- Global Voices en Français - https://fr.globalvoices.org -

« Tant que je respire, j'espère » : En conversation avec Ali Gharavi du groupe #Istanbul10

Catégories: Afrique du Nord et Moyen-Orient, Turquie, Cyber-activisme, Droits humains, Médias citoyens
Illustration des membres du groupe #Istanbul10, souriants, sur fond de symboles de justice et d'emprisonnement. [1]

Une photo du groupe #Istanbul10. Photo d'Amnesty International via Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 4.0 [2].

Note de la rédaction : Cet entretien est réédité grâce à un partenariat entre Global Voices et IFEX. Retrouvez cet entretien dans son intégralité sur le site de l'IFEX [3] (en anglais).

Ali Gharavi est consultant en stratégie et sécurité holistique. Il travaille avec les défenseurs des droits humains, leurs organisations et leurs communautés. Il fait partie des dix personnes – avec İdil Eser, ancien directeur d'Amnesty Turquie – qui ont été arrêtées en Turquie en juillet 2017 [4] [en] lors d'un atelier sur la gestion de l'information et le bien-être sur l'île de Buyukada. Le hashtag #Istanbul10 a été utilisé dans le cadre des efforts continus de plaidoyer pour appeler à l'abandon de toutes les charges retenues contre elles et eux et à leur libération immédiate.

En mars 2020, en amont d'une audience de verdict prévue – mais depuis reportée – Ali Gharavi s'est confié à Cathal Sheerin, la responsable de rédaction régionale de l'IFEX. Il lui a raconté comment son arrestation et son incarcération en Turquie pendant quatre mois avaient affecté sa vie et influencé son travail.

Cathal Sheerin : Comment envisagez-vous la prochaine audience ?

I feel a combination of anticipation and anxiety. It’s been a roller coaster of emotions over the last almost three years and the verdict was supposed to have been reached at the last hearing. In terms of realistic outcomes, we’ve talked about two or three possibilities with our families, lawyers and the authorities in Sweden. I’ve been trying to keep my wits about me and not putting all my eggs in one basket, but we’re pretty optimistic that the outcome could be acquittal.

Ali Gharavi : J'ai des sentiments mélés d'anticipation et de crainte. Ces trois dernières années ont été marquées par des émotions en dents de scie. Le verdict était censé être rendu lors de la dernière audience. En termes de résultats possibles, nous avons discuté de deux ou trois possibilités avec nos familles, nos avocats et les autorités suédoises. J'ai essayé de garder la tête froide et de ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier. Mais nous sommes assez optimistes quant à l'issue du procès, qui pourrait être l'acquittement.

CS : Quels sont les éléments qui vous rendent optimiste quant à l'acquittement ?

I’m only nominally optimistic really because these things can turn on a dime. At the hearing before the last one, the prosecutor said that – of the ten of us plus Taner Kılıç – he would accept acquittal for five because of lack of evidence, but the rest he wanted to convict. I was in the acquittal group. All of us are quite adamant, however, about not having this ‘split’ decision.

AG : Je ne suis optimiste qu'en théorie. Car ces choses-là peuvent se retourner n'importe quand. Lors de l'avant-dernière audience, le procureur a déclaré que – sur les dix, plus Taner Kılıç [5] [en] – il n'accepterait l'acquittement que pour cinq d'entre nous en raison du manque de preuves. Mais il voulait faire condamner les autres. Je faisais partie du groupe des acquittés. Mais nous sommes tous assez catégoriques sur le fait que nous ne pouvons pas accepter cette décision “séparée”.

CS : Pourquoi pensez-vous avoir été divisés en deux groupes?

It’s really hard to say. Two of us in the acquittal group – Peter Steudtner and I – are not Turkish, so it’s possible that they want to remove the international angle from all of this. However, that’s just my speculation. It’s actually quite arbitrary, and I think this is partly because they have no evidence. It might even be a way to ramp this down: Let’s acquit half of them now and then acquit the rest in a trickle.

