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La Tanzanie interdit les sacs plastiques et voit naître des centaines de centres de loisirs écologiques

Abdalah Nyambi (à gauche) récupère des bouteilles en plastiques que lui et les membres de son organisation écologique vont transformer en chaussée. Photographie de Goodhope Amani, reproduite avec autorisation.

Le 1er juin 2019, le gouvernement tanzanien a interdit l’usage des sacs plastiques, rejoignant trente-trois autres pays africains dans la lutte contre les produits plastiques jetables. Pour autant, les déchets plastiques restent abondants dans le pays et certains jeunes militants écologistes espèrent voir un jour la Tanzanie abandonner complètement les produits plastiques à usage unique.

Liberatha Kawamala, 24 ans, est une écologiste militante de premier plan de Dar es Salam, la capitale culturelle de la Tanzanie. Ancienne cadre dans le transport et la logistique, elle est désormais à la tête d'une fédération de trois cents centres de loisirs écologiques, à travers lesquels la jeunesse est sensibilisée à l’importance de la protection de la nature, avec une attention particulière sur la menace des sacs plastiques jetables sur les nombreux écosystèmes, autant terrestres que marins, de Tanzanie :

Nous devons faire plus efforts pour changer… les jeunes de ce siècle devraient commencer à apprendre plus de choses comme des entrepreneurs, à partir des gestes pratiques à l’école et de comment le système change.

La ville côtière de Dar es Salam est la plus grande ville de Tanzanie, et sa croissance est rapide. Au dernier recensement national de 2012, la population a été estimée à 4,3 millions d’habitants. La gestion des déchets y est un des principaux problèmes, en particulier dans les zones d’habitat informel, où 70 à 80 % des citadins du pays habitent, dépourvues des infrastructures de base et de tout service public de collecte des déchets.

Les Statistiques nationales sur l’environnement de 2017 a montré que la production quotidienne de déchets de Dar es Salam cette année-là était de l’ordre de 4 600 tonnes ; le même rapport prévoit qu’elle atteindra 12 000 tonnes par jour d’ici 2025.

Rive de la Msimbazi à Dar es Salam, inondée de déchets plastiques. Photographie de Goodhope Amani, reproduite avec autorisation.

En novembre 2018, Liberatha Kawamala s'est rendue à l'exposition des Arts, de la créativité et de l'innovation pour le développement durable, organisée par l'antenne des Nations Unies de Tanzanie à Dar es Salam, dans l'espoir de rencontrer d'autres personnes de même sensibilité. Elle y a effectivement rencontré Abdalah Nyambi, un étudiant de 26 ans en licence qui fabrique des fleurs en plastique à partir de matériaux recyclés.

Ils ont décidé de travailler ensemble à changer la perception des jeunes envers les déchets plastiques.

Pour ce faire, ils ont lancé l'Organisation de la jeunesse et du recyclage de plastique (PREYO) et aspirent à générer un revenu de leurs produits recyclés, tout en éduquant les jeunes sur l'importance de la conservation de la nature au moyen de centres de loisirs écologiques. Liberatha Kawamala explique :

“I studied logistics and transport management, but my passion led me to take [on the] environment. Many people ask me why [I took] logistics [because] it does not connect to [the] environment. I said if you have a passion for something, you better do it.

J'ai étudié la logistique et la gestion des transports, mais ma passion m'a dirigée vers l'environnement. Beaucoup de gens me demandent pourquoi la logistique, [puisque] elle n'est pas connectée à l'environnement. Je réponds que si vous êtes passionné par quelque chose, vous feriez mieux de le faire.

A Dar es Salam, en Tanzanie, Liberatha Kawamala (à droite) et ses compagnons montrent les morceaux de chaussée fabriqués à partir de déchets plastiques. Juin 2019. Photographie de Goodhope Amani, reproduite avec autorisation.

