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Les médias d’État hongrois attaquent une lycéenne qui a critiqué le gouvernement

Blanka Nagy parle lors d'un rassemblement en janvier 2019. Photo : Márk Tremmel, CC BY-NC-SA 2.5.

Cet article a été écrit par Tamás B. Kovács et traduit [en anglais] par Anita Kőműves pour l'association hongroise de journalisme d'investigation Atlatszo. Cette version adaptée paraît ici dans le cadre d'un partenariat avec Global Voices.

Les médias pro-gouvernementaux hongrois lancent de nouvelles attaques contre Blanka Nagy, une lycéenne qui depuis la fin de 2018 dénonce le gouvernement dans des manifestations successives.

Blanka Nagy subit un dénigrement de ses capacités intellectuelles et même du harcèlement sexuel, puisqu'un de ces organes de presse la traite de “prostituée”.

Elle a déjà intenté et gagné des procès pour diffamation contre trois de ces médias pro-gouvernementaux qui la prétendaient en échec scolaire : Lokál, Ripost, et Origo. Pourtant, après que Nagy a gagné son procès contre Origo, ce dernier a lancé une nouvelle attaque en publiant ses bulletins scolaires. Nagy a indiqué à Atlatszo qu'elle envisageait d'assigner à nouveau Origo pour ces récents articles.

Blanka Nagy est devenue célèbre en Hongrie après avoir prononcé un discours devant un rassemblement contre le gouvernement, dans lequel elle dénonçait le langage vulgaire des politiciens de premier plan. Ses propos impitoyables ont eu des échos chez de nombreux usagers des réseaux sociaux, et une vidéo de son discours est devenue virale.

Deux mois environ après le bruit fait par sa vidéo sur les médias sociaux, les médias et les commentateurs pro-gouvernementaux comme Zsolt Bayer lançaient une volée d'attaques contre elle. La presse pro-gouvernementale prétendit qu'elle était nulle dans de nombreuses matières scolaires, et qu'elle s'étaient absentée de nombreux jours. Ils l'appelèrent aussi une “aspirante-comédienne sans talent” et une “prostituée”.

Son avocat a transmis des copies de son relevé de notes au tribunal pour prouver qu'elle ne manque pas ses cours – et c'est ainsi que lesdits relevés de note sont tombés entre les mains des avocats d'Origo. Le média a décidé d'en publier des éléments, en clamant que Nagy avait presque échoué en histoire au trimestre dernier et était au bord de l'échec dans d'autres matières aussi.

Quand les médias pro-gouvernementaux hongrois ont menti sur la contestataire adolescente Blanka Nagy, elle les a poursuivis en diffamation et a gagné. Mais sommés de publier un rectificatif, ils ont refusé et récidivé. TV2 a consacré un reportage entier à se moquer de ses notes, citant les pièces de l'audience mais non le jugement.

“Mon avocat et moi envisageons de poursuivre le média qui a publié mon relevé de notes”, a dit Nagy à Atlatszo dans un entretien. Elle affirme qu'Origo n'avait aucun droit de le publier. Son avocat et elle doutent même qu'Origo ait eu le droit de voir les relevés de notes versés au dossier.

“Et leurs dernières affirmations ne sont pas vraies non plus”, ajoute-t-elle. “Je n'ai pas échoué au cours d'histoire, contrairement à ce qu'ils disent. J'ai une bien meilleure note qu'un 2 (soit un peu en-dessous de la moyenne). Ce qu'ils disent est purement et simplement faux. J'aurais honte si c'était vrai parce que j'ai un professeur d'histoire parmi mes ancêtres”.

“Je trouve toute cette agressivité verbale contre moi très bizarre, mais elle ne me dérange plus. Elle prouve seulement que j'effraie en quelque façon le sommet du parti Fidesz au pouvoir. Le fait que Zsolt Bayer en personne s'en prenne à moi et que les médias pro-gouvernementaux utilisent des prétextes mensongers pour me salir en sont la preuve”, conclut-elle.

La lycéenne Blanka Nagy : “Le Fidesz est une épidémie répugnante, perfide, laide et contagieuse. Cette répugnante bande de voleurs, ce gouvernement oligarchique se remplissent les poches pour leurs vieux jours, pendant que vous vivrez votre retraite dans la pauvreté” Elle a dit la vérité. C'EST ÇA LA HONGRIE.

Diffamation et désinformation sont les armes usuelles des médias pro-gouvernementaux hongrois. Des personnalités de l'opposition réagissent en poursuivant cette presse pour destruction de réputation. Selon les chiffres récemment obtenus par Atlatszo, les organes de propagande les plus en vue ont perdu des dizaines de procès, et ont eu reçu des tribunaux ordre de publier des rectificatifs à leurs articles à 109 reprises pendant l'année 2018.

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