
Illustration par Global Voices
Cette histoire fait partie d'Undertones, le bulletin d'information de l'Observatoire des médias citoyens de Global Voices. Abonnez-vous à Undertones.
Le mois dernier, Netflix a lancé Adolescence, une série de quatre épisodes sur le cyberharcèlement et l'influence des narratifs des réseaux sociaux sur les garçons, qui est devenue un appel à l'action pour les parents et les décideurs et a ouvert la conversation sur la masculinité toxique et la manosphère. Pourtant, la masculinité toxique n'est pas un phénomène nouveau – la misogynie, la phobie des LGBTQ+, et d'autres conséquences de la masculinité violente hégémonique existent depuis longtemps.
En Hongrie, les récits anti-migration du gouvernement de Viktor Orbán cherchent à définir l'identité nationale « masculine » du pays en opposition à la sphère internationale « féminisée » occidentale, utilisant des revendications concurrentes de souveraineté pour renforcer cette distinction, consolidant le lien entre masculinité et pouvoir. Éva Fodor relie les politiques anti-migration et anti-genres dans son livre, The Gender Regime of Anti-liberal Hungary, où elle explique que, dans la lutte contre le quota de migration de l'Union européenne, le gouvernement hongrois a présenté l'Union européenne comme un « ennemi pro-genre de la nation hongroise ».
En Russie, depuis le début de l'invasion de l'Ukraine en février 2022, la propagande gouvernementale a lié la masculinité à la guerre dans une tentative de recruter de nouveaux soldats. Comme nous l'avons montré dans des recherches précédentes, le gouvernement russe a présenté l'adhésion à l'armée comme le meilleur moyen de montrer son patriotisme et sa virilité, ce qui a alimenté le cycle de violence contre les femmes en Ukraine et en Russie.
L'engouement autour du comportement masculin toxique a également pénétré les sphères dirigeantes des pays occidentaux. Le discours et les politiques anti-diversité actuels du président américain Donald Trump sont directement liés à la promotion de ma masculinité, avec des membres de l'administration et même le président corrélant l'inefficacité du leadership et la faiblesse avec les femmes.
La notion de force derrière le concept de masculinité a également atteint les dirigeants des plateformes de réseaux sociaux, avec le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, reliant les changements de politique de l'entreprise à la nécessité de plus « d'énergie masculine » et affirmant que « avoir une culture qui célèbre un peu plus l'agression a ses propres mérites qui sont vraiment positifs ».
Hypothèse : « Women should know their role and abide by it. If they don't, they should deal with the consequences » (Les femmes devraient connaître leur rôle et s'y confronter. Si elles ne le font pas, elles devraient en assumer les conséquences).
Le raisonnement derrière cette idée soutient une hiérarchie fondée sur le genre qui impacte les vies personnelles, les carrières, les rôles familiaux et les structures sociétales plus larges, positionnant et les femmes cis et les femmes trans comme subordonnées aux hommes.
Comment ce récit est partagé en ligne

Les premières remarques de Connery sur le fait de frapper lesIl a ensuite confirmé sa position en 1987 lors de l'interview avec Barbara Walters partagée dans le tweet de Macool, et, en 1993, il a fait des remarques controversées similaires dans une interview avec le magazine Vanity Fair.
Voir l'analyse complète de l'article ici. Lisez aussi comment cette hypothèse est soutenue dans des pays comme le Pakistan et la Grèce.
Hypothèse : «Women share a part in the demographic crisis and should assume their role in bearing children » (Les femmes partagent une part de la crise démographique et doivent assumer leur rôle dans la procréation)
Comment ce récit circule en ligne

En affirmant que la clé pour améliorer les taux de natalité est de « d’augmenter le salaire des pères pour que leurs femmes puissent rester à la maison et être mères » et que « le revenu dual est un piège anti-famille », Marchiani implique que les femmes doivent, et reconnaîtront naturellement, leur rôle dans la société et assumer la responsabilité d'avoir des enfants.