AG : C'est vraiment difficile à dire. Deux des membres du groupe des acquittés – Peter Steudtner [6] [en] et moi-même – ne sont pas turcs. Il est donc possible qu'ils veuillent en supprimer l'aspect international. Mais ce n'est qu'une hypothèse. C'est en fait assez arbitraire. Je pense que c'est en partie parce qu'ils n'ont aucune preuve. C'est peut-être même un moyen de faire baisser la pression : acquittons la moitié d'entre eux maintenant et ensuite acquittons le reste au compte-goutte.

CS : Quel a été l'impact de votre arrestation, de votre détention et de votre procès sur votre famille et sur vos amis?

This is a really important question for me, because we always tend to concentrate on the person who’s at the centre of the crisis. However, I compare the experience to a cluster bomb, where the first detonation is our arrest and the subsequent explosions take place in our families, among our friends and at our work as people discover what has happened. It’s not just confined to the ten or 11 who are in prison – it spreads like a virus, infecting everyone it comes into contact with. My partner went through great trauma, as did other members of my family, because of this. It can be all-encompassing for some people, as it was for me.

It changes one’s life. You become a different person because of the trauma you endured: four months of being in various Turkish prisons leaves its footprint; and then, for your partner, there’s not knowing where her loved one is for two months, whether he is alive or not.

My wife, Laressa Dickey, Peter’s partner, Magdalena Freudenschuss, and our colleague, Dan O’Cluanaigh, ended up creating a de facto response organisation that helped coordinate and inform the activities of all the other advocacy groups, such as IFEX. We called it the ‘Family Unit’ and its activities were informed by the work that Peter, Dan and I do – holistic security – which is about being actively aware that a crisis has many different aspects, including the digital footprint, physical security, health and psychological well-being.

The ‘Family Unit’ did strategic planning and set objectives, such as caring for the families of the incarcerated and providing systematic communications so that each family had all the relevant information about their loved ones. They also developed protocols with our lawyers; some of this was as mundane as giving the lawyers our shoe and underwear sizes so that they could buy things for us. It’s basic, but that’s the stuff that makes it easier for the lawyers to do their actual work. The lawyers became the only mode of contact with us; my own lawyer is now my dearest friend because he was my lawyer and also my personal shopper, confidante, adviser and therapist.

AG : C'est une question vraiment importante pour moi. Car nous avons toujours tendance à nous concentrer sur la personne qui est au centre de la crise. Cependant, je compare cette expérience à celle d'une bombe à fragmentation. La première détonation est notre arrestation et les explosions suivantes ont lieu dans nos familles, parmi nos amis et sur notre lieu de travail, au fur et à mesure que les gens découvrent ce qui s'est passé. Elle ne se limite pas aux dix ou onze personnes qui sont en prison – elle se propage comme un virus, en infectant tous ceux avec qui elle entre en contact. Ma partenaire a subi un grand traumatisme, tout comme d'autres membres de ma famille, à cause de cela. Pour moi, comme pour d'autres, cela peut toucher toutes les sphères de la vie.

Ça vous change la vie. Vous devenez une personne différente à cause du traumatisme que vous avez subi. Quatre mois passés dans différentes prisons turques laissent des traces. Puis, pour les partenaires, il y a le fait de ne pas savoir où se trouvent leurs proches pendant deux mois, s'il sont vivants ou non.

Ma femme, Laressa Dickey, la partenaire de Peter, Magdalena Freudenschuss, et notre collègue, Dan O'Cluanaigh, ont fini par créer ce qui est en réalité une organisation d'intervention, qui a aidé à coordonner et à informer les activités de tous les autres groupes de défense des droits, comme l'IFEX. Nous l'avons appelée “Unité familiale” et ses activités ont été informées par le travail que Peter, Dan et moi faisions – la sécurité holistique. Ceci consiste à être activement conscient qu'une crise comporte de nombreux aspects différents : l'empreinte numérique, la sécurité physique, la santé et le bien-être psychologique.

