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Alors que Global Voices fête ses 15 ans (l'âge de raison), voici 15 articles en provenance des Caraïbes

Voici décembre, ce beau mois au cours duquel Global Voices a été créé [fr] en 2004. Ces quinze années ont passé rapidement, mais elles nous ont donné l'occasion de publier presque 100 000 articles qui encouragent à la discussion, et de traduire la plupart d'entre eux dans d'autres langues [fr].

En l'honneur de cet événement, nous présentons une rétrospective en cinq parties, qui mettront en lumière, pour chacune d'entre elles, trois des histoires les plus significatives ou les plus évocatrices de notre équipe des Caraïbes en 2019 qui — d'une façon ou d'une autre — ont témoigné de leur “entrée dans l'âge de raison”.

Une victoire légale (et morale) pour les paysans haïtiens

Sept membres du Kolektif Peyizan Viktim Tè Chabè et leur conseiller fêtent la signature d'un accord avec la banque IDB. Photo reproduite avec l'aimable autorisation de Accountability Counsel.

Le tremblement de terre dévastateur de 2010 [en] en Haïti résonne encore dans la région. Chaque fois qu'un nouveau désastre [fr] se produit, il renvoie l'écho du monstre d'une magnitude de 7 Mw qui a détruit plusieurs quartiers de Port-au-Prince, qui a tué [fr] des centaines de milliers de personnes et qui a laissé les survivants en situation de précarité accrue.

C'est pourquoi, c'est avec une grande joie que nous avons appris que le collectif de paysans haïtien Kolektif Peyizan Viktim Tè Chabè avait signé un accord historique en 2019 qui offre réparation à presque 4 000 personnes qui avaient été déplacées pour permettre la construction du parc industriel Caracol. Financé par la Banque interaméricaine de développement [fr] et l'Agence des États-Unis pour le développement international [fr] (USAID), le projet fait partie des efforts de reconstruction entrepris par le gouvernement haïtien suite au tremblement de terre, mais, en réalité, il a durement bafoué les droits fonciers et les moyens de subsistance des habitants.

La ténacité, la patience et la capacité du groupe à travailler ensemble pour le plus grand bien commun de leur communauté ont démontré leur grand courage et leur volonté de défendre leurs intérêts. C'est la première fois en Haïti que les victimes d'une appropriation de leurs terres ont pu faire entendre leurs voix dans le cadre d'un processus officiel de règlement de conflits, et leur succès constitue un solide précédent au cas où un gouvernement serait tenté de prendre des décisions similaires à l'avenir.

La crise des réfugiés vénézuéliens à Trinité-et-Tobago

Manifestation vénézuélienne, janvier 2019. Photo de Valentin Guerrero (CC BY 2.0).

Quand l'impasse politique [en] du Venezuela a rapidement dégénéré en crise humanitaire [fr], les Vénézuéliens ont commencé à fuir leur pays et ils ont été  nombreux à choisir Trinité-et-Tobago [fr] comme terre d'asile la plus proche.

Bien que Trinité-et-Tobago ait mis en place dès 2014 une politique nationale en matière de réfugiés et demandeurs d'asile, celle-ci n'a pas été appliquée, ce qui a eu un effet pervers sur une protection adéquate de ces mêmes réfugiés et demandeurs d'asile, qui, le plus  souvent, ont fini par être considérés comme des migrants sans-papiers. Cela a provoqué un effet domino qui fait que ces réfugiés sont exploités économiquement, ou, comme le déclare un rapport de Refugees International (RI) en janvier 2019, “forcés à l'illégalité”.

En juin 2019, cependant, le gouvernement de Trinité-et-Tobago a instauré une procédure d'enregistrement [en], qui a permis à des dizaines de milliers de demandeurs d'asile d'être légalement reconnus [en], minimisant ainsi la probabilité qu'ils soient exploités – une décision qui semble se trouver du bon côté de l'histoire, quelle que soit l'issue politique du Venezuela.

Des manifestations récurrentes en Haïti

Drapeau haïtien. Photo de Amy Nelson (CC BY 2.0).

Le 7 février 2019, les violentes manifestations de rue [en] en Haïti, dont le déclic avait été la hausse des prix des produits alimentaires, ont cessé temporairement. Pourtant, le malaise social était fait pour durer car la crise socio-économique du pays était alimentée en grande partie par la corruption systématique.

Une grande partie de cette corruption était liée à PetroCaribe [fr] – une alliance régionale d'énergie dirigée par le Venezuela et destinée à fournir du pétrole et des produits dérivés à des prix préférentiels. Mais de graves dysfonctionnements dans la gestion ont plutôt produit une perte de la valeur de la monnaie, une augmentation de l'inflation et un scandale de corruption d'une valeur de 3 milliards de dollars impliquant de hauts fonctionnaires gouvernementaux, dont le président haïtien Jovenel Moïse.

Dans le cadre des efforts entrepris par le gouvernement pour décourager de nouveaux troubles, le premier ministre de l'époque, Jean-Henry Céant avait promis de freiner la montée en flèche des prix des denrées alimentaires de base, de réduire les dépenses publiques, d'augmenter le salaire minimum et de lutter contre la corruption en soutenant le processus judiciaire contre PetroCaribe, mais après des dizaines d'années d'instabilité politique [fr], la population avait atteint un point de rupture. De nombreux appels à démission du président Jovenel Moïse [fr] se sont alors généralisés.

En mars 2019, le Parlement haïtien a déposé [en] une motion de censure à l'encontre de Céant et les États-Unis semblaient disposés à jouer un rôle pour aider le pays à résoudre la crise [en]. Le 9 avril, Moïse nomme [en] Michel Lapin comme nouveau premier ministre de Haïti, alors même que la violence des gangs sévit dans les quartiers les plus difficiles de la capitale et de ses environs.

Mais PertroCaribe ne veut tout simplement pas disparaître. Le 31 mai, la Cour supérieure des comptes de Haïti publie [fr] un rapport de plus de 600 pages sur la mauvaise gestion des fonds de PetroCaribe. Pendant ce temps, la ratification de Lapin en tant que premier ministre était bloquée au Sénat; en juillet, Moïse cherchait [en] à nouveau un premier ministre. En novembre, le pays reste paralysé [en] par une crise socio-économique qui ne cesse de s'aggraver, les écoles, les hôpitaux, les marchés et les banques ayant pratiquement tous fermés, le gouvernement faisant de plus en plus appel à la force pour réprimer les manifestations [en].

En cette fin d'année 2019, il semble que Moïse soit tout autant déterminé à se maintenir à la présidence que les citoyens haïtiens le sont à l'en faire sortir. Il est à prévoir que cette situation continuera de retenir notre attention l'année prochaine.

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