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Le basketteur Ngagne Diop dit “Gangio” expulsé d'Italie, victime du “décret de sécurité”

L'annulation du permis humanitaire par le “décret sur la sécurité” a brisé l'espoir d'une vie paisible et sûre de notre ” bon géant” ami et coéquipier.- Photo de Gangio sur la page Facebook de son équipe Polisportiva Avigliana Basket .

Ngagne Diop, appelé par tous “Gangio”, est l'une des premières victimes du renforcement de la chasse aux immigrants déclenchée par le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini, avec le décret sur la sécurité (PDF du texte du décret approuvé en 2018, en italien). En outre, une mise à jour de la loi, appelée “décret sur la sécurité bis“, qui a déjà été critiquée de plusieurs côtés, en particulier de la part des organisations internationales, arrive également ces jours-ci.

Davide Drago a reconstruit l’histoire de Gangio sur sportallarovescia.it:

Ngagne Diop, da tutti chiamato Gangio, era arrivato da un paio d’anni in Valsusa grazie ad un progetto di accoglienza diffusa per richiedenti asilo, dopo aver affrontato, come tanti ragazzi suoi coetanei, il viaggio dal Senegal fino al deserto e l’inferno della Libia per poi attraversare il Mediterraneo….

Si potrebbe pensare che il ragazzo abbia deciso di voler lasciare l'Italia come fanno tanti migranti, che utilizzano il nostro paese soltanto come passaggio. Invece no, Gangio nel nostro paese voleva viverci e si trovava bene. Il ragazzo è stato vittima delle nostre leggi. La commissione che esamina le richieste di asilo ha respinto per ben due volte la sua domanda e la settimana scorsa il giudice non ha ritenuto valida la richiesta di sospensiva del procedimento di espulsione, in attesa del ricorso in Cassazione.

Ngagne Diop, surnommé Gangio par tout le monde, était arrivé à Valsusa il y a quelques années grâce à un vaste projet d'accueil de demandeurs d'asile, après avoir fait face, comme tant d'autres, au voyage du Sénégal au désert et à l'enfer de la Libye pour ensuite traverser la Méditerranée …

On pourrait penser que le jeune homme a décidé de quitter l'Italie comme tant de migrants, qui utilisent notre pays uniquement comme lieu de passage. Mais non, Gangio dans notre pays voulait y vivre et il s'y trouvait bien. Le garçon est victime de nos lois. La commission qui examine les demandes d'asile a rejeté sa demande à deux reprises et la semaine dernière, le juge n'a pas jugé valide la demande de suspension de la procédure d'expulsion, dans l'attente du pourvoi en cassation.

Toute l’équipe de Polisportiva Basket Avigliana est surprise par cette mesure qui frappe son pivot et exprime sa solidarité. Selon fanpage.it, son président explique:

Fino a dodici mesi fa avrebbe avuto tutti i requisiti per restare, ma i nuovi regolamenti hanno stravolto tutto” accusa il presidente della Polisportiva, ricordando: “Dopo alcuni mesi di tirocinio lavorativo, nelle ultime settimane aveva anche trovato un’occupazione presso una cooperativa sociale del territorio. Tutto questo per le nuove leggi sull'accoglienza nel nostro Paese, non è stato sufficiente per garantirgli un permesso di soggiorno. La cancellazione del permesso umanitario del decreto sicurezza, ha spezzato le speranze di una vita pacifica e sicura del nostro gigante buono amico e compagno di squadra”.

“Jusqu'il y a 12 mois, il aurait eu toutes les conditions pour rester, mais la nouvelle réglementation a tout bouleversé “, accuse le président de la Polisportiva, rappelant:” Après quelques mois de formation professionnelle, il avait également trouvé un emploi dans une coopérative sociale locale au cours des dernières semaines. Tout cela n’a pas suffi avec les nouvelles lois sur l’accueil des migrants dans notre pays à lui garantir l'obtention d'un permis de séjour. La suppression du permis humanitaire par le décret sur la sécurité a brisé l'espoir d'une vie paisible et sûre de notre bon géant ami et coéquipier”.

