Le Bangladesh est confronté à ses plus longues inondations depuis 1998

Vue aérienne de terres inondées et de champs verdoyants.

Terres inondables sur un remblai au Bangladesh. Image tirée par Rezwan, via Flickr, reproduite avec autorisation.

L’article d'origine a été publié en anglais le 29 août 2020.

Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages web en anglais.

La saison des moussons est arrivée en Asie du Sud et a déjà ravagé de vastes étendues de zones agricoles et urbaines, laissant des millions de personnes qui subissaient déjà les effets de la pandémie de COVID-19 dans la ruine financière.

Environ 10 millions de personnes en Inde, au Bangladesh et au Népal ont été touchées par les inondations de mousson en 2020, les plus graves depuis 1998. Plus de 550 personnes sont mortes en conséquence, tandis que plus d'un million ont été déplacées ou bloquées.

Un tiers du Bangladesh était sous l'eau après que des pluies torrentielles aient fait déborder 53 rivières en juin, alors que le Bangladesh commençait tout juste à se remettre des ravages causés par le Cyclone Amphan [fr] en mai.

M. Jubair Ahmed, un expatrié bangladeshi, a posté des images des inondations dans le sud du pays :

Inondations dans le sud du Bangladesh

[images]
Une femme âgée est plongée dans l'eau jusqu'aux épaules. On aperçoit derrière elle une maison au toit de chaume, qui est presque submergée. Trois autres images montrent des rues sous l'eau, dont un marché.

Le journaliste Rafiqul Islam Montu a écrit sur le site GainConnection que :

Villagers lost their livelihood and have found no work, hence no income. Unemployment is rising. Cyclone affected families are struggling to get their daily food. There is an acute shortage of drinking water as well. The COVID-19 pandemic has made things worse, as relief supplies are affected. The west coast of Bangladesh is facing multiple disasters.

Les villageois ont perdu leurs moyens de subsistance et n'ont trouvé aucun travail, donc aucun revenu. Le chômage est en hausse. Les familles touchées par le cyclone ont des difficultés pour se procurer à  manger au quotidien. Il y a également une grave pénurie d'eau potable. La pandémie de COVID-19 a aggravé la situation, car les fournitures de secours sont touchées. La côte ouest du Bangladesh est confrontée à de multiples catastrophes.

Le remblai réparé par des bénévoles a été emporté par la pression de la marée. Les gens flottent à nouveau dans l'eau. Le remblai qui s'est effondré lors du cyclone Ampan a été réparé à l'initiative des villageois. Photo de l'ouest #côteouestduBangladesh

Selon le ministère de l'Agriculture du Bangladesh, des récoltes d'une valeur de 13,23 milliards de BDT (156 millions de dollars US) ont été endommagées, et environ 257 148 hectares de terres agricoles ont été submergés par les eaux de crue, affectant plus d'un million d'agriculteurs.

Selon l'UNICEF, plus de 3,3 millions de personnes au Bangladesh, dont 1,3 million d'enfants, sont sans abri ou vivent dans des conditions dangereuses et insalubres.

Ce désastre est survenu à un moment où les services d'urgence et de santé étaient débordés par la réponse à l'épidémie de COVID-19.

L'impact de la gestion de l'eau en Inde

L'Inde a construit plus de 5 000 barrages et remblais sur des rivières transnationales, dont beaucoup affectent le débit de l'eau au Bangladesh. Pendant la saison sèche, les rivières comme la Teesta sont réduites à des ruisseaux étroits.

Lorsque l'Inde ouvre ses vannes pendant la mousson, la pression supplémentaire provoque l'érosion des berges des rivières, affectant les zones d'habitation voisines. Le Bangladesh a plusieurs problèmes de longue date avec l'Inde autour du partage de l'eau. Les derniers accords signés en 2019 entre l'Inde et le Bangladesh ont été critiqués par les citoyens bangladeshi qui affirment que ces dispositions favorisent l'Inde, qui possède un avantage naturel puisque les cours d'eau en amont sont situés à l'intérieur de ses frontières.

