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Un documentaire donne à voir de l'intérieur la montée au pouvoir de Poutine

Détail de l'affiche du documentaire de Vitali Manskyi de 2018, “Témoins de Poutine”. Image aimablement communiquée par Kharkiv MeetDocs et Vitali Manski. Utilisation avec autorisation.

Nous sommes en mars 2000, et le président en poste Vladimir Poutine et ses collaborateurs suivent les résultats de l'élection présidentielle. Le public russe sait toujours peu de choses sur Poutine, le président en exercice, à part qu'il est le successeur oint d'un Boris Eltsine affaibli. Alors que les résultats finaux sont annoncés, Eltsine boit le champagne en famille. Le cameraman lui demande pourquoi il n'a pas téléphoné à Poutine pour féliciter le nouveau président. Quand Eltsine le fait, Poutine ne décroche pas. Il ne rappellera jamais son prédécesseur.

C'est sur ces scènes saisissantes que s'ouvre le film de 2018 de Vitali Manski, “Témoins de Poutine“. [Le film a été disponible trois jours pour le public russophone, son destinataire, sur le réseau télévisé international Current Time, du 31 décembre 2018 au 2 janvier 2019, NdT]. Ce documentaire d'archives, qui a obtenu le Prix du meilleur documentaire au festival de Karlovy Vary de l'année dernière, retrace l'accession au pouvoir du président russe presque vingt ans avant, quand Boris Eltsine démissionna en direct à la télévision le soir du Nouvel An 1999. Manski, aujourd'hui auteur et réalisateur de films documentaires, est idéalement placé pour raconter cette histoire : il tenait la caméra pendant cette soirée fondatrice. Pendant plusieurs années, il a eu un accès exceptionnel à l'élite politique russe de par son travail à la production de films pour la télévision d’État.

Un rôle qu'il semble désormais regretter : Témoins de Poutine est sa libération de ce fardeau.

Ces extraits encore jamais montrés des archives de Manski offrent une compréhension cruciale de l'homme qui domine la politique russe depuis deux décennies. Dans une conversation à bâtons rompus, Poutine tacle Manski qui ne comprend pas sa décision de faire revenir l'hymne national russe à la vieille mélodie soviétique. Le nouvel hymne reconstruira la confiance en l’État dans une société restée nostalgique de la stabilité de l'ère soviétique, défend Poutine, c'est donc la meilleure décision pour l’État, quels que soient les sentiments des citoyens. Tard un soir dans le convoi présidentiel, le président médite sur les limites de la démocratie électorale, tout en assurant devant la caméra de Manski qu'il n'a pas “d'ambitions monarchiques”.

Une fois ces ambitions devenues manifestes, Manski décida de quitter la Russie, et depuis 2014, il vit à Riga, la capitale de la Lettonie. Ses films, aussi nombreux que critiques, ne sont pas appréciés des autorités russes. C'est ainsi que plusieurs cinémas de Moscou ont été empêchés de projeter “Sous le soleil”, le film de Manski de 2015 sur la propagande en Corée du Nord.

J'ai parlé avec Manski après la projection de son film au Troisième festival du film d'Ukraine de l'Est à Kharkov. Le cinéaste reconnu nous a dit ce que signifiait être un témoin de l'ascension de Poutine, et s'il pensait devenir un témoin de sa chute.

Maxim Edwards : Comment avez-vous décidé de faire un film sur ce sujet ? Est-ce un moment particulier qui vous en a donné l'inspiration ?

Виталий Манский: Для меня толчком к моему собственному возвращению в прошлое было возвращение Путина в президентское кресло после короткого периода властвования Медведева. И меня, как и многих моих соотечественников, очень оскорбила форма, в которой это было объявлено. По сути дела, власть сказала, что её вообще не интересует наше мнение. Что у них есть свои проекты, а мы выполняем роль таких статистов, пусть даже формально соблюдая выборную процедуру. Это было сделано настолько нагло и так бессовестно, как и всё. И я стал вспоминать: откуда он взялся, каким он был, как его посадили в это кресло, где была та ошибка, которая сейчас материализируется в такой форме. Тогда я почувствовал что в принципе материалы, которые у меня есть, могут меня позволить рассказать эту историю. Она не уникальная, мы знали что это так происходило, но одно дело знать, а другое дело — видеть.

