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Netizen Report : Au Nigéria et en Russie, les lois contre les « insultes » en ligne mettent les cyberactivistes en difficulté

Les Madonna 7 devant le tribunal. Photographie fournie par Vivien Douglas et reproduite avec autorisation.

Le Netizen Report de Global Voices Advox offre un aperçu international des défis, des victoires et des tendances émergentes en matière de libertés numériques à travers le monde. Ce numéro couvre des informations et événements survenus entre le 6 et le 19 juillet 2019.

Les règles contre les « insultes » en ligne font depuis longtemps partie des lois sur la cybercriminalité et couvrent d'autres aspects d'Internet. Bien qu'elles puissent être destinées à réduire le harcèlement en ligne, elles peuvent aussi bâillonner la liberté d'expression, et les autorités gouvernementales abusent de ces règles pour réduire au silence tout discours politique critique.

C'est le cas récemment au Nigéria, où sept étudiants et diplômés de l'Université privée Madonna du Delta du Niger pourraient être condamnés à une peine pouvant aller jusqu'à sept ans de prison [fr] pour des publications sur les réseaux sociaux dénonçant les mauvaises conditions et les mauvais traitements infligés aux étudiants et au personnel de leur université. Depuis les réseaux sociaux, les Nigérians réclament l'exonération de ceux qu'ils appellent les « Madonna 7».

L'un d'entre eux semble avoir été pris pour cible pour avoir administré un groupe WhatsApp portant sur les problèmes de la faculté, dont des allégations que les autorités universitaires avaient enfermé un employé pour avoir critiqué les politiques de l'établissement.

Ils ont tous été libérés sous caution le 3 juillet et ont quitté le centre de détention où ils se trouvaient depuis mars 2019, après avoir été inculpés au titre de la Loi sur la cybercriminalité du Nigéria. Ils sont accusés d'avoir envoyé de « faux messages » par le biais de réseaux sociaux, ayant généré « inconfort, malaise, risques, affront, préjudice et intimidation criminelle » à l'encontre de l'Université Madonna et de son chef de la sécurité, Titu Ugwu.

Entre-temps, le 15 juillet, la police de Novokouznetsk en Russie a accusé le militant Igor Gorlanov d'avoir violé une loi de mars 2019 interdisant les « déclarations insultantes » en ligne contre les autorités de l’État. L'activiste avait partagé un lien renvoyant vers un article de MediaZona sur Iouri Kartyjev, un menuisier ayant eu l'honneur douteux d'être la première personne condamnée en vertu de cette nouvelle loi pour avoir traité Vladimir Poutine d'« incroyable peigne-cul » sur le réseau social russe VKontakte.

Le 10 juillet, Pavel Chikov, avocat pour le compte de l'organisation de défense des droits humains Agora, a déclaré sur sa chaîne Telegram que, d'après ses estimations, plus de vingt procédures judiciaires en lien avec la nouvelle loi contre les insultes aux autorités avaient été engagées.

Une campagne sur Twitter s'en prend aux journalistes « anti-Pak » du Pakistan

Le 5 juillet, le mot-clic #ArrestAntiPakJournalists [‘Arrêtez les journalistes anti Pakistan’] s'est placé en tête des tendances sur Twitter avec plus de 28 000 tweets partagés en quelques heures. Il est devenu viral peu après qu'un compte Twitter appelé @IK_Warriors a posté un tweet qui appelait à l'arrestation des journalistes appartenant à ce qui est décrit comme un « groupe de médias pro-Inde et anti-Pakistan ». Le tweet, qui invitait les gens à se joindre à la campagne, était accompagné d'une photographie contenant une liste des journalistes à cibler.

Le tweet prenait principalement pour cible les journalistes critiques du gouvernement et de l'armée. Le compte twitter @IK_Warriors (IK faisant référence au premier ministre Imran Khan [fr]) affiche pour profil une photo d'Imran Khan accompagnée du logo du parti au pouvoir, Pakistan Tehreek-e-Insaaf [fr]. On peut lire dans la description du compte @IK_Warriors : « Nous défendons la vérité et le juste [sic] ». Les détracteurs d'Imran Khan affirment régulièrement que cet ancien joueur de criquet devenu politicien, qui occupe ses fonctions publiques depuis moins d'un an, a été sélectionné par l'armée.

