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COVID-19 : Vague d’indignation suite au dépistage prioritaire des politiciens indonésiens

Entrée imposante du complexe parlementaire de style brutaliste

Le bâtiment abritant le Parlement à Senayan, Jakarta. Photo de Davidelit via Wikipedia, domaine public.

Tous les liens de cet article renvoient vers des pages en anglais, ndlt.

De nombreux internautes indonésien·ne·s ont exprimé leur mécontentement face à la décision de la Chambre des représentants (DPR) de tester ses 575 membres au COVID-19.

L'Indonésie compte plus de 260 millions d'habitants. Au 25 mars 2020, le pays dénombrait 790 cas positifs de COVID-19 avec 58 décès. Mais beaucoup pensent que ce chiffre pourrait être sous-estimé en raison du faible nombre de tests COVID-19 dans les communautés. Au 24 mars, le gouvernement n'avait effectué que 2 756 tests.

Le président Joko Widodo (également connu sous le nom de Jokowi) a pour le moment refusé d’imposer le confinement pour contenir le virus, en raison de l'impact drastique de cette mesure sur le secteur informel et les salariés journaliers. À la place, le gouvernement a adopté une politique agressive de promotion de la distanciation sociale dans les grandes villes pour freiner la propagation du COVID-19. Jokowi a également ordonné l’achat massif de kits de dépistage rapide afin d’en organiser le déploiement logistique dans les toutes les zones sensibles à travers le pays.

Mais alors que l'Indonésie se prépare à l’arrivée des kits de dépistage expédiés depuis la Chine et d’autres pays, la décision du DPR de réaliser les premiers tests sur les députés a déclenché une vague d’indignation sur les réseaux sociaux. Les membres du Parlement ont également la possibilité de désigner deux ou trois membres de leur famille et du personnel tels que les chauffeurs et les aides domestiques pour des tests rapides.

De nombreuses personnes se sont montrées critiques de cette logique de priorisation du dépistage des politiciens au détriment des professionnel·le·s de la santé et des autres personnes qui se trouvent en première ligne de la lutte contre le COVID-19.

Voici quelques commentaires publiés sur Twitter :

La Chambre des représentants vient d’annoncer que l’ensemble des 575 membres du Parlement et leurs familles seraient testés au COVID-19 cette semaine grâce aux kits de dépistage rapide. Contrairement à nous, citoyen·ne·s ordinaires, ils et elles seront testé·e·s sans avoir à présenter de symptômes ni de contacts proches avec des personnes infectées.

Alors que les personnes malades à travers le pays luttent pour se faire dépister dans un contexte de pénurie de matériel médical, tous les parlementaires indonésiens et leurs familles vont bénéficier de tests gratuits au COVID-19. Tout bonnement écœurant. Nous sommes en plein dans la guerre des classes.

Avec le dépistage privilégié des parlementaires et hauts fonctionnaires (sans qu’ils et elles ne présentent aucun symptôme), on se croirait dans le #Transperceneige de Bong Joon Ho. Et la première classe occupée par l’élite nous est bien évidemment interdite.

Andreas Harsono, expert en droits humains, partage aussi le sentiment de la majorité. Il a ainsi confié au Sydney Morning Herald :

A lot of people are angry with parliamentarians as even doctors, nurses, ambulance drivers – the people on the front lines – are not being tested. It has made people very angry. This reinforces the idea that they are selfish.

Nombreux sont ceux qui s’insurgent contre les parlementaires alors que docteurs, infirmiers, infirmières, ambulanciers et ambulancières – les personnes qui sont en première ligne – se voient négligé·e·s. Cela a mis les gens hors de leurs gonds et renforcé l’idée qu’ils ne pensent qu’à leur nombril.

En réponse, les responsables du DPR ont déclaré que les kits de dépistage étaient autofinancés par leurs membres. Un allié du parti du président a en outre opposé l’idée que les membres du DPR devaient être dépistés « afin d’assurer le bon fonctionnement du gouvernement ».

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