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Projet « matrice d'identité » : discussions autour de l'identité et des droits numériques en Afrique

Catégories: Afrique Sub-Saharienne, Afrique du Sud, Burkina Faso, Kenya, Nigéria, Cyber-activisme, Ethnicité et racisme, Langues, Liberté d'expression, Médias citoyens, Politique
Des utilisateurs assis devant leur clavier, dans la salle Internet TEDGlobal.

Salle Internet TEDGlobal. 3 juin 2007. Photo de Erik (HASH) Hersman [1], sous licence Creative Commons CC BY 2.0 [2].

Du 20 avril au 22 mai 2020, l'équipe Global Voices d'Afrique subsaharienne, conjointement à Rising Voices [en] [3], hébergera une campagne Twitter dans le cadre du projet « La matrice d'identité : contrôle par les plateformes des menaces pesant sur la liberté d'expression en Afrique ».

S'appuyant sur « L'écriture en quête de liberté : politique et droits numériques en Afrique » [5], cette initiative de sensibilisation sur les réseaux sociaux durera cinq semaines, et impliquera un dialogue thématique organisé par @GVSSAfrica [6], au cours duquel cinq militant·e·s africain·e·s pour les droits linguistiques se concentreront sur l'intersection entre les langues et des droits numériques.

Le projet « matrice d'identité » est financé par le Fonds africain pour les droits numériques [en] [7] de la Collaboration sur les politiques internationales des TIC pour l'Afrique orientale et australe (CIPESA [en] [8]). Global Voices fait partie des bénéficiaires du Fonds africain pour les droits numériques.

Ces activistes tweeteront dans des langues africaines comme le bambara, l'igbo, le khoïkhoï, le n|u, le swahili, et le yorùbá, en plus du français et de l'anglais.

Ils et elles partageront aussi leurs expériences personnelles et leurs points de vue sur les défis et les menaces aux droits numériques, à travers un prisme linguistique.

Les échanges porteront sur la façon dont les menaces à la neutralité du Net marginalisent les contenus numériques en langues africaines ; le développement de la mésinformation et de la désinformation en langues africaines sur plusieurs plateformes numériques, et les actions menées par les entreprises et la société civile pour lutter contre ces phénomènes ; les conséquences d'une connectivité Internet inaccessible ou défaillante, dans des zones riches en locuteurs d'une langue africaine ; l'importance du droit d'accès à l'information, et ses défis, dans des espaces numériques en langues africaines. Ces activistes aborderont aussi les politiques des entreprises, ainsi que les défis actuels qui peuvent influencer la libre expression des citoyen·ne·s dans leur langue.

À la rencontre des participant·e·s

Les discussions sur Twitter seront animées par Denver Toroxa Breda (khoïkhoï, n|u, anglais) d'Afrique du Sud, Adéṣínà Ghani Ayẹni (yorùbá, anglais) du Nigeria, Kpénahi Traoré (bambara, français) du Burkina Faso, Roseblossom Ozurumba (igbo, anglais) du Nigeria, et Bonface Witaba (swahili, anglais) du Kenya. Le hashtag de référence sera #IdentityMatrix (matrice d'identité).

Certain·e·s de ces activistes ont participé auparavant à la campagne en ligne @DigiAfricanLang [en] [9] en commémoration de l'Année internationale des langues autochtones en 2019.

Du 20 au 24 avril : Denver Toroxa Breda (@ToroxaD [10])

Denver Toroxa Breda, portrait en noir et blanc.

Denver Toroxa Breda. Photo utilisée avec autorisation.

Breda, militant pour les langues et les cultures khoï et kuwiri, est un écrivain qui prône l'officialisation du khoïkhoï et du n|u, deux des langues premières d'Afrique du Sud. Le khoïkhoï est parlé et enseigné à l'école en Namibie. Pourtant en Afrique du Sud, d'où cette langue est originaire, seules 2 000 personnes le parlent. Le khoïkhoï n'y est pas officiel, ni présent dans les écoles. Le n|u n'est parlé couramment que par une personne, c'est une langue en grand danger d'extinction.

Kpénahi Traoré, arborant un large sourire.

Kpénahi Traoré. Photo utilisée avec autorisation.

Du 27 avril au 1er mai : Kpénahi Traoré (@kpenahiss [11])

Kpénahi Traoré est née en Côte d'Ivoire mais elle vient du Burkina Faso.