En réaction au mot-clic #ArrestAntiPakJournalists, Mubashir Bukhari, rédacteur en chef de Truth Tracker, a déclaré à Global Voices :

Anyone who gives an alternate solution to the policies of the government or the military is labeled as anti-Pakistan or a traitor. Such trends are not only threatening and intimidating journalists but also putting the life of journalists at risk.

Toute personne qui propose une alternative aux politiques du gouvernement ou de l'armée est traité d'anti-Pakistan ou de traître. Ces tendances non seulement menacent et intimident les journalistes, mais elles mettent aussi leur vie en danger.

Internet a été rétabli en Mauritanie… pour le moment

Les autorités mauritaniennes ont rétabli l'accès à Internet [fr] après une interruption de dix jours à la suite des élections présidentielles contestées du 23 juin et des manifestations qui ont suivi. Le ministère de l'Intérieur aurait ordonné la coupure pour des raisons de sécurité, bien que des militants et des groupes de défense des droits humains estiment que le véritable objectif était d'empêcher l'opposition de mobiliser les manifestants.

Des militants font pression sur MTN pour éviter qu'Internet ne soit coupé au Soudan

Une coalition de groupes de défense des droits numériques et de la liberté d'expression a exhorté la société de télécommunications MTN à rejeter les demandes du gouvernement de couper l'accès à Internet après cinq semaines d'interruption au Soudan. L'entreprise sud-africaine MTN, l'un des principaux fournisseur d'accès à Internet du pays, avait procédé au blocage au moment où les forces militaires soudanaises réprimaient violemment les manifestations pacifiques, supprimant ainsi un canal essentiel utilisé pour dénoncer des exactions et accéder aux services médicaux d'urgence. Une lettre ouverte signée par Access Now, African Freedom of Expression Exchange, Committee to Protect Journalists, NetBlocks, Paradigm Initiative et d'autres groupes expliquent qu'en coupant Internet, l'entreprise s'est rendue complice de violations des droits humains.

IBM et Google travaillent avec des spécialistes des technologies de surveillance en Chine. Cela devrait-il nous surprendre ?

La fondation OpenPOWER, un consortium à but non lucratif dirigé par Google et IBM et créé pour améliorer l'interopérabilité de certains équipements informatiques, travaille en collaboration avec la société chinoise Semptian, selon un article publié par The Intercept. Semptian est à l'origine de puissants outils techniques de surveillance ayant été utilisés par les autorités en Chine, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord pour voler les courriels, les SMS et les historiques de recherche des utilisateurs. Ce partenariat a permis à IBM et au fabricant de puces américain Xilinxon de collaborer avec Semptian afin de créer un microprocesseur qui permet aux ordinateurs d'analyser efficacement d'immenses quantités de données. Un représentant de Semptian a déclaré à un journaliste se faisant passer pour un client qu'au-delà du célèbre coup de filet numérique chinois, l'entreprise a également mis en place un système de surveillance massive au sein d'un pays de la région du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, qu'il n'a pas nommé.

L'agence américaine pour le commerce ordonne à Facebook de payer, mais demande-t-elle assez ?

Facebook devra s'acquitter d'une amende de 5 milliards de dollars infligée par la Commission fédérale du commerce américaine pour violation de la vie privée dans le cadre de l'affaire de la fuite de données de Cambridge Analytica, une entreprise de statistiques ayant utilisé des données personnelles recueillies illégalement auprès de 87 millions d'utilisateurs de Facebook pour influencer des électeurs en amont des élections américaines de 2016. Si cette sanction est la plus élevée jamais imposée par la Commission à une entreprise de technologie, les défenseurs du droit à la vie privée continuent d'objecter que cette somme n'est qu'une simple tape sur les doigts pour Facebook, qui a réalisé plus de 15 milliards de dollars de bénéfices rien que sur le premier trimestre 2019.

Nouvelles études [en anglais]

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