La “cellule familiale” a fait de la planification stratégique et a fixé des objectifs. Elle a notamment pris en charge les familles des détenus et assuré une communication systématique afin que chaque famille dispose de toutes les informations pertinentes sur ses proches. Ils ont également élaboré des protocoles avec nos avocats ; certains de ces protocoles étaient aussi banals que de donner aux avocats nos tailles de chaussures et de sous-vêtements pour qu'ils puissent nous acheter des choses. C'est fondamental, mais c'est ce qui permet aux avocats de faire leur travail plus facilement. Les avocats sont devenus le seul mode de contact avec nous. Mon avocat est maintenant mon meilleur ami. Il était mon avocat, mais aussi mon acheteur personnel, mon confident, mon conseiller et mon thérapeute.

[3]

Ali Gharavi. Photo par Annie Game.

CS : Lorsque vous avez été incarcéré, étiez-vous au courant de l'action menée en votre nom ? Quel impact cela a-t-il eu sur votre moral?

Maintaining my morale was one of the biggest challenges for me. I was held at four different sites. At one point, they transferred us to the anti-terrorism headquarters for interrogation, which sounds like – and was – quite a harrowing experience. Then my family heard that, because of overcrowding, they’d placed me in a two-person cell with four others, two of whom were ISIS members.

Obviously, when you hear that, it sounds like the most horrendous situation, but in reality it was actually a very supportive environment. Those two supposed ISIS members were actually just two religious boys who’d grown beards. I walked in to this very compact area where they’d all heard that these ‘super-spies’ were coming, and this young nineteen-year-old supposed ISIS member started speaking to me in German, knowing that I’d lived in Germany. He said: “You’re our elder, you’re our uncle, this is your home, whatever you want we’ll provide.” The moments which – from the outside – looked quite devastating, were sometimes actually moments of amazing solidarity.

Most of our incarceration was spent in a maximum security prison. Because they supposedly thought we were super-advanced spies they put us in the Number Nine Prison, which has extra security. I had only one hour a week to see people – usually my lawyer or sometimes a diplomat.

You begin to forget what the outside looks like and you assume that the outside doesn’t remember you either. But every week my wife would email details to my lawyer of everything that was being done for us, so that my lawyer could print it all out and pretend that it was a legal document (because that was the only thing I was permitted to look at).

I’ve done letter-writing campaigns in the past, and I never knew for sure if they had any effect on the people who were in jail, but having been on the inside, I can say that those moments were life-saving. Sometimes my lawyer would search for my name on Twitter and print out all the tweets that had been posted that week about me; there was also this Twitter campaign, #haikusforAli, and demonstrations in Brussels, sit-ins in front of embassies.

All of those moments reminded me that people on the outside were thinking of me and mobilising. I’m not exaggerating when I say that those were the things that saved me when I was in the depths of an abyss.

AG : Maintenir mon moral était l'un des plus grands défis pour moi. J'ai été retenu sur quatre sites différents. À un moment donné, ils nous ont transférés au quartier général de la lutte antiterroriste pour un interrogatoire, ce qui semble – et a été – une expérience assez pénible. Puis ma famille a appris qu'en raison du surpeuplement, ils m'avaient placé dans une cellule de deux personnes avec quatre autres, dont deux étaient membres de l'État islamique.

Évidemment, quand vous entendez cela, cela semble être la situation la plus horrible, mais en réalité, c'était un environnement très favorable. Ces deux soi-disant membres de l'État islamique n'étaient en fait que deux garçons religieux qui s'étaient fait pousser la barbe. Je suis entré dans cette zone très compacte où ils avaient tous entendu dire que ces “super-espions” arrivaient, et ce jeune supposé membre de l'État islamique de dix-neuf ans a commencé à me parler en allemand, sachant que j'avais vécu en Allemagne. Il m'a dit : “Tu es notre aîné, tu es notre oncle, c'est ta maison, tout ce que tu veux, nous te l'offrirons.” Les moments qui – de l'extérieur – semblaient assez dévastateurs, étaient parfois en fait des moments de solidarité étonnants.