Elle passe la plupart de son temps à militer pour la préservation de la nature. Elle s'est associée avec des organisations telles que l'Institut Jane Goodall pour monter trois cents centres de loisirs écologiques dans les écoles primaires, où elle enseigne l'importance de la conservation de la nature, le jardinage, la plantation d'arbres, la lutte contre les déchets plastiques et un traitement approprié des déchets.

Le centre de loisirs écologique de l'école primaire Makumbusho, l'un des quelques 300 centres de Dar es Salam, en juin 2019. Photographie de Goodhope Amani, reproduite avec autorisation.

Nous avons besoin d'actions collectives contre les déchets plastiques. L'exode rural augmente, alors apprenons à nos enfants à voir le besoin de protéger la nature.

La Tanzanie ouvre la voie de l'interdiction du plastique

Début mai 2019, le Premier ministre Kassim Majaliwa a annoncé l'interdiction du plastique à usage unique à partir du 1er juin, suivant ainsi l'exemple du Kenya et du Rwanda. La Tanzanie est le trente-quatrième pays africain à imposer une interdiction sur le plastique, et d’après le Programme des Nations Unies pour l'environnement, le continent est le plus actif au monde sur de telles mesures.

M. Kajaliwa a déclaré qu'il est illégal, depuis le 1er juin 2019, d'acheter, de vendre et d'importer tout type de sac plastique, ainsi que le stipule la Loi de 2019 sur les Sacs en plastique. Toute personne fabriquant ou important des sacs ou des emballages en plastique est passible d'une amende d'un montant maximal d'un milliard de shillings tanzaniens (environ 388.000 euros) et/ou d'une peine de prison de deux ans. Selon The Citizen, la possession et l'usage individuels peuvent résulter en une amende d'un montant maximal de deux cent mille shillings (environ 89 euros) et/ou d'un emprisonnement d'une durée maximale de sept jours.

Le député January Makamba a confirmé cette loi historique sur Twitter :

Notice officielle du gouvernement aux voyageurs qui prévoient de visiter la Tanzanie, suite à l'interdiction des sacs en plastique.

De nombreux internautes tanzaniens applaudissent :

Fière de mon pays, la Tanzanie, qui vient d'annoncer qu'une interdiction des sacs en plastique à usage unique sera bientôt implémentée. J. Makamba, j'attends avec impatience d'autres annonces sur ce passionnant développement !

Monica Adam Mgata est une écolière de primaire et membre du club écologique de son école, le club “Roots and Shoots” [Racines et pousses, NdT]. Elle est persuadée que les écoliers peuvent apporter une contribution importante à la conservation de l'environnement et qu'interdire les sacs en plastique est un pas dans la bonne direction :

Plastic bags take a long time to decompose and also affects soil fertility. I advise fellow students not to use single plastics bags and bottles.

Les sacs en plastique mettent longtemps à se décomposer et affectent aussi la fertilité des sols. Je conseille à mes camarades écoliers de ne pas utiliser de sacs en plastique à usage unique ni de bouteilles.

D’après un rapport de 2018 du Programme des Nations unies pour l'environnement, des experts prédisent que jusqu’à douze milliards de tonnes de déchets plastiques seront générés d'ici à 2050 à moins de mettre en place des initiatives pour en gérer et limiter la limiter la production.

La plupart des plastiques à usage unique ne se décomposent jamais, polluant et déformant les écosystèmes terrestres et aqueux.

Étudiants du lycée de Canosa. Ils ont appris l'histoire, les avantages et les inconvénients, les types de plastique que nous utilisons dans notre vie quotidienne, la façon de recycler ou de surcycler les bouteilles en plastique dans d'autres formes, et la reconnaissance envers la Tanzanie.

Abdalah Nyambi pense que le public est passionné par son environnement mais qu'il a besoin d’être éduqué à ce sujet, en particulier quand il s'agit des bénéfices de la conservation de la nature :

People lack knowledge. If we start educating them, I think they’ll become familiar with environmental issues and start becoming sustainable.

Les gens manquent de savoir. Si nous commençons à leur apprendre, je pense qu'ils se familiariseront avec les problèmes écologiques et qu'ils deviendront [adeptes du] développement durable.

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