Les Italiens ont utilisé les médias sociaux pour exprimer leur solidarité avec le jeune homme. À la suite d’un article sur valsusaoggi.it, un lecteur qui signe dario écrit ironiquement :

Qualcuno sarà orgoglioso di avere “salvato” la nazione allontanando lui ed altri come lui….

Quelqu'un sera fier d'avoir “sauvé” la nation en l'éloignant, lui, et d'autres comme lui …

Sur le même site Lele écrit aussi avec ironie :

Ma ormai dovrebbe essere chiaro, ce lo stanno spiegando in tutte le maniere: il problema dell’Italia che sta peggiorando, mentre le altre nazioni europee progrediscono, non sono la burocrazia, la corruzione, la criminalità più o meno organizzata, ma alcune migliaia di immigrati che non sono neanche sufficienti a coprire il calo demografico dell’italia che inevitabilmente causerà il crollo del sistema del “welfare” nazionale.

Mais cela devrait être clair maintenant, ils nous l'expliquent de toutes les manières : si le problème de l'Italie s'aggrave, alors que d'autres nations européennes progressent, ce n'est pas à cause la bureaucratie, de la corruption, du crime plus ou moins organisé, mais de quelques milliers de migrants qui ne suffisent même pas à combler le déclin démographique de l'Italie, ce qui entraînera inévitablement l'effondrement du système national de “protection sociale”.

L'immagine può contenere: una o più persone

L'équipe  de joueurs de la Polisportiva Avigliana Basket, avec Gangio au milieu. Photo de couverture de la page Facebook de l'équipe.

Ils ont également utilisé Facebook. Dans un commentaire sur ce média, Francesco, au nom du conseil d'administration de la Polisportiva Avigliana Basket, écrit :

Non sappiamo se adesso senza Gangio saremo più sicuri in Italia o se qualche italiano vivrà meglio senza di lui. Noi sicuramente sappiamo che ci mancherà moltissimo e speriamo di poterlo riabbracciare presto e riaverlo in campo con noi.

Nous ne savons pas si sans Gangio nous serons plus en sécurité en Italie ou si quelqu'un vivra mieux sans lui. Nous savons sûrement qu'il nous manquera beaucoup et nous espérons pouvoir le serrer dans nos bras bientôt et le ramener sur le terrain de jeu avec nous.

Ce billet a suscité plus de 6.700 réactions, dont 679 commentaires et 3.700 partages. Le commentant, Marcello D'Alessio écrit:

Sono di caselle, della filmar ..giocheremo mercoledì…io sono ufficiale di campo per referto…il suo nome lo scrivo lo stesso sul referto ed in maiuscolo…è una storia spaventosa ma purtroppo figlia di questi tempi orribili e disumani…vi sono vicino.

Je suis de Caselle, de l'entreprise Filmar … nous jouerons mercredi … Je suis le responsable du reportage sur le terrain … Je vais écrire son nom sur la liste des joueurs et en lettres majuscules … c'est une histoire effrayante mais malheureusement fille de ces temps horribles et inhumains … je suis proche de vous.

Parmi ceux qui ont partagé le post du président de Polisportiva Avigliana Basket, figure également Overtime – Storie a spicchi, suscitant plus de 4 000 interactions avec 370 commentaires et 887 partages.