Elle est rédactrice en chef de RFI mandenkan, la rédaction de Radio France International (RFI) en langue bambara.

Pour Traoré, ce fut une magnifique expérience de travailler en langue bambara. Auparavant, elle pensait que faire du journalisme en bambara serait impossible.

Sa langue maternelle est le samogo, même si elle a grandi avec le dioula en Côte d'Ivoire et au Burkina Faso.

Les Malien·ne·s l'appellent le bambara, les Guinéen·ne·s disent le malinke, certain·e·s connaissent cette langue comme le mandingo.

Du 5 au 8 mai : Blossom Ozurumba (@blossomozurumba [12])

Blossom Ozurumba, souriante.

Blossom Ozurumba. Photo utilisée avec autorisation.

Ozurumba est aussi connue sous le nom d'Asampete. Traduit approximativement de l'igbo, cela signifie « celle qui est jolie ».

Passionnée par la langue et la culture igbo, elle est déterminée à aider de nombreuses personnes à acquérir une ou plusieurs compétences, que ce soit parler, écrire ou lire cette langue.

Ozurumba est une membre fondatrice du groupe d'utilisateurs des wikimédiens de l'igbo, et elle engagera à coup sûr une conversation sur la Fondation Wikimedia.

Elle habite à Abuja, au Nigeria, une ville dont elle apprécie l'ambiance calme et posée.

Du 11 au 15 mai : Ọmọ Yoòbá (@yobamoodua [13])

Adéṣínà Ayẹni, en portrait, posant devant un mur de street-art.

Adéṣínà Ayẹni. Photo utilisée avec autorisation.

Adéṣínà Ayẹni, aussi connu sous le nom de Ọmọ Yoòbá, est un journaliste et un défenseur de la culture qui s'est emparé du pouvoir de socialisation des médias au travers de la préservation, de la dissémination et de la transmission de l'héritage culturel yorùbá, à la fois en ligne et hors ligne.

En tant qu'acteur de voix-off, il a réalisé d'innombrables publicités en yorùbá pour des campagnes de radio au Nigeria et pour TVC. Il est le fondateur de la plateforme « Héritage culturel Yobamoodua », dédiée à la propagation de la langue et de la culture yorùbá. Ọmọ Yoòbá assure également la gestion du site Global Voices en Yorùbá [yo] [14].

Il donne des cours particuliers de langue yorùbá sur Tribalingual [en] [15], à des étudiant·e·s du monde entier. Il travaille aussi avec Localization Lab, une communauté internationale de traducteur·ice·s bénévoles, d'utilisateur·ice·s, de développeurs et développeuses et d'intermédiaires, qui collaborent pour traduire et localiser des outils de sécurité numérique et de contournement. Ọmọ Yoòbá a écrit un livre intitulé  Àtẹ Ẹ̀yà Ara Ẹ̀dá Ọmọ Ènìyàn [en] [16](Schémas de l'anatomie du corps humain), qui rassemble des croquis légendés en yorùbá, présentant l'anatomie humaine ainsi que des herbes qui font des merveilles sur chaque partie du corps. Adéṣínà Ayẹni est chercheur pour la Fondation Firebird pour la recherche anthropologique [en] [17].

Du 18 au 22 mai : Bonface Witaba (@bswitaba [18])

Bonface Witaba, posant devant le Sandton Convention Centre.

Bonface Witaba. Photo utilisée avec autorisation.

Witaba est auteur et créateur de contenu local. Il est également actif à plusieurs titres sur les sujets de gouvernance et de politique numérique, en tant que porte-parole, formateur, chercheur, et consultant.

C'est le chef de file et l'un des pionniers de l'ICANNWiki Swahili, un site encyclopédique dont la mission est de développer, de traduire, et de localiser en swahili 10 000 articles et glossaires sur la gouvernance Internet, pour les 150 millions de locuteur·ice·s du swahili, d'ici 2020.

Witaba dirige aussi une initiative auprès des jeunes pour les aider à renforcer leurs capacités en matière de gouvernance Internet. Il s'agit de parrainer des étudiant·e·s et des universitaires, tout autant que des salarié·e·s des secteurs privé ou public, à travers des cours sur la gouvernance Internet.