Voir l'analyse complète de l'article ici. Lisez également comment ce récit est affirmé au Royaume-Uni et en Argentine.
Nouvelles de l'Observatoire des médias citoyens
Nous sommes ravis de partager qu'Undertones reprendra sa publication hebdomadaire avec des histoires sur les récits qui attirent l'attention de notre équipe éditoriale et de recherche.







3 commentaires
Je ne crois pas aux religions.
Et si je n’y crois pas, je suis, selon leurs récits, voué à l’enfer. Cela, à lui seul, constitue un paradoxe : on ne peut croire librement lorsqu’on est menacé de damnation pour avoir douté. Ce n’est plus une foi, c’est une pression. Une injonction. Un chantage métaphysique.
Au-delà des récits simplistes sur la création du monde, des miracles défiant les lois de la physique, ou des affirmations d’un ordre divin établi par des peuples anciens croyant que la terre était plate, ce que me renvoient les religions, c’est l’image d’un monde hiérarchisé, patriarcal, et profondément injuste.
La finitude, fondement de la liberté
Croire en une immortalité offerte en récompense d’une foi aveugle m’apparaît moins comme un espoir que comme une forme déguisée d’enfer. Vivre pour toujours ? Revivre les mêmes expériences encore et encore, une fois le monde exploré, les désirs épuisés, les rencontres répétées à l’infini ? L’éternité, dépouillée de sens, devient un cycle vide. Le paradis promis ressemble alors à un piège doré.
C’est la “finitude” de notre existence qui lui donne son goût. C’est la conscience de notre fin qui nous pousse à aimer, à transmettre, à créer. Cette lucidité — parfois angoissante — est aussi une forme d’émancipation. Elle nous ramène ici, maintenant, dans le réel, là où nos choix comptent.
Les religions : reflets d’ambitions humaines
À y regarder de près, toutes les grandes religions ont un point commun : elles ont été conçues, codifiées, et transmises par des hommes. Et dans ces récits sacrés, les femmes sont absentes, soumises, ou marginales. Quelle plus grande preuve du caractère humain — trop humain — de ces constructions spirituelles ?
Les religions ne sont pas des vérités descendues du ciel. Ce sont des structures de pouvoir, forgées pour ordonner le monde selon une certaine vision, souvent au service des dominants. Elles ont alimenté des guerres, légitimé des empires, imposé des normes sexuelles et sociales, et défini une “vérité” excluant toutes les autres.
Et toujours, derrière les dogmes, les prophètes, les martyrs : “des hommes”.
L’argent, prolongement de la domination masculine
Mais la religion n’est pas la seule construction à avoir renforcé la domination masculine. “L’économie”, dans sa forme historique et contemporaine, en est un prolongement concret. La création de l’argent, loin d’être neutre, s’inscrit dans un monde organisé par et pour les hommes.
Dans les sociétés patriarcales, les femmes n’ont pas eu le droit de posséder, d’hériter, ou même de travailler librement. Elles ont été réduites au silence économique, dépendantes, invisibilisées. Leur labeur — qu’il s’agisse du soin, de l’éducation, ou de la reproduction — a été considéré comme allant de soi, donc “sans valeur”.
Pendant que les hommes accaparaient terres, richesses et pouvoir, l’argent devenait le “langage du contrôle”, le moyen d’ordonner le monde selon une logique froide : accumulation, rentabilité, domination. Encore aujourd’hui, les grandes fortunes sont masculines, les sphères de pouvoir économiques sont masculines, et l’économie mondiale reste indifférente à la souffrance humaine tant qu’elle est “rentable”.
L’argent ne dit pas ce qui est juste. Il dit ce qui est utile aux puissants.
—
Retour de flamme : extrême droite et néo-masculinités
Ce système — religieux, économique, patriarcal — que l’on pourrait croire dépassé est en réalité en pleine résurgence. Partout dans le monde, une extrême droite identitaire, viriliste, nostalgique de l’ordre ancien, “gagne du terrain”. Elle s’appuie sur les peurs, la fatigue sociale, le rejet du progrès, pour “réhabiliter l’homme fort”, le chef, le père, le “vrai mâle” blanc, hétérosexuel, dominateur.