Cependant, tout le monde n'a pas sympathisé avec Gangio.Luka Miharija, par exemple, explique pourquoi il vote pour la Ligue :

Io sono nato straniero, e so cosa vuole dire guadagnarsi ogni singola cosa, ed è per questo che sono fiero di votare Lega e Matteo Salvini perché è questa l'Italia che mi piace e l'Italia che voglio dove si premia chi se lo merita e chi non vuole fare qualcosa e non ha i requisiti minimi se ne deve andare. e non quella della Sinistra che per anni ha permesso a chiunque di entrare e di ricevere soldi e di vivere sulle nostre spalle… Detto ciò torniamo a parlare di Basket che forse é meglio e crea meno problemi

Je suis né étranger et je sais ce que signifie gagner chaque chose. C'est pourquoi je suis fier de voter pour la Lega et Matteo Salvini, parce que c'est l'Italie que j'aime et l'Italie que je veux, là où on récompense ceux qui le méritent. Et ceux qui ne veulent pas faire quoi que se soit et qui n’ont pas le minimum requis doivent partir. Et pas celle de la gauche qui a permis pendant des années à n'importe qui d'entrer et de recevoir de l'argent et de vivre sur notre dos … Cela dit, revenons à parler de basket-ball ce qui est peut-être mieux et crée moins de problèmes.

Le commentaire de Luka Miharija a suscité plusieurs commentaires, dont celui de Tobia Mattioli, qui a déclaré :

Luka Miharija se ci fosse stato Salvini tuo papà non sarebbe arrivato. Se ci fosse stato Salvini probabilmente tu non saresti nato.

Luka Miharija, si Salvini avait été là, ton père ne serait pas arrivé [jusqu'ici]. Si Salvini avait été là, tu ne serais probablement pas né.

Marco Campaniolo aussi a réagi en écrivant :

Luka Miharija ma perché deve essere una perenne guerra a chi sta peggio? Se alla tua famiglia hanno negato dei diritti perché è giusto negarli anche agli altri? Mi rendo conto che proprio per questo motivo potresti “rosicare” e pensare che non sia giusta questa disparità di trattamento. Ma non per questo si deve trasformare la cosa in una gara al ribasso. Anche perché, come tu stesso hai detto, se tuo padre nonostante l'impegno non fosse riuscito a trovare lavoro sarebbe stato costretto a tornare in patria e combattere una guerra che (a quel che ho capito) non sentiva come sua. Questo sarebbe stato giusto?

Luka Miharija, mais pourquoi faut-il une guerre permanente contre ceux qui sont le plus mal lotis ? Si à ta famille on a nié ses droits, pourquoi est-il juste de les refuser à d'autres aussi ?Je me rends compte que pour cette raison même, tu peux “te ronger les ongles” et penser que cette inégalité de traitement n’est pas juste. Mais ce n'est pas pour cela que ça doive être transformé en une course vers le bas. De plus, parce que, comme tu l'as dit toi-même, si ton père, malgré ses efforts, ne parvenait pas à trouver un emploi, il aurait été forcé de rentrer chez lui et de mener une guerre qu'il (si j'ai bien compris) ne sentait pas comme sienne.Cela aurait-il été juste ?

Pasquale Pagliuca précise :

Luka Miharija forse hai solo dimenticato che la Lega ha governato questo paese per 20 anni e la legge che regola dal 2002 ad oggi l’immigrazione e’ pensa tu la Bossi Fini. Poi puoi decidere di ignorare la realtà e continuare a dire fesserie

Luka Miharija, peut-être as-tu seulement oublié que la Ligue dirige ce pays depuis 20 ans et que la loi qui régit l'immigration depuis 2002 est celle, comme tu le sais, la loi Bossi Fini. Ensuite, tu peux décider d'ignorer la réalité et de continuer à dire des conneries

Selon ce qu'écrit Internazionale.it, 130.000 demandes de protection internationale ont été présentées en Italie en 2017, 52% de ces demandes ont été rejetées, 25% ont bénéficié d'une protection humanitaire, 8% du statut de réfugié pour protection subsidiaire supplémentaire et 7% d'autres types de protection.

En novembre 2018, à l'initiative du ministre Matteo Salvini, de la Ligue, le Parlement italien a approuvé le “décret sur la sécurité” qui limite la possibilité d'accueillir des étrangers et introduit une série de nouvelles règles qui affectent les “sans papiers”.

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