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À la rencontre des candidats en lice pour la présidentielle nigériane de 2019

Les candidats à l'élection présidentielle nigériane de 2019 [Collage par Nwachukwu Egbunike].

[Article d'origine publié le 17 janvier] Des élections présidentielles se tiendront le 16 février 2019 au Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique. Si elles comptent un total de 73 prétendants, la course à l’Aso Rock, siège de la présidence du Nigeria, se jouera entre deux candidats principaux et ce qu'on appelle la « troisième force », un groupe d'aspirants relativement novices de la politique nigériane.

Bien entendu, les deux grands partis du pays, le Congrès des progressistes (APC) et le Parti démocratique populaire, présenteront leurs candidats :

Muhammad Buhari, président du Nigeria. Creative Commons.

Muhammadu Buhari


Candidat en exercice du Congrès des progressistes, Muhammadu Buhari a remporté l’élection de 2011 contre l’ex-président Goodluck Jonathan. Son intégrité ainsi que sa capacité apparente à endiguer la corruption et à réduire l'insurrection de Boko Haram l’ont propulsé au pouvoir. Et pourtant, le Nigeria a connu une insécurité croissante pendant son mandat, marqué par des conflits pastoraux entre agriculteurs et éleveurs. En effet, ces derniers sont de plus en plus nombreux à se déplacer du nord vers le sud, en quête de terres arables. Par l'impunité et la corruption aux plus hauts échelons gouvernementaux ont provoqué la chute vertigineuse des droits humains pendant sa présidence.

Atiku Abubakar [Image du siter web d'organisation de sa campagne].

Atiku Abubakar

Vice-président sortant, Atiku Abubakar est le candidat du Parti démocratique populaire. Par le passé, il a tenté plusieurs fois de remporter les élections présidentielles, en vain. Toutefois, sa réconciliation avec son patron, l’ex-président Olusegun Obasanjo, qui avait qualifié la présidence Buhari de “gouvernement failli”, a donné un nouvel élan à sa campagne. En tant que vice-président, Abubakar était chargé de superviser la privatisation et la vente de centaines d’entreprises publiques déficitaires et mal gérées.

Quelques autres aspirants à la présidence méritent d'être suivis :

Oby Ezekwesili [Image publiée par les organisateurs de sa campagne à l'usage des médias]

Obiageli [Oby] Ezekwesili 

Obiageli Ezekwesili est la seule femme candidate parmi les grands de cette course à la présidence. Ancienne ministre des Mines, elle est devenue ministre de l’Éducation sous la présidence d’Olusegun Obasanjo, de 1999 à 2007. Elle a également tenu le poste de vice-présidente de la division Afrique de la Banque Mondiale de mai 2007 à mai 2012. Cofondatrice du mouvement #BringBackOurGirls (BBOG) (« Ramenez nos filles »), la candidate a joué un rôle de premier plan lors de l’opération d’appel à la libération des plus de 200 lycéennes enlevées en 2014 par le groupe de militants islamistes Boko Haram. Elle a également été nommée à la tête du Parti du Congrès allié du Nigeria.

Kingsley Moghalu [Image du site de sa campagne].

Kingsley Moghalu

Kingsley Moghalu est professeur de commerce international et de politiques publiques à la Fletcher School de droit et de diplomatie de l'Université Tufts au Massachusetts, USA. Auparavant, M.Moghalu a travaillé aux Nations Unies de 1992 à 2008. Il a été gouverneur adjoint de la Banque centrale du Nigeria de 2009 à 2014, où « il a mené des réformes de grande ampleur du système bancaire nigérian après la crise financière mondiale ». Il est le candidat du Jeune parti progressiste.

Omoyele Sowore [arrêt sur image d'une interview sur CNBCAfrica, le 13 décembre 2018].

Omoyole Sowore

Omoyole Sowore est le fondateur et éditeur de SaharaReporters (SR), un journal en ligne d'investigation. SR a été qualifié de Wikileaks de l'Afrique. Ce militant des droits humains porte les couleurs du Congrès de l'action africaine.

Une course pour l'avenir du Nigeria

Buhari et Abubakar sont les principaux concurrents de cette compétition. Les deux hommes sont des figures persistantes de l'arène politique au Nigeria. En face, le groupe de la « troisième force », Ezekwesili, Moghalu, Sowore, fait sa première entrée dans l'espace de la politique partisane.

Buhari va miser sur les « gains » de sa présidence pendant les trois dernières années, et doit composer avec le fait que le Nigeria a été classé récemment pays à la plus grande population vivant en extrême pauvreté. Le journal Punch a écrit que les « nominations particularistes » de Buhari étaient « sans précédent » et ont laissé le pays profondément divisé. Sa lutte contre la corruption apparaît sélective et punitive. Sa récente décision de faire passer en jugement le Juge en chef de la Fédération — si près de l'élection présidentielle — a été qualifiée par l'Association du Barreau nigérian de « plan cohérent d'attaque contre les chefs des deux bras indépendants du pouvoir ».

Abubakar, quant à lui, bénéficie des « avantages » de « multiples intérêts lucratifs dans les affaires. » ll n'a cependant pas la tâche aisée face à l'occupation de la place par son principal adversaire principal.

Quel qu'il soit, le vainqueur de 2019 sera confronté à d'immenses défis : la consolidation de l’économie, la sécurité intérieure, la restructuration et la dévolution du pouvoir, ainsi que la politique ethno-religieuse.

Note de la rédaction : Une version antérieure de cet article indiquait qu'il y avait 35 candidats à la présidentielle. Il a été mis à jour pour refléter l'existence de 73 candidats. 

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