Alerte : la crise climatique aggrave les catastrophes météorologiques

Le réchauffement climatique induit par l'homme affecte le temps et le climat

Un feu de brousse australien en 2019 : capture d'écran de la vidéo d'ABC Four Corner Black Summer, le 3 février 2020

[Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages web en anglais, ndt.]

Le récent rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) selon lequel nous sommes confrontés à une « alerte rouge pour l'humanité » ne devrait pas surprendre. Des millions de personnes ont souffert de phénomènes météorologiques extrêmes ces dernières années, et beaucoup ont spéculé sur les liens possibles entre le réchauffement climatique et l'augmentation annuelle du nombre de catastrophes naturelles.

Changement climatique 2021 : les éléments scientifiques (AR6) ne laisse aucun doute sur le fait que les humains sont à l'origine de la hausse des catastrophes, sur la base des connaissances scientifiques actuelles.

L'analyse du GIEC est assez claire. Selon les déclarations principales du RE6 extraites du résumé à l'intention des décideurs :

Human-induced climate change is already affecting many weather and climate extremes in every region across the globe. Evidence of observed changes in extremes such as heatwaves, heavy precipitation, droughts, and tropical cyclones, and, in particular, their attribution to human influence, has strengthened since the Fifth Assessment Report (AR5) in 2014.

Le changement climatique induit par l'homme affecte déjà de nombreux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes dans toutes les régions du monde. Les preuves observées lors de changements extrêmes tels que les vagues de chaleur, les fortes précipitations, les sécheresses et les cyclones tropicaux, et, en particulier, leur attribution à l'influence humaine, se sont consolidées depuis le cinquième rapport d'évaluation (AR5) en 2014.

Widespread observed and projected increases in the intensity and frequency of hot extremes, together with decreases in the intensity and frequency of cold extremes, are consistent with global and regional warming.
(AR6 Chapter 11.1.4 23)

Les augmentations partout observées et projetées dans l'intensité ou la fréquence des situations d'extrême chaleur, ainsi que les diminutions dans l'intensité et la fréquence des froids extrêmes, sont compatibles avec le réchauffement global et régional.

Le météorologue Eric Holhaus en convient :

Selon moi, la partie la plus importante dans le gros dossier climatique du GIEC publié cette semaine est que la science a maintenant établi un lien de causalité direct entre la combustion de combustibles fossiles et les conditions météorologiques extrêmes.

« Le changement climatique ne modifie pas seulement les conditions météorologiques extrêmes – il change tout. »

Depuis la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de 2019, notre planète a connu de nombreux phénomènes météorologiques extrêmes d'une fréquence et intensité accrues. La vidéo de Global Voice Global Weather Disasters 2020-2021 ne présente qu'une petite fraction de ces événements. Elle comprend les sécheresses en Afrique et Amérique du Nord ; les inondations en Europe, Chine et Inde ; et les vagues de chaleur ou les incendies de forêt en Australie, Amérique du Nord et Méditerranée.

Selon le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), le nombre total de celles liées au climat est passé de 3 656 entre 1980 et 1999 à 6 681 entre 2000 et 2019, soit une augmentation de 83 %.

De plus, l'Organisation météorologique mondiale a conclu [fr] qu’ : « Une empreinte claire du changement climatique d'origine humaine a été identifiée sur bon nombre de ces phénomènes extrêmes. »

Un certain nombre d'organisations scientifiques a étudié comment des événements particuliers pouvaient être attribués à la crise climatique. La revue Natural Hazards and Earth System Sciences (NHESS) a examiné les feux de brousse australiens de 2019 et 2020, établissant « un lien entre le changement climatique et la météo des incendies » :

…climate change has induced a higher weather-induced risk of such an extreme fire season. This trend is mainly driven by the increase of temperature extremes.

…we find that heat extremes have become more likely by at least a factor of 2 due to the long-term warming trend. However, current climate models overestimate variability and tend to underestimate the long-term trend in these extremes, so the true change in the likelihood of extreme heat could be larger, suggesting that the attribution of the increased fire weather risk is a conservative estimate.

… le changement climatique a induit un risque plus élevé d'incendies dûs aux  conditions météorologiques. L'augmentation des températures extrêmes en est le principal responsable.

… nous constatons que la probabilité de chaleurs extrêmes a été multipliée par deux en raison de la tendance au réchauffement à long terme. Cependant, les modèles climatiques actuels surestiment la variabilité et ont tendance à sous-estimer la tendance à long terme de ces extrêmes, de sorte que le véritable changement dans la probabilité de chaleur extrême pourrait être plus important, ce qui suggère que l'attribution du risque accru d'incendie est une estimation prudente.

De plus, une étude d'attribution météorologique mondiale a conclu « que les précipitations extrêmes et les inondations causées par la tempête tropicale Imelda (au Texas en 2019) ont été rendues plus probables et plus intenses en raison du réchauffement climatique ».

Elle a également dévoilé que la vague de chaleur sibérienne de 2020 « aurait été effectivement impossible sans le changement climatique induit par l'homme ».

Les médias du monde entier prennent conscience des effets du changement climatique. Le Guardian a publié début août une vidéo intitulée CATASTROPHES NATURELLES de la semaine du 1er au 7 août 2021 Changement climatique ! qui détaillait les désastres climatiques de cette semaine-là.

Le rapport AR6 présente un atlas interactif avec des données et des projections régionales approfondies telles que les températures de l'atmosphère et des océans, ou les précipitations et l'augmentation du niveau de la mer. Il comprend des scénarios à court, moyen et long terme pour des augmentations de 1,5, 2,3 et 4 degrés Celsius.

Cette image de l'atlas montre des projections de température pour la région méditerranéenne basées sur un scénario d'augmentation de 2 degrés Celsius :

Mediterranean region temperature projections

Projections de température pour la région méditerranéenne. Capture d'écran de l'Atlas interactif du GIEC

La plateforme Vox a créé une explication utile sur la façon d'utiliser cet outil de cartographie. AR6 a également élaboré des fiches régionales téléchargeables.

Ce fil twitter de Sky News UK capture l'extrême situation météorologique de la mi-août 2021.

Voici les conséquences des conditions météorologiques extrêmes qui se produisent actuellement dans le monde 🌡🔥🌊

🇹🇷 Dans la région turque de la Mer noire, plus de deux douzaines de personnes ont été tuées après que de fortes pluies ont provoqué des inondations et des coulées de boue.

📍 Bozkurt, Turquie#DailyClimateShow

Les Nations Unies examineront l'évolution du changement climatique lors de la conférence COP26 de Glasgow en novembre 2021. Pour voir comment les engagements environnementaux et le plan d'action de votre pays sont évalués, veuillez visiter le Climate Action Tracker.

Merci à Emma Lewis pour son aide lors des recherches pour ce billet.

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