Nous avons passé la plus grande partie de notre incarcération dans une prison de sécurité maximale. Parce qu'ils pensaient soi-disant que nous étions des espions sophistiqués, ils nous ont mis dans la prison numéro neuf, qui a une sécurité supplémentaire. Je n'avais qu'une heure par semaine pour voir les gens – généralement mon avocat ou parfois un diplomate.

Vous commencez à oublier à quoi ressemble l'extérieur. Vous présumez que l'extérieur ne se souvient pas de vous non plus. Mais chaque semaine, ma femme envoyait par e-mail à mon avocat les détails de tout ce qui était fait pour nous. Mon avocat pouvait ainsi tout imprimer et prétendre qu'il s'agissait d'un document légal (parce que c'était la seule chose que j'étais autorisé à regarder).

J'ai fait des campagnes de lettres dans le passé. Je n'ai jamais su avec certitude si elles avaient un quelconque effet sur les personnes qui étaient en prison. Mais ayant été à l'intérieur, je peux dire que ces moments ont sauvé des vies. Parfois, mon avocat cherchait mon nom sur Twitter et imprimait tous les tweets qui avaient été publiés cette semaine-là à mon sujet ; il y avait aussi cette campagne Twitter, #haikusforAli, et des manifestations à Bruxelles, des sit-in devant les ambassades.

Tous ces moments m'ont rappelé que les gens à l'extérieur pensaient à moi et se mobilisaient. Je n'exagère pas quand je dis que ce sont ces choses qui m'ont sauvé quand j'étais au fond du gouffre.

CS : Comment cette expérience a-t-elle influencé votre façon de travailler ?

The kind of work I’d been doing was intended exactly for this kind of situation, where you need to pay attention to the whole person, not just their devices or the organisation’s activities. Because of my incarceration, I now understand that at a molecular level. For me, the whole experience has placed a higher premium on understanding people – who they are, where they are – as a big part of how we can actually help them regardless of whichever aspect of their work we’re trying to assist them with.

One thing the experience revealed was how inadequately resourced and researched care and crisis response is: how do you care for not just the person incarcerated, but also his family, the community around him, his colleagues?

Once the crisis is ‘over’ the assumption is that life goes on as usual, whereas there’s actually recovery that needs to be done. Often there’s also a massive financial burden due to legal costs and the inability to work for a while. After my release I went to Berlin and arrived into a very supportive debriefing environment. It’s a very privileged situation to be in – those ten days were very helpful in making me understand that I’d be going through this trauma and recovery and that it’s not just business as usual. There was a crowd-funder created for me so that I didn’t just have to drop back into work, and there was physical and psychological therapy too.

I knew it intellectually, but now I know it viscerally, that just because you get released the trauma doesn’t just go away. It takes years to be functional again. People assume that when you recover you’re going to go back to being who you were, but that’s not true.

AG : Le type de travail que j'avais fait était justement destiné à ce genre de situation, où il s'agit de prêter attention à la personne dans son ensemble, et pas seulement à ses dispositifs ou aux activités de l'organisation. Du fait de mon incarcération, je comprends maintenant cela au niveau moléculaire. Pour moi, toute cette expérience a mis l'accent sur le fait qu'une grande partie de l'aide réelle que nous pouvons apporter aux personnes, quel que soit l'aspect de leur travail sur lequel nous essayons d'intervenir, passe par la compréhension des personnes : qui sont-elles, où sont-elles? .

Une chose que l'expérience a révélée. C'est l'insuffisance des ressources et des recherches en matière de soins et de réponse aux crises : comment s'occuper non seulement de la personne incarcérée, mais aussi de sa famille, de la communauté qui l'entoure, de ses collègues ?

