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La crise politique s'intensifie au Venezuela, et la censure s'épaissit

Un rassemblement se forme à Altamira, dans l'est de Caracas, un des lieux de la ville pris par les opposants au pouvoir. Photo : Efecto Cocuyo, utilisée avec autorisation.

[Article d'origine publié le 2 mai 2019] Un nouveau chapitre de la lutte pour le pouvoir politique au Venezuela s'est ouvert au petit matin du 30 avril lorsque le leader de l'opposition Juan Guaidó a appelé à manifester pour ce qu'il a appelé la “phase ultime” de “l'Opération Liberté”, destinée à mettre fin au gouvernement de Nicolas Maduro.

Guaidó a délivré son message dans une vidéo partagée sur Twitter, où on le voit debout devant un groupe de militaires en uniforme, avec en arrière-plan le leader de l'opposition Leopoldo López, le mentor politique de Guaidó. Leurs partisans n'ont pas tardé à descendre dans les rues le 30 avril et à nouveau le 1er mai.

En un rien de temps, les principales plateformes de médias sociaux, dont Twitter, Instagram, Facebook et YouTube, devinrent inaccessibles, et les connexions de radio-télévision vers CNN et la BBC furent totalement coupées.

Les préliminaires de l’ “Opération Liberté”

Le 23 janvier 2019, Juan Guaidó, le président de l'Assemblée nationale, invoqua l’article 233 de la constitution vénézuélienne pour se déclarer titulaire des pouvoirs présidentiels et convoquer des élections. L'Assemblée nationale dénonce l'illégitimité du gouvernement de Nicolás Maduro depuis son investiture pour un deuxième mandat, à la suite d'élections de mai 2018 largement considérées comme entachées de fraude.

L'”Opération Liberté” se voulait la première phase d'un plan en trois parties proposé par Guaidó en janvier 2019. C'est aussi devenu son mantra de leader politique : “mettre fin à l'usurpation, [former un] gouvernement de transition, et [organiser] des élections libres”.

En février 2019, les Nations Unies reconnaissaient toujours Maduro comme le président du Venezuela, mais 65 pays avaient reconnu Guaidó comme président par intérim.

Lire aussi : Venezuela : Chronogie d'un blocage politique

D'après le média vénézuélien indépendant Efecto Cocuyo, des manifestations se déroulent dans de nombreuses villes du pays, et les autorités recourent à la violence pour disperser les manifestations.

Le collectif de médias Caracas Chronicles a raconté quelques-uns des événements du 30 avril :

The hardline anti-regime demonstrators resisted teargas at Altamira and several other places across the nation. Some were wounded—in some cases by gunfire. Protestors seemed exhilarated and were eager to stand their ground. It was impressive, as protestors cheered GNB officers who stood by them against the regime’s security forces. The video of a “Chavista” armored vehicle ramming protesters near La Carlota airbase became viral.

Les manifertants anti-régime radicaux ont résisté aux gaz lacrymogènes à Altamira et dans plusieurs autres lieux à travers le pays. Il y a eu des blessés, dans certains cas par armes à feu. Les manifestants paraissaient exaltés et acharnés à ne pas céder de terrain. C'était impressionnant quand les manifestants ont acclamé les agents de la Garde nationale bolivarienne qui se tenaient à leurs côtés contre les forces de sécurité du régime. La vidéo d'un blindé “chaviste” fonçant dans les manifestants près de la base aérienne de La Carlora est devenue virale.

Le suspense politique fait que les internautes sont à l'affût permanent d'information, et se tiennent prêts pour les épreuves à venir :

La situation au Venezuela est exaspérante. Nous sommes dans l'angoisse permanente. Nous avons commencé la journée en remplissant d'eau tous les récipients jusqu'aux vases, en chargeant les téléphones portables et les lampes, avons préparé les sacs de conserves et vraiment je ne sais pas, je ne sais rien, il vaut mieux que j'aille au travail

Nourriture, eau et électricité se font toujours plus rares, tout comme l'accès aux réseaux de communication. Ceci combiné à la menace qui se profile d'affrontements violents dans les rues, ont réduit de nombreux Vénézuéliens à in état perpétuel d'incertitude.

De nouveaux records de censure

D'après le spécialiste de la censure Andrés Azpúrua, le Venezuela a battu son propre “record de censure” le 30 avril et le 1er mai, avec plusieurs services de communication et chaînes de télévision devenus inaccessibles dans le pays, exacerbant encore le rétrécissement déjà lourd du paysage médiatique :

Aujourd'hui est à marquer d'une pierre blanche pour la censure et les blocages du [web] au Venezuela. Particulièrement sur l'internet.

Un de ces jours où la censure a augmenté et où [ladite censure] s'est montrée plus désespérée, surtout avec les changements de technique de blocage au long de la journée.

L'Institut vénézuélien de la presse et de la société rapporte que le 30 avril, Twitter, Instagram, Facebook, Periscope, YouTube et les services de Google ont été difficiles d'accès sur les principaux fournisseurs d'accès internet du pays — Digitel, Movistar et la compagnie publique CANTV. WhatsApp (probablement la plateforme de communication la plus importante pour les Vénézuéliens) et Telegram étaient difficiles d'accès par CANTV.

Le collectif de recherches sur la censure d'Internet NetBlocks a rapporté que les services ont été rétablis vingt minutes avant la diffusion du discours du 1er mai de Nicolás Maduro.

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