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Cuba veut-il proscrire les médias indépendants en interdisant leur hébergement à l'étranger ?

Symbole du WiFi à la vieille Havane, Cuba. Photo de Nano Anderson, sur Flickr sous license CC BY 2.0.

Le 4 juillet 2019, les autorités cubaines ont édicté un nouveau décret qui interdit aux citoyens cubains d'héberger leur site internet hors du pays. Cette loi porte un coup dur au secteur des médias indépendants, en pleine croissance à Cuba, où presque tous les sites utilisent des services d'hébergement et des plates-formes de blogs étrangers.

La loi ne fournit aucun détail sur son application (on ignore encore si elle affectera ceux qui utilisent les réseaux sociaux étrangers pour publier leurs points de vue) mais les Cubains affirment qu'elle pose au moins deux problèmes importants à tout citoyen souhaitant posséder son propre site internet. Tout d'abord, cela leur coûtera plus cher. Les services d'hébergement à Cuba, fournis exclusivement par ETECSA, le fournisseur public de télécommunications et le seul du pays, coûtent plus cher que de nombreux services d'hébergement étrangers, surtout s’il s’agit de la gestion d'un blog basique sur un site tel que WordPress, où le coût minimal est nul.

L'autre aspect, plus inquiétant, est que la réglementation de l’État cubain impose des restrictions sévères quant aux types de sites internet pouvant être hébergés à Cuba même. Selon le point 27 d'une longue FAQ publiée par ETECSA, les publications qui constituent des “médias d'information” ne peuvent être hébergés sur des serveurs cubains. En outre, pour les blogueurs et les commentateurs indépendants, les règles interdisent les contenus “contraires à toute disposition de la loi ou à un acte gouvernemental” ou susceptibles de nuire à “l'ordre public”.

A Cuba, le paysage médiatique est constitué de trois composantes principales : les médias publics, la presse et les agences de presse étrangères, ainsi que des médias indépendants locaux, petits mais de plus en plus puissants. La nouvelle loi pourrait placer ce dernier secteur dans un vide juridique à long terme.

“La loi laisse les médias indépendants sans option ‘légale’ d’hébergement”, a déclaré Elaine Díaz, journaliste cubaine et auteure de Global Voices. “En infligeant des amendes, ils criminalisent une décision qui ne devrait avoir aucune conséquence juridique.” E. Díaz est la rédactrice en chef de Periodismo de Barrio, un groupe de médias indépendant basé à La Havane.

Sur Twitter, elle a également critiqué le fait que la loi a été introduite par décret au lieu d’être discutée et analysée à l’assemblée de l’État.

#PlusDeDécrets L'article 68 concerne tout citoyen qui a un blog sur @wordpress ou une page sur @Medium. C'est une violation et ça n'a même pas été approuvé par l'Assemblée [nationale]. Les politiques d'information doivent résulter d’un consensus, sinon elles seront injustes et arbitraires.

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