisme économique, un système politique ayant traditionnellement des affinités avec la droite.

Mais importante do que estar à direita ou à esquerda, o que realmente definia as políticas e os objetivos de Adolf Hitler não era nem o capitalismo nem o socialismo: era o racismo. O nazismo, da forma como se consolidou na década de 1930, era caracterizado por um nacionalismo para poucos, os alemães “arianos”. Qualquer outro grupo que não se encaixasse nisso não poderia participar do Estado alemão.

Plus important que d'être à droite ou à gauche, ce qui définissait réellement les objectifs et les politiques d'Adolf Hitler n'était ni le capitalisme, ni le socialisme : c'était le racisme. Le nazisme, sous la forme où il s'est consolidé dans les années trente, se caractérisait par un nationalisme pour peu de gens, les Allemands “aryens”. Tout autre groupe qui n'y rentrait pas ne pouvait pas participer à l’État allemand.

L'Holocauste fut “l'un des épisodes les plus brutaux de l'Histoire“. La “Solution finale”, un plan pour exterminer les Juifs d'Allemagne et des pays conquis, fit des millions de morts. Et, comme l'explique la BBC,

The Jews were not the only victims of Nazism. It is estimated that as many as 15 million civilians were killed by this murderous and racist regime, including millions of Slavs and ‘asiatics’, 200,000 Gypsies and members of various other groups. Thousands of people, including Germans of African descent, were forcibly sterilised.

Les Juifs ne furent pas les seules victimes du nazisme. On estime qu'au moins 15 millions de civils furent tués par ce régime meurtrier et raciste, dont des millions de Slaves et d’ ‘Asiates’, 200.000 Tziganes et des membres de divers autres groupes. Des milliers de personnes, y compris des Allemands d'ascendance africaine, furent stérilisés de force.

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