Vitali Manski : Le déclencheur proprement dit de mon voyage dans le passé a été le retour de Poutine dans le fauteuil présidentiel après la brève période au pouvoir de Medvedev. Et, comme beaucoup de mes compatriotes, j'ai été gravement insulté par la forme sous laquelle ça a été annoncé. En fait, le pouvoir disait que notre opinion ne l'intéressait en rien. Qu'ils avaient leurs projets, et que nous remplissions le rôle de figurants même si dans les formes ils respectaient le processus électoral. C'était fait si effrontément et tellement sans vergogne, comme tout le reste. Et j'ai commencé à me rappeler d'où il (Poutine) venait, quel homme il était, comment il avait été assis dans ce fauteuil, où était l'erreur qui se matérialisait à présent de cette manière. J'ai alors senti qu'en gros, les matériaux que j'avais me permettraient de raconter cette histoire. Ce n'est pas une histoire unique, nous savions que ça se passerait comme ça, mais une chose est de savoir, une autre est de voir.

ME : Et pour commencer, comment en êtes-vous arrivé à avoir un degré aussi incroyable d'accès à Poutine ?

Нужно учитывать, что это была принципиально другая страна, с другими законами и правилами. И в той стране это было более вероятно, чем, допустим, в современной России. И потом, мне кажется, что всегда доступ зависит от профессионального обстоятельства, кто и как делает. Может быть, он не сталкивался раньше с авторами документарного кино, работал только с журналистами, у которых принципинально другая задача, цель, и степень независимости. Когда он добирается до первого лица, журналист всё-таки более зависим от какого-то издания и руководства, и это на него давит. В тот момент я был достаточно самостоятельным и малозависящим от государства режиссером, и он для меня был одним из героев, а не каким-то недосягаемым лидером нации.

Il faut prendre en compte que c'était alors tout à fait un autre pays, avec d'autres lois et d'autres règles. Et que dans ce pays-là, [mon accès à Poutine] était, disons, moins improbable que dans la Russie actuelle. Et ensuite, il me semble que l'accès dépend toujours des circonstances professionnelles, de qui fait quoi et comment. Il n'avait peut-être pas rencontré avant d'auteurs de films documentaires, ne travaillait qu'avec des journalistes ayant des tâches, objectifs, et niveaux d'indépendance essentiellement autres. Même quand il est introduit auprès du chef de l’État, le journaliste reste quand même dépendant d'une publication et de sa direction, et il est sous leur pression. A l'époque j'étais un réalisateur suffisamment autonome et peu dépendant de l’État, et il n'était pour moi que l'un des personnages et en rien le leader inaccessible de la nation.

ME : Oui, et si je ne me trompe pas, à l'époque vous travailliez aussi étroitement avec l'équipe de Poutine. Vous le regrettez aujourd'hui ?

Конечно я жалею, что, может быть, тогда еще не оценил всю опасность происходящего. Это не значит, что я могу сказать сегодня, как нужно было поступать тогда. Но то, что я все равно находился так или иначе в этой команде, это — моя отвественность, которая никуда не денится. Даже если никто мне не предъявит претензию, я сам себя считаю отвественным. Это достаточно серьезное обстоятельство.

Bien sûr je regrette de ne pas avoir, peut-être encore maintenant, évalué toute la dangerosité de ce qui se passait. Je ne peux pas pour autant dire aujourd'hui comment il aurait fallu agir alors. Mais que je me sois tout de même trouvé là d'une manière ou d'une autre est de ma responsabilité, qui ne se divise pas. Même si personne ne m'accusera, je me considère responsable. C'est une constatation assez grave.

ME : Pourquoi avez-vous choisi le titre “Témoins de Poutine” ? Le mot “témoin” peut signifier avoir vu un crime, une infraction à la loi, pas juste un événement historique. Les “témoins de Poutine” sont-ils pour vous les gens qui ont vu sa montée en puissance de près, ou tout citoyen l'ayant observée de loin mais sans rien faire pour y résister ?

Да, свидитель на суде, может быть. Свидитель на стороне обвинения, на стороне защиты. Я полагаю, что у Путина есть разные круги свидителей. Есть ближний круг, есть средный круг. Но я позволю себе такое утвержение, что «свидетели» означает и «соучастники». Это все люди, которые на момент появления Путина [у власти] достигли совершеннолетия и имели, условно говоря, право голоса. Даже когда в советском тоталитарном обществе была осуществлена агрессия по отношению к Чехословакии в 1968-ом году, восемь человек вышли на Красную Площадь и тем самым проявили свое несогласие с политикой Кремля. Когда Ельцин, по сути, отменил выборы и назначил президента, никто не выступил против, ни один человек. Поэтому мы все были и свдетелями и соучастниками. Когда появился в России род Романовых (это произошло при Борисе Годунове) Пушкин написал классичекое произведение [«Борис Годунов»], где описывается этот процесс смены династий, смены власти. Финальная фраза у Пушкина в «Борисе Годунове» звучит так: «Народ безмолвствует». Вот он как безмолвствовал, так и безмолвствует. И пока народ молчит, в России можно совершать любые «чудеса».

