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Finies les photos de députés qui dorment ? Un règlement du parlement de Tasmanie prétend restreindre ce que les médias peuvent montrer

La salle des sessions du parlement de Tasmanie. Photo par Edoddridge. Source: Wikimedia Commons

Les journalistes et les groupes de médias contestent le nouveau règlement sur les médias publié par la présidente du Parlement de Tasmanie Sue Hickey. La Tasmanie est un État fédéré insulaire de l'Australie situé au sud de l'île-continent.

Ce document de neuf pages daté d'août 2018 détaille ce que les journalistes peuvent et ne peuvent pas faire quand ils travaillent à l'intérieur de la Chambre de l'assemblée et dans son enceinte. Les groupes de médias disent que les nouvelles règles entravent leur travail et rendent quasiment impossible de rapporter la procédure parlementaire.

Entre autres règles critiquées :

  • Les journalistes ne sont pas autorisés à s'attarder dans le voisinage de la Chambre de l'assemblée, des salles de commissions, de l'atrium, des bureaux ministériels, des salles de réception ou des bureaux individuels des députés, et ne doivent pas engager la conversation avec les députés.
  • En règle générale, les personnels des médias souhaitant parler avec un député doivent prendre rendez-vous par téléphone.
  • Les photographies de désaccords, de tapages à l'intérieur de la Chambre, ou de conduite non parlementaire de députés ne sont pas autorisées.
  • Les photographies de députés individuels qui ne parlent pas dans un débat ne sont pas autorisées.
  • Les images ne peuvent pas être rehaussées numériquement, retouchées ou altérées par un moyen quelconque.
  • Les photographies prises doivent être exclusivement utilisées en vue de compte-rendus équitables et exacts de la procédure, et ne doivent pas être utilisées pour des campagnes électorales, la railler ou ridiculiser, ni pour la publicité commerciale.
  • Les photos ne sont autorisées que pendant les 10 premières minutes des questions au gouvernement.

L'Alliance des médias, du spectacle et des arts, qui est l'association professionnelle des journalistes d'Australie, a qualifié les nouvelles règles d’ “attaque la plus choquante contre le travail d'une tribune de la presse.”

The guidelines represent an outrageous assault on press freedom, undermine the role of the media in carrying out legitimate scrutiny of the work of the state’s elected representatives, and hinder the dissemination of news and information to the people of Tasmania.

Le règlement représente une attaque scandaleuse contre la liberté de la presse, ébranlent le rôle des médias dans l'exécution d'un examen légitime du travail des représentants élus de l’État, et empêchent la diffusion des nouvelles et de l'information aux citoyens de Tasmanie.

The Mercury, un journal tasmanien, a lui aussi rejeté ce nouveau règlement :

…these rules are nothing more than a sneaky way for our elected officials to avoid scrutiny as they go about the job taxpayers pay them to do in the building at the centre of our democratic system.

…ces règles ne sont rien d'autre qu'un moyen sournois pour nos représentants élus de se soustraire à la surveillance lorsqu'ils s'adonnent au travail pour lequel les contribuables les paient dans le bâtiment au cœur de notre système démocratique.

Il compte bien continuer à ‘s'attarder’ dans les couloirs du Parlement malgré l'interdiction par le nouveau règlement :

We therefore plan to continue to do so in the interests of open democracy and accountability. If the Speaker plans to enforce this ban, then that is a decision that would be on her head.

Nous comptons donc continuer à le faire dans les intérêts d'une démocratie ouverte et de la reddition de comptes. Si la Présidente veut appliquer cette interdiction, ce sera une décision qui retombera sur sa tête.

Sur Twitter, le présentateur de quiz télé australien Brydon Coverdale a critiqué la règle interdisant de photographier les ‘conduites non-parlementaires’ des parlementaires.

Le parlement de Tasmanie veut interdire aux médias de prendre des “photos de ‘conduite non-parlementaire’ de parlementaires.” Pour qui ces politiciens se prennent-ils ? Ils sont élus par le peuple, et le peuple a le droit de voir comment ils se conduisent.

La présidente Hickey a souligné que les règles édictées par ses services ne sont pas vraiment neuves, et qu'elles correspondent à la norme dans d'autres parlements d’États [australiens]. Certains parlementaires n'apprécieraient pas que les journalistes puissent facilement les interviewer dans l'hémicycle. Mais Mme Hickey a admis que le nouveau règlement puisse faire l'objet de critiques et s'est engagée à consulter les médias à ce sujet.

Pendant ce temps, des journalistes se sont pris en photos en train de “s'attarder” dans les couloirs du Parlement, ce que n'autorise pas le règlement.

Des journalistes s'attardant dans le Parlement tasmanien. Le genre de comportement que les nouvelles règles vont interdire.

La présidente Sue Hickey a communiqué et a assuré que ses services apprécient le travail des médias.

J'espère vous rencontrer tous la semaine prochaine pour arriver à un consensus faisable, nous apprécions nos amis des médias !

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