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Le message des Afghanes au gouvernement et aux talibans : nous voulons avoir notre place

Les jirgas (assemblées) de femmes ont lieu dans toutes les provinces d'Afghanistan. Photos par Afghan Women for Peace, utilisées avec autorisation.

Dans les mois qui viennent, l'Afghanistan va organiser sa première assemblée totalement féminine de niveau national, où des milliers de femmes vont se réunir pour rappeler au gouvernement comme aux talibans que la paix longuement attendue est impossible sans leur voix.

Au long des décennies passées de guerre, les femmes d'Afghanistan ont connu une oppression insupportable qui a approfondi leur isolement social et leur a imposé la prudence politique.

Les politiques étatiques contre les femmes ont culminé sous les talibans, qui prirent le pouvoir au milieu des années 1990 avant d'en être chassés par l'invasion conduite par les USA.

Les jirgas (assemblées) de femmes ont lieu dans toutes les provinces d'Afghanistan. Photos par Afghan Women for Peace, utilisées avec autorisation.

Cette invasion a apporté des progrès dans l'universalité de l'enseignement, mais les femmes restent affectées par l'insécurité et les menaces de violences.

Les quotas de représentation des femmes au parlement n'ont pas fondamentalement changé une culture politique afghane marquée par la domination masculine.

A présent, la réapparition des talibans aux tables des négociations à Moscou et Doha met ces progrès reconnus encore plus en danger.

Ce mouvement reste inébranlable dans son refus de reconnaissance du rôle des femmes tant dans l'espace public que dans le gouvernement afghan, avec qui il n'a toujours pas de discussions directes.

Les talibans préfèrent actuellement parler avec Washington, Moscou et des groupes choisis de politiciens afghans. Le mouvement a affirmé que sa position sur les droits des femmes est alignée sur celle de la religion principale de l'Afghanistan, l'islam, et reste hostile au militantisme pour l'égalité de genre.

Les jirgas (assemblées) de femmes ont lieu dans toutes les provinces d'Afghanistan. Photos par Afghan Women for Peace, utilisées avec autorisation.

Être entendues

Pendant ce temps, des femmes et activistes des droits des femmes afghanes de tous horizons se sont assemblées et ont créé Afghan Women for Peace (Femmes afghanes pour la paix), un mouvement de plus de 15.000 adhérentes venues de toutes les 34 provinces du pays.

Le mouvement est né il y a six mois sous forme d'une initiative commune du Afghan Women’s Network (Réseau des femmes afghanes), du Ministère des Femmes, du High Peace Council (Haut Conseil de la paix), et des services de la Première dame d'Afghanistan.

15.000 femmes de tout le pays se sont assemblées en 34 réunions, une par province, pour élever leurs voix et débattre du sens de la paix dans leur collectivité, de leurs attentes et des coûts de la paix.

Dans chaque province, Femmes afghanes pour la paix a fait se côtoyer étudiantes et femmes fonctionnaires tout comme les femmes désireuses de contribuer, sachant ou non lire et écrire.

Ensemble elles ont échangé sur leurs revendications et leurs idées de la paix.

The woman's jirga councils are taking place in provinces across Afghanistan. Photos used with permission from Afghan Women for Peace.

Les organisatrices ont parlé du rôle des femmes dans le gouvernement et la société, et ont communiqué sur les façons pour elles d'agir positivement sur la société et faire entendre leurs voix par les autorités locales et nationales.

Le premier objectif est de créer un consensus national sur le fait que les femmes afghanes ne doivent pas être oubliées. Il faut que les femmes participent aux négociations de paix et fassent connaître leurs exigences et leurs attentes pour l'avenir du pays.

Les jirgas (assemblées) de femmes ont lieu dans toutes les provinces d'Afghanistan. Photos par Afghan Women for Peace, utilisées avec autorisation.

Des conférences se sont déjà tenues dans un certain nombre de provinces : Panjshir, Khost, Parwan, Baghlan, Ghazni et Logar. Les conférences se poursuivront dans les 28 autres provinces au long des prochaines semaines.

Voici les points marquants de la conférence de la province de Khost :

  • La paix doit commencer par les provinces frontalières
  • La province de Khost est le corridor économique et politique de l'Afghanistan
  • Les gens doivent être inclus au niveau des districts dans le processus de paix
  • Inclure les personnes qui sont en contact avec les familles des insurgés est essentiel
  • Si la justice sociale est en place et les lois appliquées, la paix suivra
  • Dieu et le prophète ( PSAL), et le peuple veulent tous la paix
  • Les femmes et les filles doivent être autorisées à aller à l'école
  • L'alphabétisation des femmes doit être accrue pour que les enfants soient élevés correctement
  • Les femmes d'aujourd'hui sont conscientes, les savants religieux ne doivent pas saper l'importance des rôles des femmes
  • Les préceptes de la charia sur les femmes doivent être interprétés correctement
  • La paix commence dans la famille, de là dans la collectivité, et atteint ensuite le gouvernement
  • La paix signifie l'acceptation réciproque et le soutien réciproque des actions positives

A la conclusion de chaque conférence, les participantes approuvent une telle résolution sur les priorités et les difficultés que connaissent les femmes locales.

Si aucune date n'a encore été fixée pour la jirga (conseil tribal) de niveau national, l'événement promet de réunir les travaux de toutes les assemblées au niveau provincial.

Le travail au niveau provincial est important. S'il y a des femmes députées au parlement de Kaboul, les gouverneurs femmes sont extrêmement rares, de même que la représentation féminine dans d'autres instances importantes. Pour beaucoup de femmes des provinces frontalières, ces jirgas ont été une occasion historique de participer au processus politique et de faire entendre leurs voix.

Les femmes de Ghazni ont déclaré :

Peace does not mean just an end to the war, and no country can be successful in its national programs without the participation of women; therefore women must have a role in the social and political peace process.

La paix ne veut pas juste dire la fin de la guerre, et aucun pays ne peut réussir dans ses programmes nationaux sans la participation des femmes ; c'est pourquoi les femmes doivent avoir un rôle dans le processus social et de paix politique.

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