Oui, peut-être, comme un témoin au tribunal, de l'accusation, de la défense. J'imagine que Poutine a différents cercles de témoins. Il y a le cercle proche, le cercle moyen. Je vais me permettre cette affirmation que “témoins” signifie aussi “complices”. Tous ceux qui, au moment de l'arrivée [au pouvoir] de Poutine étaient majeurs possédaient, relativement, le droit à la parole. Même lorsque dans la société totalitaire soviétique a été mise en oeuvre l'agression de la Tchécoslovaquie en 1968, huit personnes sont venues sur la place Rouge [à Moscou] manifester leur désaccord avec la politique du Kremlin. Mais quand Eltsine a de fait annulé les élections et désigné un président, personne n'a pris la parole contre le fait, pas le moindre individu. C'est pourquoi nous avons tous été témoins et complices. La dynastie des Romanov est apparue en Russie sous Boris Godounov, et Pouchkine décrit dans son oeuvre classique [Boris Godounov] le processus de changement de dynastie, de changement du pouvoir. La dernière phrase de la tragédie de Pouchkine est : “le peuple est silencieux.” Il l'est aujourd'hui comme alors. Et pendant que le peuple se tait, en Russie on peut faire n'importe quel “miracle”.

ME : Un des moments les plus intéressants selon moi dans votre film a été votre bref échange avec Poutine sur le nouvel hymne national de la Russie. Que vous ont dit ses paroles de sa vision du monde et de sa perception de la relation entre Etat et citoyens ?

Он является ключевым для понимания психологии Путина как великодержавника. Он четко в этом разговоре формулирует свое политическое кредо. Оно заключается в следующем. Первое: нужно задабривать консервативное большинство, дабы укреплять свою политическую власть. Второе: в укреплении своей политической власти можно откатывать историю назад. То есть, не идти по принципу той политики, которая опредилилась после окончания второй мировой войны, когда подходящий политик ставил своей целью движение вперед. Здесь Путин четко сформулировал, что для обеспечения персональной власти можно двигаться назад. И до этого разговора и до этого путинского жеста это не позволял себе ни один политик крупных государств мира. Потому что это было за рамками политической этики. И, кстати, после этого путинского разворота и введения в политику такого прикладного популизма, пошла волна популистов во всем мире. Мне кажется, что в конечном счете отчасти благодаря Путину появился Трамп. Потому что вряд ли бы американский политик решился на такой радикальный жест, если это не было апробировано в политической практике в других странах.

Il s'est avéré crucial pour la compréhension de la psychologie de Poutine dans sa grande volonté de pouvoir. Dans cette conversation il a formulé clairement son credo politique, qui réside en ceci. Premièrement : il est nécessaire d'amadouer une majorité conservatrice pour consolider son pouvoir politique. Deuxièmement : pour consolider son pouvoir politique, on peut inverser le cours de l'histoire. C'est-à-dire, ne pas suivre la politique définie après la fin de la deuxième guerre mondiale, quand l'homme politique convenable se donnait pour but d'aller de l'avant. Là Poutine formulait clairement  que pour assurer son pouvoir personnel on peut rebrousser chemin. Jusqu'à cette conversation, et jusqu'à ce geste poutinien, aucun politique d'un Etat important dans le monde ne se laissait aller à cela. C'était simplement au-delà des limites de l'éthique politique. Et d'ailleurs, après ce demi-tour poutinien et l'introduction dans la politique de ce populisme en actes, une vague de populistes a traversé le monde entier. Il me semble que finalement c'est en partie grâce à Poutine qu'est apparu Trump. Parce qu'il est peu probable qu'un homme politique américain décide d'un geste aussi radical s'il n'avait été testé avant dans la pratique politique d'un autre pays.

ME : Il me semble qu'en vingt ans, Poutine a presque cessé d'être une personne ordinaire, un homme politique, pour devenir une sorte de simulacre de l'Etat dans la conscience publique russe. Et selon l'adage, le pouvoir change et corrompt celui qui le détient. En quoi selon vous Poutine, l'homme et le politicien, a-t-il changé pendant ces deux dernières décennies ?

В государственной идеологии формулируется, что Путин — это Россия, и Россия — это Путин. Теперь что касается самого Путина. Не случайно в демократических госсударствах закладываются ограничения срока пребывания у власти. Потому что общество защищает себя от своего правителя и общество защищает правителя от начала необратимых процессов разрушения личности. Власть конечно же разрушает человека, любая власть. Тем более византийская система власти в России, которая изначально человека выводит в принципально иной формат его существования. И удержаться в этом формате мало кому удавалось. История России так говорит, что мало кому удавалось. Может быть только Горбачёву, и то не до конца, и то потому что он очень короткое время правил.

