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Netizen Report : Deux responsables du CPJ victimes de la répression de la liberté d’expression en Tanzanie

Sur un kiosque à journaux de Dar es Salaam, en Tanzanie, est affichée une publicité pour le quotidien indépendant The Citizen. Photo Adam Jones via Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Le Netizen Report de Global Voices Advox offre un aperçu des défis à relever, des victoires obtenues et des tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde. Ce rapport traite d’informations et d’événements relevés entre le 1er et le 15 novembre 2018.

Deux militantes pour la liberté de la presse travaillant pour le Comité pour la protection des journalistes ont été arrêtées et interrogées par des policiers en civil en Tanzanie, où elles effectuaient une mission d’enquête.

Les membres du CPJ Angela Quintal et Muthoki Mumo ont été emmenées de force hors de leur hôtel et détenues plusieurs heures durant dans une maison privée par des officiers de police en civil. Ces derniers ont par ailleurs saisi leurs appareils électroniques pour en fouiller le contenu.

Racontant par écrit [tous les liens sont en anglais ou en français] leur expérience pour le quotidien en ligne sud-africain The Daily Maverick, Angela Quintal a décrit la façon dont elle et Muthoki Mumo, qui est kényane, ont été traitées par les policiers.

We were alone at the mercy of a posse of men, some of whom were very abusive and hostile….An intelligence agent was particularly abusive towards Muthoki. He even slapped and shoved her. I tried to intervene and was told to back off. I was terrified that Muthoki would be sexually assaulted and I would be powerless to stop them.

Nous étions seules, à la merci d'une bande d'hommes, dont certains étaient très agressifs et hostiles … Un membre des services de renseignements a été particulièrement violent à l’égard de Muthoki. Il l'a même giflée et bousculée. J'ai essayé d'intervenir et on m'a dit de reculer. J'étais terrifiée à l'idée que Muthoki soit agressée sexuellement et que je ne puisse rien faire pour les empêcher.

Angela Quintal et Muthoki Mumo étaient venues en Tanzanie pour rencontrer des journalistes et des défenseurs de la liberté de la presse, suite à la montée de la répression envers les personnes travaillant dans les médias ces dernières années, et donc sous l'administration du président John Magufuli.

Parallèlement aux menaces extralégales perpétrées à l’encontre des journalistes et des blogueurs, des mesures telles que la Loi sur la cybercriminalité de 2016 et le système de licence appelé « l’impôt sur les blogs », mis en place en 2018, ont accru les possibilités pour les autorités de s’en prendre à la liberté d’expression et de faire taire les voix critiques. La Loi sur la cybercriminalité a été utilisée pour arrêter plusieurs personnes ayant exprimé leurs opinions politiques de façon non violente sur Facebook et dans des groupes WhatsApp. Les autorités y ont également eu recours pour engager des poursuites contre Maxence Melo, célèbre fondateur et directeur du site Internet communautaire JamiiForums, surnommé le « Reddit tanzanien » ou le « Wikileaks en swahili ». Melo a été poursuivi pour avoir refusé de transmettre aux autorités des données relatives aux utilisateurs.

Un militant des droits humains saoudien mort sous la torture en prison

Le défenseur des droits humains Turki Bin Abdul Aziz Al-Jasser était une voix très écoutée en Arabie saoudite, où il rapportait, via un compte Twitter anonyme, les violations des droits de l’homme commises dans le royaume et était l’un des leaders de l’ALQST, l’une des rares organisations saoudienne de défense des droits humains. Mais tout cela a pris fin en mars 2018, lorsqu’il a été enlevé par les autorités qui ont réussi à remonter sa trace à partir du compte Twitter. Al-Jasser est mort cette semaine, après avoir été torturé dans une prison saoudienne.

