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Netizen Report: Comment WhatsApp (et 3 millions de dollars) ont contribué, au Brésil, à la victoire de Jair Bolsonaro

“Nos rêves ne rentrent pas dans leurs urnes” Pochoir au Wisconsin, États-Unis. Photo de David Drexel via Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Le Netizen Report de Global Voices Advox offre un aperçu des défis à relever, des victoires obtenues et des tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde. Le présent numéro rapport revient sur les événements suivis en octobre 2018.

Le 28 octobre, la plus grande démocratie de l'Amérique Latine a élu un président dont la campagne a été mue par une poussée de violence, de rumeurs de fraudes, et une succession de nouvelles et informations en ligne qui se sont avérées fausses.

Le Président élu Jair Bolsonaro, un ancien capitaine de l'armée ayant siégé à l'Assemblée Nationale brésilienne depuis 1991, qui a ouvertement exprimé son point de vue misogyne et homophobe s'est engagé récemment “à mettre fin à tout militantisme au Brésil.’’

Tout juste 19 jours avant le vote final, il fut révélé que la campagne électorale de Bolsonaro avait dépensé 3 millions de dollars US pour diffuser des informations sur WhatsApp. La Folha de São Paulo, un des organes de presse les plus importants au Brésil, a mis au jour les stratagèmes qui ont dévoilé les possibles origines des nombreux messages virulents ayant semé la discorde et des fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux au Brésil pendant les mois précédant l'élection. Malgré les efforts de multiples entités de vérification des faits, et quelques interventions de Facebook, la désinformation semble avoir joué un rôle majeur dans la campagne de Bolsonaro.

Ceux qui ont essayé de dénoncer les tentatives de désinformation en ont aussi payé le prix. Peu après que la journaliste de la Folha de São Paulo Patricia Campos Mello eut écrit sur l'affaire des 3 millions USD à WhatsApp, elle commença à recevoir des menaces et a vu son compte personnel WhatsApp piraté. Les agresseurs ont effacé quelques-unes de ses conversations et envoyé des messages pro-Bolsonaro à ses contacts. Un journaliste de l'Estado de São Paulo, un autre journal, a été doxé après avoir écrit une suite à l'article de Mello. Selon l'Association brésilienne du journalisme d'investigation (ABRAJI) 141 cas de menaces et violences contre les journalistes ont été enregistrés pendant la couverture des élections de 2018.

Bolsonaro pourrait avoir à répondre à des questions embarrassantes sur sa campagne devant la justice du Brésil, car la combine sur WhatsApp a peut-être violé les lois brésiliennes sur les élections et la protection des données. Mais en attendant, le candidat d’extrême droite, imperturbable, prépare son investiture et communique activement avec ses partisans sur WhatsApp.

Le reste de l'actualité…

Deux Indonésiens ont été arrêtés pour “transmission et diffusion d'informations électroniques au contenu immoral”, un crime en vertu de la loi indonésienne sur les transactions électroniques et l'information. Les deux dirigeaient un groupe de rencontre gay sur Facebook. Le 18 octobre, la police a fait irruption dans leur appartement et leur a confisqué cinq téléphones cellulaires et 25 préservatifs.

Trois journalistes du Myanmar ont été arrêtés le 11 octobre et accusés d'avoir semé “la peur et l'inquiétude dans l'opinion publique” après la publication dans Eleven News Media de leur enquête sur les dépenses affectées au système de transport public de la ville de Yangon. Le groupe birman de défense de la liberté d'expression Athan a recensé 43 plaintes contre des journalistes au Myanmar depuis avril 2016.

Le journaliste vietnamien Do Cong Duong a été reconnu coupable “d'abus des libertés démocratiques ” et condamné à cinq ans de prison le 12 octobre, pour ses efforts sur Facebook et Youtube, visant à dénoncer la corruption, la spoliation des terres et les évictions forcées. Il a été condamné dans une autre affaire en septembre 2018 pour “trouble à l'ordre public.”

L'Agence fédérale d'enquête du Pakistan a procédé à 209 arrestations à ce jour en 2018 en vertu de la loi sur la prévention de la criminalité électronique. Adoptée en 2016, la loi criminalise certaines formes de harcèlement en ligne (définies comme des “communications indécentes”) mais accorde également à l'Autorité pakistanaise des télécommunications des pouvoirs importants de censurer, si elle l'estime nécessaire, certains discours d'internet “ préjudiciables aux intérêts de la gloire de l'islam, ou de l'intégrité, de la sécurité ou de la défense du Pakistan.”

Le journaliste nigérian Jaafar Jaafar se cache suite aux nombreuses menaces de mort qu'il a reçues à la mi-octobre pour avoir publié une vidéo mettant à nu l'acceptation par un gouverneur local de 5 millions de dollars US de pots-de vin par des entrepreneurs privés.

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a disparu le 2 octobre. Khashoggi, qui s'était rendu à l'ambassade d'Arabie saoudite à Istanbul pour récupérer des documents en vue de son mariage n'en est jamais ressorti. Le 31 octobre, le procureur général d'Istanbul a publié une déclaration officielle disant que Khashoggi avait été étranglé à son entrée à l'ambassade, et qu'ensuite des agents saoudiens avaient démembré son corps. Chroniqueur d'opinion pour le Washington Post, Jamal Khashoggi avait auparavant travaillé comme rédacteur en chef pour Al Watan, l'un des médias les plus pro-réformistes du royaume.

Il y a un an, la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia. était assassinée. Mieux connue pour son blog d'information indépendant, Running Commentary, Caruana Galizia fut la première à annoncer l'implication des politiciens maltais dans les Panama Papers en avril 2016. Caruana Galizia a été tuée par une voiture piégée le 16 octobre, 2017. Ses sympathisants que l'enquête sur son meurtre “n'a pas été menée de manière impartiale et indépendante” et continuent de réclamer justice dans son cas.

A la veille des élections, les FAI du Cameroun ont ralenti les médias sociaux et les services de communications mobiles. Ce n'est pas une première pour le pays, où la partie anglophone a subi plus de 230 jours d'interruption d'internet depuis 2016.

L'accès à Internet est trop cher. Le dernier rapport sur l'accessibilité financière de la World Wide Web Foundation Affordability Report révèle qu'internet est inabordable dans 60% des pays. En novembre, la Web Foundation va publier un nouveau rapport montrant que les taux globaux d'adoption d'internet (c'est à dire le nombre de personnes qui se connectent pour la première fois) baissent fortement — de 19% en 2007 à juste 6% en 2017.

 

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