L'idéologie d'Etat a une formule que Poutine est la Russie et que la Russie est Poutine. Concernant Poutine lui-même, ce n'est pas un hasard si les Etats démocratiques instituent des limitations à la durée du maintien au pouvoir. La société se protège ainsi contre ses gouvernants et protège les gouvernants du début du processus de destruction irréversible de leur personnalité. Le pouvoir, tout pouvoir, détruit indubitablement l'individu. Et plus encore plus le système byzantin de pouvoir en Russie, qui dès le départ fait entrer le chef d'Etat dans une forme fondamentalement différente d'existence. Peu ont réussi à rester eux-mêmes dans cette forme d'existence. L'histoire de la Russie en atteste. Seul peut-être Gorbatchev, et pas jusqu'à la fin, et parce qu'il n'a gouverné que peu de temps.

ME : Quel est votre pronostic pour la nouvelle étape de la gouvernance Poutine ? Va-t-il suivre la voie du Kazakhstan voisin et s'installer dans un poste sur mesure pour conserver le pouvoir ? Ou va-t-il désigner son dauphin et se retirer de la politique ?

Прежде всего будет процесс стагнации. Когда идет эта стангация, там уже не важно как она [власть] формально распределяется. Через переформатизации конституции, власти, даже самого государства (потому что есть еще вариант объединения с Беларусью.) Это уже вторично. Первично — отсутствие цивилизованного избирательного процесса, способного регулировать общественную жизнь. Конечно будет какая-то форма формального соответствия законодательству, но мы эти формальные решения наблюдаем уже на протижении двадцати лет.

Il y aura surtout une période de stagnation. Pendant une [telle] stagnation, la distribution formelle [du pouvoir] importe moins. [Elle peut se faire] par le reformatage de la constitution, du pouvoir, voire de l'Etat lui-même (en effet il existe déjà l'option d'une union avec la Biélorussie). Mais ça reste secondaire. Ce qui prime, c'est l'absence de processus électoral civilisé capable de réguler la vie de la société. Certes, il y aura une forme de conformité formelle à la loi, mais ça fait 20 ans que nous observons ces décisions formelles.

ME : D'après-vous, qu'est-ce que Poutine préférerait personnellement ? Rester dans le bureau présidentiel, ou occuper un autre poste ?

Здесь очень мало зависит от его желания. Он построил такую систему, в которой у него нет другого выбора кроме как сохранять свою персональную власть. Потому что это единственный залог его личной бесопасности.

Ici, très peu dépend de ses souhaits. Il a bâti un système qui ne lui donne pas d'autre choix que de conserver son pouvoir personnel. C'est le seul gage de sa propre sécurité.

ME : Une génération entière de la Russie d'aujourd'hui a grandi sans connaître d'autre président que Poutine, en incluant le bref intermède de Medvedev dans cette constatation. Comment ce fait se reflète-t-il dans le climat politique actuel de la Russie ? On a vu ces dernières semaines que la jeunesse russe reste prête à prendre position dans la rue en défense des droits électoraux formels. N'y a-t-il pas aussi un risque que la prolongation de ce système conduise à l'indifférence et à l'apathie ?

Эта система, как бы сдерживания, будет создавать определенные напряжения, которые будут прорывать. Но они будут фрагментарны, потому что система подавления столь сильна, что при Путине вряд ли будет создана какая-то действенная структура. Это как лесные пожары — то тут, то там. И поэтому ожидать какого-то результата снова не приходится. Но то, что будут отдельные прорывы, какие-то всплески общественной активности — это безусловно. Но они так жестоко подавляются, не случайно за практически брошеный бумажный стаканчик человека сажают в тьюрму, потому что власть хочет дать четкий сигнал — никто не смеет сопротивляться, никто не смеет проявлять свой голос. Мы здесь власть, и мы — вечны.

Ce système, en quelque sorte de dissuasion, va créer des tensions certaines, qui vont exploser. Mais elles seront fragmentées, parce que le système répressif est si fort que sous Poutine il est peu probable que puisse se créer [dans l'opposition] une structure efficace. Ce sera comme des feux de forêt : un jour ici, un autre là. C'est pourquoi on ne doit pas attendre à nouveau de résultat. Il est pourtant certain qu'il y aura des explosions isolées, des poussées d'activisme civique. Mais elles sont réprimées si férocement, ce n'est pas par hasard que quelqu'un peut pratiquement être jeté en prison pour avoir laissé traîner un gobelet en papier. Le pouvoir veut donner un signal clair : que personne n'ose résister, que personne n'ose faire entendre sa voix. C'est nous les maîtres ici, et nous sommes éternels.

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