Plusieurs médias, parmi lesquels le New York Times, ont émis l’hypothèse que les agents du gouvernement saoudien aient pu obtenir les informations ayant mené jusqu’à lui par l’intermédiaire d’un collaborateur de Twitter, travaillant pour le bureau saoudien de l’entreprise, en charge des problèmes relatifs aux utilisateurs basés en Arabie saoudite. Mais cela n'a pas été confirmé. Bien que la façon dont l'identité d'Al-Jasser ait pu être déterminée reste obscure, certains de ses soutiens tiennent Twitter pour responsable.

Chasse aux infox, aux rumeurs et aux « mots inappropriés » en Chine

Une enquête menée par le site Internet Hong Kong Free Press a montré que les noms de certains chefs d’État et activistes chinois avaient été estimés « inappropriés » et censurés par les dernières versions du service de gravure proposé pour iPad, iPod Touch et Apple Pencil. Si un client écrit « Xi Jinping » (le nom du président chinois) en caractères chinois, l'avertissement suivant apparaît : « Les mots inappropriés ne sont pas autorisés ». Les références aux dissidents politiques, à l’indépendance de Hong Kong ou de Taïwan, ainsi qu’au Falun Gong génèrent un résultat similaire.

Le réseau social chinois Weibo (équivalent à Twitter mais en plus vaste) permet à des personnes travaillant pour le gouvernement chinois et à certains médias de signaler ce qu'ils estiment être des « rumeurs » propagées sur Weibo, ce dans le cadre d’un effort fait pour identifier les infox (fake news) diffusées en ligne. En Chine, toute information venant contredire les discours officiels et la politique du parti peut être considérée comme une rumeur.

Une universitaire ougandaise arrêtée pour avoir insulté la mère du président sur Facebook

L’universitaire et militante féministe Stella Nyanzi a été arrêtée le 2 novembre dernier à l'Université Makerere, à Kampala, et inculpée en vertu de la Loi de 2011 sur l'utilisation abusive des ordinateurs (Computer Misuse Act) pour avoir eu recours « à des moyens de communication électroniques pour perturber ou tenter de perturber la paix, le calme ou le droit à la vie privée d’une personne sans raison valable d’entrer en communication ». Stella Nyanzi avait déjà été arrêtée sur la base d’accusations similaires en 2017, après avoir comparé le président Museveni à une « paire de fesses » sur sa page Facebook.

Des journalistes algériens arrêtés pour diffamation

Abdou Semmar, rédacteur en chef du média en ligne Algérie Part et ancien collaborateur de Global Voices, et son collègue journaliste Merouane Boudiab ont été libérés le 8 novembre dernier après avoir passé plus de deux semaines derrière les barreaux. Ils avaient été arrêtés suite à des plaintes pour diffamation déposées par Anis Rahmani, directeur de la chaîne de télévision privée Ennahar, et par le gouverneur d'Alger Abdelkader Zoukh.

Algérie Part a largement couvert les allégations de corruption visant Zoukh. Le site s’est également montré critique envers Rahmani et son groupe de presse, signalant le fait qu'Ennahar TV diffusait mensonges et rumeurs. Aucun des plaignants n'a expliqué publiquement ce qu'il jugeait diffamatoire dans les reportages d’Algérie Part. Les journalistes attendent à présent leur procès.

Un journaliste et activiste sahraoui toujours en vie après 45 jours de grève de la faim

Le défenseur des droits humains et journaliste originaire du Sahara occidental Bachir Khadda, qui est emprisonné au Maroc depuis 2010 et est aujourd'hui âgé de 32 ans, a suspendu sa grève de la faim, entamée il y a 45 jours, à la demande de sa famille. Avant son arrestation en 2010, Bachir Khadda avait principalement travaillé pour le site d’information en ligne Equipe Media sur des reportages traitant des violations des droits humains et des manifestations ayant lieu sur le très disputé territoire nord-africain. Il avait été condamné en 2013 pour « complicité de violence » contre les forces de sécurité après avoir été forcé de signer, les yeux bandés, des aveux préalablement rédigés.

En dépit de son état de santé fragile – il est aujourd’hui incapable de marcher ou de parler –, il est maintenu à l'isolement dans la prison marocaine de Talfit.

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