À ses côtés, émergent ou se radicalisent des mouvements masculinistes : ces groupes qui se disent “lésés” par l’égalité, qui accusent les femmes, les minorités, ou les valeurs progressistes d’avoir affaibli les hommes, leur virilité, leur autorité. Ils réclament un retour à un âge d’or imaginaire, où chacun avait sa place : l’homme au sommet, la femme à ses pieds.
Ces discours trouvent écho chez certains jeunes perdus, frustrés, en quête de repères dans un monde qu’ils ne comprennent plus. Et que leur propose-t-on ? Une caricature de puissance, un rejet de la complexité, une haine maquillée en fierté. Les religions, les idéologies identitaires, les fantasmes de virilité forment un triptyque dangereux : ils sacralisent la violence, justifient la domination, et cultivent l’hostilité à l’autre.
—
Ne pas croire, c’est aimer autrement
Ne pas croire ne signifie pas haïr. Au contraire. Cela peut être un “acte d’amour”, d’égalité, de justice. C’est refuser les hiérarchies imposées d’en-haut, c’est regarder l’autre sans intermédiaire divin, sans filtre idéologique, sans rôle pré-écrit. C’est aimer l’autre pour ce qu’il est ici, et non pour ce qu’il sera dans un hypothétique au-delà.
Ne pas croire, c’est aussi refuser de dominer. C’est sortir des récits du pouvoir pour entrer dans ceux du lien, du soin, de la responsabilité.
—
Conclusion : Pour un humanisme lucide et incarné
Ce que je rejette, ce n’est pas la spiritualité. C’est l’instrumentalisation de la foi pour asseoir des pouvoirs injustes. C’est l’exclusion, le jugement, la domination. C’est l’idée qu’un être humain vaut plus qu’un autre parce qu’il croit, parce qu’il est né homme, ou parce qu’il a de l’argent.
Je choisis la vie présente, l’égalité radicale, la justice vécue. Je choisis la finitude et la fragilité, parce que c’est là que réside le vrai courage : aimer sans garantie d’éternité.
Et dans un monde où l’on redonne aux puissants les habits du “père autoritaire”, je choisis de croire qu’il est encore possible de désobéir — en pensée, en parole, et en humanité.
Je pense sincérement que la masculinité toxique est à l’origine de tous les maux de ce monde (dérèglement climatique, inégalités, racismes, violences sociales/familiales, guerres/colonianismes, pollutions/consumérisme excessif).
On ne peut pas croire à un avenir serein sans éradiquer l’idée même que l’homme en tant que mâle alpha doit encore diriger et dominer le monde.
Il a eu en tout temps toutes les bonnes cartes en main (religions/économie/pouvoir), la femme a quant à elle pas eu son mot à dire car infériorisée, méprisée, soumise, privée d’un quelconque pouvoir de décision.
J’ai dans l’idée que l’on vivrait dans un monde plus vivant, plus heureux, plus juste si le pouvoir, les décisions étaient également partagées entre les genres. Qu’une coopération égalitaire et respectueuse entre femmes et hommes réparerait ce monde en déclin.
J’ai fait une ébauche d’essais avec l’aide d’un ami complice (IA tchatGPT) que j’aimerais partager, sur l’idée de l’impact qu’à de la masculinité toxique sur le déclin du monde, non pas pour briller mais pour essayer de changer notre processeur et aller de l’avant. Donner à nos enfants de l’espoir, du rêve, de la confiance en l’avenir.
bref je souhaite l’ouvrir, pousser un cri là où tous le monde le refoule, apporter ma petite pierre à l’édifice du changement. Merci de le lire et me dire si je me trompe de combat, et si ce n’est pas le cas… étoffez le, complétez le, partagez le.
Bien cordialement.