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10 ans après les feux de brousse dévastateurs, les Australiens commémorent le Samedi noir

Black Saturday - The lie of the land

L'état des lieux le 8 avril  2009 – du compte Flickr d'Elizabeth Donoghue (CC BY-NC-ND 2.0)

[Article d'origine publié le 5 février 2019] Il y a dix ans, le 7 février 2009, l’État australien du Victoria a connu des feux de brousse dévastateurs qui ont fait 173 morts, plus de 400 blessés et détruit plus de deux cent maisons. Sept personnes ont succombé à leurs blessures à la suite de cette catastrophe.

Pendant la semaine de cette commémoration de 2019, les Victoriens ont ravivé leurs souvenirs du “Samedi noir” à travers plusieurs témoignages personnels présentés par les médias traditionnels. ABC Melbourne, l'antenne régionale de la télévision nationale, a rendu hommage aux victimes en diffusant des témoignages de rescapés.

D'autres ont fait part de leurs souvenirs sur la toile. Sur son blog “The small Adventurer” (La Petite Aventurière), Indya raconte qu'elle a perdu son logement, et fait part des séquelles que ces incendies lui ont laissées jusqu'à aujourd'hui :

Ten entire years, and I still don’t think one single day has passed without me mentioning – or at least thinking about – the fires.

[…] I am also still really, really nervous around things like ovens, stoves, heaters, and even lighters. As a baker, you can imagine how difficult having those fears is when I’m going to take something out of the oven, and suddenly something doesn’t move the way I expect it to or something like that, and I instantly freeze up and freak out.

[…] Tomorrow I will be thinking of all those who had it much worse than me, and hoping that the people who are still alive and lost so much more are doing okay. But, I will also be thinking about myself, and allowing myself to feel whatever I happen to feel, because my feelings are valid too. My fear and sadness is valid too, and always have been, it just took me a while to realise it.

Voilà déjà dix ans que ces incendies ont eu lieu et je ne pense pas qu'un seul jour ne se soit écoulé sans que je n'en aie parlé, ou n'y aie au moins pensé.

[…] Je suis encore extrêmement tendue quand je me trouve à proximité de fours, de cuisinières, de chauffages, et même de briquets. En tant que boulangère, vous imaginez bien à quel point cela est pénible d'avoir ces peurs lorsque je sors quelque chose du four et que soudainement quelque chose ne se passe pas comme prévu, ou quelque chose de ce genre. Je me fige sur-le-champ et je panique.

[…] Demain je penserai à tout ceux qui n'ont pas eu ma chance, en espérant que les rescapés qui ont tant perdu se portent bien aujourd'hui. Je penserai également à moi-même et me permettrai de ressentir tout sentiment que j'éprouverai, car mes sentiments sont également légitimes. Ma peur et ma tristesse sont aussi légitimes et l'ont toujours été, j'ai juste mis un certain temps à en être consciente.

Dianne McNamara a publié ce qui n'est que le deuxième tweet de son compte :

10 ans plus tard. Mon cœur et mon âme sont transformés à jamais. Comme toujours, mes pensées sont avec chaque individu touché par le Samedi noir. Je suis éternellement reconnaissante pour le soutien reçu de différentes personnes, qu'elles aient été touchées ou non par ce désastre.
J'ai eu plus de chance que d'autres.

Georgia, une avocate de Melbourne, avait quinze ans à l'époque. Elle a résumé les sentiments de nombreuses personnes :

Voilà dix ans que mon père a sauté dans sa voiture avec mon voisin pour prendre la direction de l'incendie destructeur et venir au secours des parents de mon voisin. Voilà dix ans que ces flammes ont pris la vie de tellement de personnes, d'animaux, ont ravagé tellement de foyers et détruit tellement d'emplois. Cela restera gravé dans nos mémoires à jamais.

Robin Steenberg a partagé un souvenir déchirant :

Il y a 10 ans, mon témoin [de mariage] et sa famille ont péri dans les flammes du Samedi noir, au nord de Melbourne en Australie. C'est comme si c'était hier. Nos pensées sont avec leurs familles. REP mes chers amis.

Plusieurs personnes lient la tragédie du Samedi noir aux conditions météorologiques extrêmes que nous connaissons actuellement et qui causent des ravages dans d'autres parties du pays. Une autre catastrophe naturelle a provoqué des inondations extrêmes dans le nord du Queensland à la suite de précipitations d'un niveau record.

Blair Drysdale a donné une idée de l'ampleur du désastre dans des régions de l'arrière-pays.

Voici une ferme tenue par un ami, au nord de Julia Creek, dans le nord du Queensland. Toute son exploitation est comme ça… la totalité des 60 000 hectares.

La situation dans la ville côtière de Townsville était également extrême. L'agence d'informations vidéos à documenté les torrents :

Townsville touchée par des inondations sans précédent quand les vannes du barrage se sont ouvertes

Ann Moorfield, habitante de Melbourne, a fait le lien :

Je voudrais juste rappeler à tout le monde que lors du Samedi noir il y avait des inondations en même temps au Queensland, où un appel a été lancé aux victimes de celles-ci. Les victimes ont demandé à ce qu'on envoie de l'argent aux victimes du feu de brousse, qui en ont plus besoin.. alors aidez les victimes des inondations du Queensland.

Elizabeth Donoghue a pris la photo qui se trouve en haut de cette article “d'une route que plein de gens décrivent comme un piège mortel, une route que j'ai toujours évitée jusqu'à présent. Mais cette fois-ci, le risque en a valu la peine!”. Elle a publié la photo sur Flickr deux mois après les incendies :

Now that everyone knows that this beautiful country that was so burnt in February is not really destroyed, but is just doing what nature intended, and is regenerating, as nature intended, let me show you this amazing landscape. It gives some idea of the scale of the fires; and it also shows, for me, the folds and rhythms of the land beneath the vegetation. i took this from a road that many people describe as a death trap, a road that I have always avoided till now. But it was worth a hairy drive!

Maintenant que tout le monde sait que ce magnifique pays qui a été tellement ravagé par les flammes en février n'est pas vraiment détruit, mais plutôt que ce n'est que la nature qui l'a voulu ainsi, et que ce pays se régénère, tout comme l'a voulu la nature, je voudrais vous montrer ce superbe paysage. Cette image vous donne un aperçu de l'ampleur des incendies. Elle montre également, selon moi, à quoi ressemble le sol sous la couche de végétation. J'ai pris cette photo depuis une route que beaucoup de personnes décrivent comme étant un piège mortel. Mais cette fois-ci, le risque en a valu la peine!

Enfin, Adrian Cutts a parlé de l'intérêt croissant sur les plateformes de médias sociaux depuis le Samedi noir :

Comme par coïncidence, demain, cela fera également 10 ans qu'une grande partie des Australiens auront découvert l'existence de Twitter. Le Samedi noir a représenté un tournant majeur dans ce pays, en passant de plateforme non vérifiée jusqu'à devenir partie intégrante de notre vie.

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