Les experts accusent l'Inde d'être responsable des inondations prolongées au Bangladesh.

Système de déclenchement en deux étapes

Cette année, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a travaillé avec la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et la Société du Croissant-Rouge du Bangladesh (BDRCS) pour mettre en œuvre un nouveau modèle d'action humanitaire anticipée qui vise à distribuer l'aide humanitaire aux populations potentiellement touchées avant qu'une catastrophe ne frappe.

Le programme a un système de déclenchement en deux étapes – un déclenchement de préactivation, basé sur la prévision du GloFAS, et un déclenchement d'activation, basé sur le Centre de prévision et d'alerte des inondations du gouvernement du Bangladesh (FFWC). Une fois les deux déclencheurs activés, le gouvernement distribue les fonds alloués en conséquence.

Enfin, nous y sommes ! Ils l'appellent action humanitaire anticipatoire. Intéressant… mais où est passée l'expression “réduction des risques de catastrophes” #DRR ?
Plus vite que les inondations : comment prévenir une double catastrophe au Bangladesh

Le 4 juillet, de graves inondations étaient prévues pour les semaines à venir le long de la rivière Jamuna.

Les Nations Unies ont rapidement débloqué 5,2 millions de dollars US de leur Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires (CERF) pour les distribuer aux communautés les plus susceptibles d'être touchées par les inondations.

Les bénéficiaires des fonds peuvent alors se préparer en achetant de la nourriture et des médicaments, et en renforçant leurs maisons avant que les inondations ne se produisent.

Raquib Rony, qui travaille au bureau de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge au Bangladesh, a tweeté :

81 179 puits tubulaires ont été endommagés par les inondations en cours au Bangladesh. Avec le soutien de l'IFRC, le BDRCS a commencé à fournir des services de désinfection des puits tubulaires là où l'eau s'est retirée. Les familles n'ont pas à s'inquiéter d'aller chercher de l'eau potable ailleurs.📷BDRCS bureau de Jamalpur Branch

La militante écologiste contre le réchauffement climatique Greta Thunberg a annoncé dans un tweet du 28 juillet qu'elle ferait don de 100 000 euros à BRAC, ActionAid Bangladesh, et à d'autres organisations humanitaires de terrain au Bangladesh et en Inde :

En ce moment, des millions de personnes souffrent d'inondations extrêmes alimentées par la crise climatique en Inde et au Bangladesh – déjà touchés par les ravages du cyclone Amphan et du COVID-19.
Ma fondation fera don de 100 000 euros au BRAC, à Goonj, à Action Aid India et au Bangladesh. 1/3

Depuis juillet, des étudiants du Bangladesh participent à une campagne numérique en partenariat avec Fridays For Future – Bangladesh, la section nationale du mouvement climatique de Greta Thunberg, en publiant des portraits d'eux-mêmes tenant des pancartes avec des revendications et des slogans tels que “pas d'avenir sous l'eau” et “Dame nature ne doit pas être noyée”.

#RT @GretaThunberg : RT @FFF_Bangladesh : Aujourd'hui, FFF Barishal a abordé le plus grand problème auquel le Bangladesh est confronté en ce moment dans sa grève en ligne. Ils veulent une solution permanente et un programme de réhabilitation pour les personnes touchées par les inondations. @GretaThunberg @Fridays4future

Pour de nombreux Bangladais, cependant, ces tragédies sont devenues des événements normaux et cycliques que les gens endurent chaque année :

“Chaque fois qu'une inondation se produit, elle détruit notre maison, nos récoltes et ôte la vie à de nombreuses personnes. Tout est emporté par le puissant fleuve Padma, nous laissant sans abri, sans nourriture et sans moyens de subsistance. Mais la vie continue.”

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