Une fois la crise “passée”, on part du principe que la vie continue comme d'habitude, alors qu'en réalité, il faut se rétablir. Souvent, il y a aussi une charge financière énorme due aux frais de justice et à l'incapacité de travailler pendant un certain temps. Après ma libération, je suis allé à Berlin et je suis arrivé dans un environnement de débriefing très favorable. C'est une situation très privilégiée – ces dix jours m'ont beaucoup aidé à comprendre que je vivrais ce traumatisme et ce rétablissement et que ce n'est pas seulement une question de travail. Un fonds de soutien a été créé pour moi afin que je n'aie pas à reprendre le travail tout de suite, et il y a eu aussi une thérapie physique et psychologique.

Je le savais intellectuellement, mais maintenant je sais viscéralement que ce n'est pas parce que vous êtes libéré que le traumatisme disparaît. Il faut des années pour redevenir fonctionnel. Les gens pensent que lorsque vous vous rétablissez, vous redeviendrez ce que vous étiez, mais ce n'est pas vrai.

CS : Vous comptez retourner en Turquie un jour ?

It would be very difficult for me to feel safe there, but I would go, if only in order to ‘get back on the horse’. If the verdict doesn’t go the way we expect, then I’d be incarcerated if I turned up there, so I obviously wouldn’t return. I love Turkey – the people and the environment – and I feel like a big part of my life and friends is now off-limits to me. But I dream of when I’ll be able to go back, hug the people who were inside with me and eat baklava with them. As Cicero said: ‘While I breathe, I hope.’

The humanity of what I experienced in detention was humbling. Regardless of why those people were incarcerated with me, they – that young 19-year-old who spoke to me in German, and others – were an amazing source of inspiration and support. During the toughest times I’d be angry with them, but they were amazingly unwavering. I’ve heard via word of mouth that those two supposed ISIS members are now back with their families and all is well. I owe them a big debt of gratitude.

Most of the time I was incarcerated alongside political prisoners who faced trial on specious charges, or who had been (and continue to be) detained for years on end as they wait for an indictment. And now we hear that despite the mortal threat of COVID-19 sweeping through the prison system, those prisoners will stay behind bars.

AG : Ce serait très difficile pour moi de m'y sentir en sécurité, mais j'irai, ne serait-ce que pour “me remettre en selle”. Si le verdict ne va pas dans le sens que nous attendons, je serais incarcéré si je me présentais là-bas. Alors je ne reviendrais évidemment pas. J'aime la Turquie – les gens et l'environnement – et j'ai l'impression qu'une grande partie de ma vie et de mes amis m'est désormais interdite. Mais je rêve du jour où je pourrai y retourner, embrasser les gens qui étaient en prison avec moi et manger du baklava avec eux. Comme l'a dit Cicéron : “Tant que je respire, j'espère”.

Ce que j'ai vécu en détention était d'une grande humanité et d'une grande humilité. Quelle que soit la raison pour laquelle ces personnes étaient incarcérées avec moi, que ce soit jeune de 19 ans qui me parlait en allemand ou d'autres, ont été une source d'inspiration et de soutien incroyable. Dans les moments les plus difficiles, je leur en voulais, mais ils étaient incroyablement inébranlables. J'ai entendu par le bouche à oreille que ces deux supposés membres de l'État islamique étaient maintenant de retour dans leurs familles et que tout allait bien. Je leur dois beaucoup de gratitude.

La plupart du temps, j'étais incarcéré aux côtés de prisonniers politiques qui étaient jugés sur des accusations spécieuses, ou qui avaient été (et continuent d'être) détenus pendant des années en attendant une mise en accusation. Et maintenant, nous apprenons que malgré la menace mortelle du COVID-19 qui pèse sur le système carcéral, ces prisonniers sont toujours derrière les barreaux [7] [en].